Longtemps chassées, les baleines noires de l’Atlantique Nord sont aujourd’hui confrontées à une série de menaces : elles s’empêtrent dans les engins de pêche, sont percutées par les navires et vivent avec les effets néfastes des changements climatiques. Ces pressions, en grande partie d’origine humaine, fragilisent dangereusement la survie de cette espèce en voie de disparition, dont la population est tombée sous la barre des 370 individus.
Avec leur silhouette trapue, leurs déplacements lents en surface et leur nage lente, les baleines noires étaient particulièrement vulnérables à la chasse, ce qui a entrainé leur déclin au fil des siècles. Connues également sous le nom de baleines franches ou de baleines de Biscaye, elles fréquentent les eaux côtières de l’est du Canada et des États-Unis. En 2017, la découverte de 18 carcasses dans l’Atlantique Nord a provoqué une vive inquiétude dans la communauté scientifique. Alors qu’elles séjournaient autrefois dans la baie de Fundy, certaines ont migré vers le golfe du Saint-Laurent, où s’est produit un épisode de mortalité hors norme. Depuis, les naissances ne parviennent pas à compenser les mortalités, qui continuent de s’accumuler.
Face à cette situation critique, les recherches se sont intensifiées, des actions ont vu le jour pour tenter de soutenir l’espèce, et des mesures de protection spécifiques ont été instaurées. Le fragile équilibre entre activités humaines et préservation des cétacés pose un véritable défi et la survie des baleines noires ne tient désormais qu’à un mince espoir.
Tout au long de l’année 2025, retrouvez sur cette page l’actualité des baleines noires.
Dans nos archives, retrouvez les évènements des années 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023 et 2024.
Actualités 2025
Alors qu’elles devraient vivre plus de 100 ans, les baleines noires de l’Atlantique Nord n’atteignent toutefois pas plus de 22 ans en moyenne, rapporte La Presse. Les changements climatiques, les collisions avec les navires et les empêtrements dans les engins de pêche sont pointés du doigt. La chasse à la baleine a aussi exacerbé le problème, notamment en éliminant pratiquement toutes les baleines âgées, celles qui transmettent les apprentissages aux plus jeunes individus.
On dénombre maintenant cinq naissances cette saison chez les baleines noires de l’Atlantique Nord! Les femelles Caterpillar et Blackheart ont été aperçues avec leurs veaux respectifs au large des côtes de la Floride, explique Science et vie. Alors qu’il s’agit du premier veau de Caterpillar, ce serait le deuxième de Blackheart, son dernier étant né il y a 12 ans. L’écart entre deux naissances augmente avec les années, ravivant les inquiétudes sur la conservation de cette espèce en voie de disparition.
Grâce aux drones, les scientifiques peuvent désormais capter des images thermiques des baleines noires de l’Atlantique Nord pour les étudier et ce, sans les déranger, rapporte Radio-Canada. Le projet de doctorat de la chercheuse Gina Lonati, étudiante à l’Université du Nouveau-Brunswick, a permis de mettre au point cette technologie permettant de prendre la température des baleines par leur évent, quand elles viennent à la surface pour respirer.
Check Mark (#3705) et Grand Teton (#1145), deux femelles baleines noires de l’Atlantique Nord, ont récemment donné naissance dans les eaux floridiennes, selon le New England Aquarium. Il s’agit du premier veau de Check Mark, et le neuvième de Grand Teton! Le bilan actuel pour la saison des naissances des baleines noires 2024-2025 s’élève à sept veaux.
Des fonds ont été octroyés à l’Université Saint Mary, à Halifax, pour mettre à jour une base de données sur l’ADN des baleines noires de l’Atlantique Nord, annonce Radio-Canada. Avec un échantillon d’ADN, les scientifiques sont en mesure d’identifier un animal et de retracer son arbre généalogique, notamment. À ce jour, l’ADN de près de 700 individus se trouvent dans la base de données.
L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) subit les foudres du gouvernement Trump. Un article du Devoir rapporte des compressions budgétaires, une réduction de 50% du personnel ainsi qu’un arrêt des communications à l’international. Les restrictions pourraient entre autres avoir des impacts sur la collaboration entre le Canada et les États-Unis pour la protection des baleines noires de l’Atlantique Nord.
