Globicéphale noir

Image globicéphale noir de l'Atlantique
  • Nom anglais espèce

    Long-Finned Pilot Whale

  • Nom latin espèce

    Globicephala melas

  • Autres noms

    Dauphin pilote, baleine pilote

  • Sous-ordre

    Baleines à dents (odontocètes)

Fiche signalétique

  • Longueur

    4 m à 5 m, jusqu’à 8 m

  • Poids

    1,5 à 3 t

  • Comportement social

    Très grégaire

  • Longévité

    45 ans pour les mâles, 60 ans pour les femelles

  • Temps de plongée

    5 à 20 min

  • Observations

    Régulières dans la partie sud du golfe

  • Distribution mondiale

    Eaux subarctiques et tempérées des hémisphères Nord et Sud

  • Population mondiale

    Inconnue, mais abondante

Description

Non en péril

Un réseau mondial de gros melons noirs

Même si elles sont occasionnelles dans le Saint-Laurent, les rencontres avec ce globicéphale sont impressionnantes. Avec une peau sombre, un corps massif et un melon proéminent sur la tête, il n’a pas l’allure habituelle des dauphins. On l’appelle aussi dauphin pilote en raison de ses échouages collectifs qui peuvent impliquer plusieurs dizaines d’individus, leur comportement grégaire semblant pousser les membres du groupe à suivre leur chef de file même jusque vers une mort certaine.

Ce qu'il faut savoir

Dans le Saint-Laurent

Le globicéphale noir de l’Atlantique Nord est un résident estival du golfe du Saint-Laurent, surtout de la péninsule gaspésienne et de la côte Est de Terre-Neuve. Dans le Saint-Laurent, cette population est estimée à 1 600 individus (relevés aériens du golfe effectués en 1995). Dans l’estuaire, ses visites sont très rares. Quelques échouages d’individus isolés ont eu lieu dans le Saint-Laurent ainsi qu’un échouage collectif dans l’estuaire en 1920. En octobre 2009, huit globicéphales noirs se sont échoués aux iles de la Madeleine.

Migration

Les mouvements de migration de ce globicéphale sont mal connus. Dans l’Atlantique Nord-Ouest, les individus ont tendance à se rassembler au large en hiver et au printemps, et se rapprochent des côtes et des baies en été et à l’automne. Ces mouvements suivent ceux de leurs proies.

Dans le monde

Il est présent dans les eaux tempérées et subarctiques de l’Atlantique Nord et dans la partie occidentale de la Méditerranée. Le nombre de globicéphales noirs dans l’Atlantique Nord-Ouest est estimé à 10 000 et au moins à quelques centaines de milliers dans le centre et dans l’Est de l’Atlantique. Des sous-espèces de globicéphales noirs vivent dans l’hémisphère Sud, dans les régions circumpolaires. Le globicéphale tropical (Globicephala macrorhynchus), plus petit, est une espèce distincte qui vit dans les eaux chaudes de part et d’autre de l’équateur et qu’on observe du côté de la Colombie-Britannique.

En 1994, le globicéphale noir de l’Atlantique a été évalué et désigné «non en péril» par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Cette espèce est désignée « données insuffisantes » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et n’apparait pas sur la liste du Endangered Species Act des États-Unis ni sur la Liste des espèces susceptibles d’être désignées menacées ou vulnérables au Québec en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Alimentation

Le globicéphale noir de l’Atlantique Nord se nourrit essentiellement de calmars et de maquereaux qu’il trouve dans la colonne d’eau. Occasionnellement, il mange des crevettes et d’autres espèces de poissons (morue, plie). Il se joint parfois à d’autres espèces comme les dauphins à flancs blancs pour chasser.

En surface

La vitesse de déplacement du globicéphale est assez rapide et peut atteindre 35 km/h quand il est pourchassé par un prédateur. À la manière des dauphins, son mouvement de nage s’effectue par bonds successifs. Il est capable d’effectuer des sauts hors de l’eau, mais le fait rarement. Il ne s’approche pas des navires et ne joue pas avec leurs vagues d’étrave ou de sillage. Il effectue souvent de l’espionnage (spyhop en anglais) et frappe la surface de l’eau avec sa queue. Pour se reposer, il demeure régulièrement immobile à la surface.

En plongée

Ses plongées durent en moyenne 5 à 10 min et se situent la plupart du temps entre 30 et 500 m, là où se trouvent ses proies. Elles peuvent atteindre la profondeur de 1 000 m et 15 min.

Social

Le globicéphale noir de l’Atlantique est très grégaire. Des troupeaux de plusieurs centaines d’individus dispersés sur l’océan sont constitués d’unités familiales stables de 10 à 20 individus. Ces unités se forment autour des femelles adultes et de leur progéniture. Généralement, les mâles sortent de l’unité familiale pour se reproduire et reviennent ensuite au sein de leur groupe de naissance. Ils y assument le rôle de protecteur contre les prédateurs, ce qui expliquerait leur durée de vie plus courte par rapport à celle des femelles. Pendant la période de reproduction, les mâles peuvent s’infliger des blessures ou même s’entretuer par des morsures et des violents coups de tête. Ces grands groupes sont animés par une très forte cohésion sociale. Des échouages collectifs impliquant des centaines d’individus ne sont pas rares. Plusieurs hypothèses tentent d’expliquer ces échouages collectifs. Sont-ils causés par une erreur de navigation, une maladie infectieuse ou parasitaire au sein du groupe, un comportement de solidarité extrême envers un membre du groupe, malade, blessé ou en détresse? Ce globicéphale peut également s’associer à des groupes de dauphins ainsi qu’à des plus gros cétacés.

Vocal

Son répertoire vocal est très varié et complexe. Il est constitué de sifflements, clics, sons pulsatiles, grognements, cris et bourdonnements. Ces sons servent à la communication entre les individus et à l’écholocation.

Le mâle atteint sa maturité sexuelle entre 12 et 16 ans et la femelle entre 6 et 10 ans. La saison de reproduction a lieu entre avril et septembre. La gestation dure 12 mois. Les jeunes sont allaités pendant 3 ans.

À propos de la recherche scientifique

Le l’équipe de Hal Whitehead, à l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse, mène des projets de recherche sur le globicéphale noir de l’Atlantique au large du cap Breton depuis 1998. Il gère un catalogue de plus de 1500 individus photo-identifiés à partir des encoches et marques sur la nageoire dorsale. L’analyse des enregistrements acoustiques actuellement en cours permettrait de savoir s’il existe des dialectes au sein des unités familiales de cette espèce comme chez l’épaulard.