Marsouin commun

Image marsouin commun
  • Nom anglais espèce

    Harbour Porpoise

  • Nom latin espèce

    Phocoena phocoena

  • Autres noms

    Pourcil, marsouin des ports

  • Sous-ordre

    Baleines à dents (odontocètes)

Fiche signalétique

  • Longueur

    1,3 à 2 m

  • Poids

    45 à 50 kg, jusqu’à 70 kg

  • Comportement social

    Parfois solitaire ou en paire mais habituellement en groupe de 5 à 10 individus

  • Longévité

    20 ans

  • Temps de plongée

    1 à 5 min, jusqu’à 12 min

  • Observations

    Régulières dans le golfe et l’estuaire

  • Distribution mondiale

    Eaux côtières de l’hémisphère Nord

  • Population mondiale

    Inconnue, probablement en déclin

Description

Préoccupante

Leur vie est courte, mais intense!

De tous les cétacés du Saint-Laurent, les marsouins communs sont les plus petits et ceux dont la durée de vie est la plus courte. Leur vie semble se dérouler sous le signe de l’urgence et de la performance, avec une motivation prédominante pour les deux sexes: la reproduction.

Ce qu'il faut savoir

Dans le Saint-Laurent

En été (de fin juin à fin septembre), le marsouin commun fréquente les zones côtières du golfe et de l’estuaire. On le trouve souvent dans les fiords, les baies, les estuaires et les ports (d’où son nom Harbour porpoise en anglais). Dans le golfe du Saint-Laurent, on estime sa population à plus de 20 000 individus.

Migration

Son habitat hivernal est mal connu. Il se déplacerait vers le large pour éviter les glaces. D’après une analyse réalisée dans les années 1970 sur les prises accidentelles, certains individus séjourneraient dans l’estuaire en hiver.

Dans le monde

Le marsouin commun occupe les eaux côtières tempérées et subarctiques de l’hémisphère Nord. La population de l’Atlantique Nord-Ouest est divisée en quatre sous-populations: celle du golfe du Saint-Laurent, celle de la Baie de Fundy-golfe du Maine, celle de Terre-Neuve/Labrador et celle du Groenland. Il est aussi présent dans le Pacifique Nord. Il existe même une population dans la mer Noire (une mer intérieure bordée par plusieurs pays d’Europe de l’Est, la Russie et la Turquie) et dans la mer d’Azov (attenante à la mer Noire).

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) avait attribué en 1990 le statut «d’espèce menacée» au marsouin commun de l’Atlantique Nord-Ouest. En 2003, son statut a été révisé et cette population est depuis considérée «préoccupante». En raison de la diminution des activités de pêche et des efforts déployés visant à réduire les prises accidentelles dans la baie de Fundy, le COSEPAC considère que moins de marsouins communs meurent accidentellement. Le comité maintient cependant que les prises accidentelles constituent toujours un facteur potentiellement limitant pour cette population et que la situation exige un suivi.

Pour sa part, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a attribué au marsouin commun le statut «préoccupation mineure», alors qu’aux États-Unis, il n’apparaît pas sur la Liste des espèces fauniques en danger ou menacées en vertu du Endangered Species Act.

Aucun de ces statuts ne s’applique spécifiquement à la sous-population du Saint-Laurent. Il apparait toutefois sur la Liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Alimentation

Le marsouin commun recherche sa nourriture dans la colonne d’eau (des petits poissons en bancs comme le capelan, hareng, goberge, maquereau) et sur le fond (calmars et crustacés).

En surface

Son mouvement de nage très rapide donne l’impression qu’il roule à la surface. Son souffle sonore (l’étymologie du nom «marsouin» signifie cochon de mer) ne peut être entendu que par temps calme. Il nage lentement, mais peut parcourir des grandes distances en une journée. Une fois en surface, les marsouins restent parfois immobiles quelques secondes avant de replonger. Il bondit rarement hors de l’eau. Le marsouin commun est farouche et ne montre habituellement pas de curiosité envers les bateaux.

En plongée

Il plonge pour de courtes périodes ne dépassant généralement pas 5 min, vers des profondeurs variant entre 15 et 130 m (record enregistré: 226 m).

Social

Le marsouin commun est grégaire. Il vit en petits groupes de 2 à 5 individus qui peuvent s’associer en troupeau de quelques dizaines d’individus, voire quelques centaines. Ces regroupements sont certainement liés à l’alimentation. De vastes territoires de milliers de kilomètres carrés peuvent être utilisés par les marsouins communs qui sont très mobiles.

Vocal

Il émet des clics répétés, mais aussi des sons graves qui lui serviraient aussi bien à communiquer qu’à l’écholocation.

Le mâle atteint sa maturité sexuelle entre 3 et 4 ans et la femelle entre 2 et 4 ans. La stratégie reproductive des mâles repose sur la compétition par le sperme et ils sont très bien équipés : leurs testicules atteignent une taille impressionnante lors de la période de reproduction, soit de 4 à 7% de leur masse corporelle (par exemple 3 kg pour un poids corporel de 45 kg). C’est à celui qui fabriquera le plus de sperme et qui s’accouplera à plusieurs reprises avec la même femelle ou différentes femelles. L’accouplement a lieu entre juillet et août. La gestation dure environ 10 mois. Les naissances ont lieu chaque année au printemps et en début d’été (pic au mois de juin). L’allaitement dure de 8 à 12 mois. La femelle marsouin commun est parmi les rares cétacés qui peuvent donner naissance tous les ans, ceci impliquant qu’elle est à la fois gestante et lactante pendant la plus grande partie de sa vie adulte… un énorme investissement physiologique pour elle!

À propos de la recherche scientifique

Ses habitudes côtières et nos méthodes de pêche ne font pas bon ménage. Au début des années 1990, des milliers de prises accidentelles dans des filets ont fait craindre pour sa survie. Les mortalités ont vraisemblablement diminué depuis l’instauration du moratoire sur la pêche à la morue dans le Saint-Laurent en 1993, mais cette menace pourrait encore être préoccupante pour le rétablissement de la population, selon des travaux de Véronique Lesage, Pêches et Océans Canada.