Dénombrer les baleines noires de l’Atlantique Nord grâce à des microphones et l’apprentissage automatique? C’est l’idée qu’amènent des scientifiques de la Cornell University dans une récente étude, une méthode à moindre coûts et plus sécuritaire pour étudier cette espèce en voie de disparition. Pour ce faire, l’équipe de recherche a développé un modèle capable de détecter les sons émis par les baleines noires à 86% à partir d’enregistrements audios, rapporte Phys.org.
Les politiques environnementales de Donald Trump inquiètent les experts et les expertes concernant la vie marine de l’Est, rapporte Radio-Canada. L’annulation ou de modification de mesures de protection pourrait entre autres menacer la survie de la baleine noire de l’Atlantique Nord, une espèce en péril dont l’habitat est situé à la fois au Canada et aux États-Unis.
Un veau et sa mère baleine noire de l’Atlantique Nord ont été aperçus dans les eaux de Cape Cod la semaine dernière, rapporte Cape Cod Times. Le Center for Coastal Studies confirme qu’il s’agit de Nauset (#2413), une femelle de 31 ans, accompagnée de son cinquième veau. La paire avait été observée plus tôt cet hiver en Georgie. Nauset et son petit s’ajoutent au neuf autres paires mères-veaux observées depuis le début de cette saison des naissances, portant le total à 10.
11 baleines noires de l’Atlantique Nord sont devenues mères au cours de la saison des naissances 2024-2025. Le New England Aquarium souligne que contrairement à l’an dernier, aucune mortalité connue n’a été recensée chez les baleineaux. La saison dernière, 20 naissances avaient été enregistrées et cinq baleineaux sont morts. Bien que le nombre de cette année soit peu élevé, les scientifiques appuient sur le fait que quatre de femelles sont devenues mères pour la première fois!
La saison des naissances des baleines noires de l’Atlantique Nord vient de se terminer, mais l’objectif pour espérer un rétablissement n’est toujours pas atteint, explique en entrevue avec Radio-Canada Robert Michaud, président et directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). Le succès reproducteur des femelles baleines noires est à la baisse depuis quelques années en raison des empêtrements et des collisions qui demandent aux individus une grande quantité d’énergie pour y survivre.
Les changements et ajouts dans la protection de la baleine noire de l’Atlantique Nord, imposés par le ministère des Pêches et des Océans, ont été accueillis avec soulagement par les pêcheurs de homard de l’Île-du-Prince-Édouard. En raison de la courte saison de pêche au homard, les restrictions visant à protéger la baleine noire signifiaient parfois que les pêcheurs devaient fermer leurs zones et sortir leurs cages pendant 15 jours d’affilée. L’article de CBC News se penche également sur un projet pilote visant à fabriquer des engins sécuritaires afin de prévenir l’empêtrement des baleines noires.
« Cela change la donne pour les efforts de conservation », écrit le Cape Cod Times. Deux bouées ont été installées dans la baie de Cape Cod, un point chaud pour les baleines noires de l’Atlantique Nord, et au large de Cape Ann, un endroit qu’elles traversent pour se rendre à leur zone estivale dans le golfe du Saint-Laurent. Ces appareils peuvent détecter les baleines noires à une distance d’environ cinq milles lorsqu’il n’y a pas de navires à proximité. Il y a maintenant 11 de ces instruments le long de la côte jusqu’en Floride. Curieux ou curieuses de savoir où ils se trouvent? Pour en savoir plus, cliquez ici!
Deux baleines noires qui ont fait une incursion dans le golfe du Mexique cet hiver, Curlew #3940 et Koala #4190, ont été aperçues dans les eaux canadiennes, rapporte Fox 4. Comme le golfe du Mexique n’est pas soumis aux politiques de conservation mises en place sur la côte est américaine, cette zone présentait de grands risques pour les deux baleines. Les baleines noires de l’Atlantique Nord sont généralement observées le long de la côte atlantique de la Floride durant l’hiver.
Le 20 mai, de premières fermetures temporaires de zones de pêche ont été rapportées dans le golfe du Saint-Laurent. La raison? La présence de baleines noires de l’Atlantique Nord. CFIM rapporte que « la pêche est interdite dans deux quadrilatères, dont un situé au nord des Îles [de-la-Madeleine] ». Seulement 11 veaux ont été recensés cette année, un nombre encore loin des 50 naissances par année requises pour le rétablissement potentiel de l’espèce.
Une baleine noire empêtrée dans des engins de pêche nagerait dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, communique un article du Devoir. Observée pour la première fois mardi le 27 mai, la baleine n’a pas encore été revue. Si la baleine est relocalisée et que les conditions le permettent, tous les efforts seront faits pour tenter de la libérer. Global News fait aussi état de la situation. Née en 2021, cette baleine juvénile a été aperçue pour la première fois empêtrée en Caroline du Nord… en décembre dernier!
La baleine noire a été revue à proximité de Morell sur l’Île-du-Prince-Édouard — à plus de 700 km d’où elle avait été vue la première fois. Cet article publié dans Le Quotidien permet d’avoir une mise à jour de la situation précaire de #5132. Le ministère Pêches et Océans Canada continue d’essayer de la localiser et, si les conditions en mer le permettent, il déploiera l’équipe de sauvetage de Campobello pour tenter de la libérer des cordages qui avaient été vus sur son flanc droit.
Les pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard espèrent qu’aucune baleine noire ne viendra dans les eaux du golfe du Saint-Laurent, car cela pourrait entraîner la fermeture de zones de pêche pendant la saison de pêche au homard, relativement courte au printemps. Selon CBC News sur les 1 300 membres de la P.E.I. Fishermen’s Association, près de 800 se sont procuré du matériel de protection contre les baleines en avril, ce qui signifie que les pêcheurs pourraient continuer à pêcher même si une baleine entraînait une fermeture de la pêche.
Radio-Canada rapporte une bonne nouvelle pour les pêcheurs de l’est du Canada : les mesures de protection envers les baleines noires de l’Atlantique Nord ont été certifiées comme satisfaisant par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), une certification qui doit cependant être renouvelée tous les quatre ans. Le Canada est aussi parvenu à développer des outils technologiques comme des engins de pêches remontables sans cordage ou encore des systèmes à double seuil de rupture, ce qui réduit le risque d’empêtrement.
Transports Canada fait le point sur la situation des baleines noires de l’Atlantique Nord dans sa page dédiée à la protection et la conservation de cette espèce en voie de disparition. On y apprend qu’en date du 12 septembre, 145 navires auraient dépassé la vitesse maximale autorisée dans les dernières semaines et seraient entrés dans les zones de restriction. Les différentes mesures de restriction s’appliquent à tous les navires d’une longueur de 13 mètres ou plus.
Des scientifiques de l’Aquarium de la Nouvelle-Angleterre, du Laboratoire Bigelow et de l’Université du Maine développent de nouveaux modèles de prédiction pour déterminer où se rassemblent les baleines noires de l’Atlantique Nord lors de leur migration sur leurs aires de reproduction et d’alimentation, écrit CFIM. En se basant sur le zooplancton que mange cette espèce, et les quantités minimales dont elle a besoin, le modèle prédira les déplacements de l’espèce en fonction de la quantité de nourriture disponible. Radio-Canada explique aussi que les efforts de conservation mis en place pour protéger cette espèce en voie de disparition sont fragilisés par ses changements de comportements et de répartition.
Radio-Canada rapporte que les baleines noires de l’Atlantique Nord connaissent une légère augmentation de leur population. Ce modeste rebond en 2024 provient des données du Anderson Cabot Center for Ocean Life. Le centre estime la population à 384 individus en 2024, contre 376 en 2023. Avec 11 naissances, l’année a tout de même été difficile, avec 5 morts signalés, 16 cas d’empêtrement et 8 collisions avec des navires.
Des scientifiques américains prélèvent le microbiote des baleines noires de l’Atlantique Nord à l’aide d’un drone afin d’évaluer leur santé de manière non-invasive. Regardez le reportage de Radio-Canada.
La femelle baleine noire de l’Atlantique Nord nommée Champagne aurait donné naissance à son deuxième baleineau, écrit le Le Devoir. La femelle a été observée le long de la côte de la Caroline du Sud avec son petit. C’est la première paire mère-veau recensée pour cette année de naissances! Déjà empêtrée cinq fois au courant de ses 17 ans, cette résiliente femelle avait donné naissance il y a cinq ans. À la fin de 2025, 14 paires avaient été observées par l’équipe du Clearwater Marine Aquarium.
Le New England Aquarium (NEA) a pu identifier et localiser une baleine noire de l’Atlantique Nord qui avait été aperçue au large des côtes irlandaises en juillet 2024. « Bien qu’il existe de rares cas de baleines noires de l’Atlantique Nord connues pour avoir voyagé de l’Atlantique Ouest vers l’Atlantique Est et vice-versa, il semble que ce soit le premier cas documenté d’une baleine initialement aperçue dans l’Atlantique Nord-Est et ensuite revue dans l’Atlantique Nord-Ouest », explique le NEA. Cette observation suggère que les habitats historiques des baleines noires de l’Atlantique Nord pourraient encore avoir de la valeur. Le Anderson Cabot Center for Ocean Life a également aperçu plusieurs baleineaux.
Bilan des mortalités
Les baleines noires de l’Atlantique Nord traversent un « évènement de mortalité exceptionnel ». En effet, la mortalité annuelle recensée depuis 2017 est particulièrement élevée et représente un danger palpable pour la survie de cette espèce fragile et vulnérable. C’est pourquoi les naissances, les morts et les accidents concernant ces baleines font l’objet d’une surveillance étroite en eaux canadiennes et étatsuniennes. En 2024, 5 baleines noires sont mortes, dont une d’empêtrement, trois de collisions avec des navires et une de cause inconnue.
Bilan des naissances
Lors de l’hiver 2024-2025, les baleines noires de l’Atlantique Nord connaissent une saison des naissances moyenne, avec onze veaux. Pour les baleines noires, chaque naissance est une célébration. Cette population compte désormais moins de 70 femelles en âge de se reproduire. Les femelles sont sexuellement matures autour de l’âge de 10 ans. Elles donnent naissance après une gestation d’un an et ont un petit aux trois ans, quoique le délai entre les naissances s’allonge de plus en plus en raison des difficultés rencontrées (empêtrements, blessures liées à des collisions).
Articles de Baleines en direct:
La réduction de vitesse a un impact sur le taux de mortalité des baleines noires.
Les empêtrements sont un enjeu majeur pour la reproduction des baleines noires. Ils compromettent gravement leur santé et réduisent leur énergie disponible pour la gestation et la lactation.
La présence accrue de baleines noires dans le Saint-Laurent représente-t-elle un retour du cétacé sur un territoire ancestral? Lisez le bref historique de la chasse à la baleine noire dans le Saint-Laurent.
Depuis 2015, les baleines noires de l’Atlantique Nord font un retour dans le golfe du Saint-Laurent, un territoire qu’elles n’avaient pas fréquenté depuis plus d’un siècle. Cette réoccupation semble liée à des changements dans la distribution de leurs proies. Ce retour soulève des questions sur l’évolution de leur habitat et les impacts des activités humaines sur leur comportement migratoire.
En voie de disparition, la baleine noire de l’Atlantique Nord suscite à la fois fascination et inquiétude. Pour mieux cerner les facteurs qui menacent sa survie, plusieurs scientifiques se sont penchés sur certains aspects méconnus de son comportement. Voici 5 nouvelles découvertes faites sur la baleine noire de l’Atlantique Nord en 2022.
Le retour des baleines noires dans le Saint-Laurent semble lié à des changements dans la distribution de leurs proies, notamment le copépode Calanus finmarchicus, désormais plus abondant dans ces eaux.
Liens et ressources
En savoir plus sur l’espèce :
Fiche d’identification de la baleine noire de l’Atlantique Nord
Reconnaitre les individus et découvrir leur histoire :
Catalogue de photo-identification des baleines noires de l’Atlantique Nord
Où sont les baleines noires en ce moment?
Cartes interactives des observations de baleines noires : WhaleMap et Attentif aux baleines
Surveillance et prévention au Canada :
Découvrir les activités de suivi et de surveillance des baleines noires au Canada mises en place par Pêches et Océans Canada
Comprendre les mesures de gestion des pêches 2021 pour protéger la baleine noire mises en place par Pêches et Océans Canada
Découvrir les mesures de ralentissement en prévention des collisions mises en place par Transports Canada
Médias sociaux :
New England Aquarium Right Whale Research Program (Facebook)
Center for coastal studies (Facebook)
Ressources en anglais :
Résumé de l’événement de mortalité inhabituelle (chiffres 2017-2021) par NOAA – Fisheries
Retrouver les détails de la saison des naissances 2025 compilés par NOAA-Fisheries
Rapport annuel de l’état de la population par le North Atlantic Right Whale Consortium (NARWC) – Annual report card
Rapport annuel 2020 par Anderson Cabot Center for Ocean Life
Reportages et documentaires :
Entangled (2020) – un film de David Abel et Andy Laub
Les baleines noires (2017) – Reportage Découverte sur Tou.Tv
Deep Trouble (2017) – Podcast en 6 épisodes produit par CBC
Les dernières baleines noires (2023) – Film de Nadine Pequeneza sur Tout.tv