Côte-Nord, ou La Route des baleines

Saviez-vous que la Côte-Nord est l’un des meilleurs endroits au monde pour faire l’observation des baleines? Sur les rivages du Saint-Laurent, plusieurs sites sont renommés pour la qualité des observations des mammifères marins, tellement qu’on a nommé la route 138 la «Route des baleines». C’est un parcours de 850 kilomètres, qui vous propose les meilleurs lieux pour découvrir l’écosystème du Saint-Laurent.

De Tadoussac jusqu’à Kegaska tout au bout de la route dans le golfe, prenez l’ampleur de la démesure où la faune, les rivières, les forêts et même le cœur des habitants sont plus grands que nature.

La Route des baleines porte bien son nom puisque 13 espèces différentes, dont le rorqual bleu, le rorqual à bosse et le béluga, fréquentent les eaux de l’estuaire et du golfe à une proximité déconcertante des rives! Ses courants, sa bathymétrie, ses remontées d’eau froide et l’abondance de krill et de petits poissons font de l’estuaire et du golfe un milieu propice pour soutenir une des plus grandes diversités de mammifères marins sur la planète!

En prenant le temps de bien observer, vous verrez assurément des dos, des queues, des souffles de baleines et des petites têtes de phoques sortir et vous observer à votre tour. Laissez-vous bercer par ses marées, respirez le grand air, prenez le temps d’y parcourir ses recoins et de découvrir son intensité boréale.

Traverser la Route des baleines, c’est prendre le temps d’aller à la rencontre de la Côte-Nord, du Saint-Laurent, un univers plus grand que nature, plus grand que nous-mêmes.

Bonne route !

*Baleines en direct est rédigé en nouvel orthographe, c’est pourquoi fiord s’écrit avec i.

Logo route des baleines

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Tadoussac, votre point de départ

À la confluence du Saint-Laurent et de la rivière Saguenay, avec l’eau douce et l’eau salée qui se rencontrent à l’embouchure du fiord, Tadoussac constituait autrefois une plaque tournante de rassemblements et un carrefour d’échanges entre Premières Nations, présentes sur le territoire depuis 8 000 ans. Après le passage de Jacques Cartier en 1535, Tadoussac devient un poste de traite des fourrures pour les Européens. C’est en 1864 que le village construit le premier hôtel pour accueillir les villégiateurs estivaux de la station balnéaire chouchou du Québec, l’iconique Hôtel Tadoussac.

Encore aujourd’hui, la baie spectaculaire de Tadoussac et son milieu marin sont un lieu de prédilection pour les voyageurs de partout dans le monde. L’abondance de la faune marine y est à son comble!

D’un peu partout au village, les points de vue sur les baleines abondent. «Les conditions océaniques se produisant à la rencontre du Saguenay et de l’estuaire favorisent l’éclosion de la vie et la concentration d’espèces situées à la base du réseau alimentaire. La topographie sous-marine accidentée, la circulation estuarienne et la remontée régulière d’eaux froides en font une région très particulière. C’est une destination de choix pour les espèces marines migratrices et un habitat propice aux espèces résidentes comme le béluga du Saint-Laurent», selon Parcs Canada. Tadoussac se trouve devant le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, une aire marine protégée, qui s’étend de Cap-à-l’Aigle dans Charlevoix, jusqu’aux Escoumins en Haute-Côte-Nord, puis s’étire jusqu’à Sainte-Rose-du-Nord au Saguenay.

Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent protège une région marine où la diversité animale et végétale est exceptionnelle: des algues microscopiques à la gigantesque baleine bleue, plus de 1800 espèces sauvages y ont été observées. Véritable garde-manger géant, le parc attire chaque année au moins six espèces de baleines, des phoques et des oiseaux marins qui parcourent des milliers de kilomètres pour s’y alimenter. Ce n’est pas pour rien que l’industrie de l’observation des baleines y est aussi bien implantée. Voici quelques lieux où les observer à Tadoussac.

 

La pointe de l’Islet 

Le petit sentier de la pointe de l’Islet permet de s’installer à la confluence du Saguenay et du Saint-Laurent, un lieu prisé par les bélugas, les petits rorquals et les phoques. L’observation des baleines depuis la pointe est une activité complémentaire à une sortie en mer. L’expérience très différente procure une tranquillité, un calme qui permet de les entendre. «Tous les sens sont stimulés, comme par un jour de brume, tu t’installes sur la pointe de l’Islet et tu peux percevoir le son des souffles. C’est une expérience assez unique d’entendre les mammifères se déplacer. En plus, on peut parfois les voir plus près qu’en bateau. Elles sortent souvent près de la rive, à côté des rochers», nous décrit Laurence Pagé, agente de Parcs Canada.

«L’observation sur la rive permet aussi une certaine liberté. Vous pouvez arriver avec votre couverture, votre pique-nique et y passer la journée en famille, entre amis», ajoute Laurence.

Le Centre d’interprétation des mammifères marins (CIMM)

Le CIMM accueille chaque été plus de 35 000 visiteurs, ce qui en fait le musée le plus populaire sur la Côte-Nord! Rencontrez un cachalot de 13 mètres, explorez l’univers des baleines, posez des questions à des naturalistes, comparez votre audition à celles des baleines du Saint-Laurent et visionnez des films exclusifs. Ne manquez surtout pas les cours de chants de baleine. Et si vous regardez bien, vous aurez peut-être même la chance de voir nager un béluga ou un petit rorqual de la terrasse du CIMM!

Pointe Rouge

Accessible par la plage de la baie de Tadoussac à marée basse ou par un sentier commençant près du golf de Tadoussac, la pointe Rouge permet de s’avancer à la rencontre des phoques et petits rorquals. Les rochers d’un granit rouge font ressortir la couleur du toit de l’Hôtel Tadoussac. Un point de vue superbe sur Baie-Sainte-Catherine, le phare du Haut-Fond-Prince et la vie marine.

 

Découvrez Tadoussac à travers le portrait de Laurence Pagé ici.

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L'Anse-de-Roche, ouverture sur le fiord

L’Anse-de-Roche, c’est une ouverture sur le fiord avec un accès unique au Saguenay à 5 km de la route 172, à Sacré-Coeur. Vous y trouverez une plage, un grand quai et un endroit de villégiature pittoresque bien incrusté dans le creux des vallons. Le coucher de soleil y est à couper le souffle, tombant à l’arrière des montagnes. Ce petit port permet aux visiteurs de découvrir le Saguenay dans toute sa splendeur, en plus de ses mammifères marins qui le descendent et le remontent fréquemment, les bélugas!

C’est un endroit privilégié pour faire du kayak. Il est assez commun d’observer des troupeaux de bélugas à cet endroit. Il est cependant interdit de s’approcher d’eux, et s’ils s’approchent de votre embarcation, éloignez-vous avec prudence, sans vous arrêter! La vigilance y est de mise, vu le statut précaire de la population de l’estuaire.

Pour toutes embarcations au sein du parc marin, une distance de 400 mètres devrait être respectée avec les espèces en voie de disparition (baleines bleues et bélugas), et 200 mètres pour les autres cétacés, selon le Règlement sur les activités en mer du Parc marin Saguenay-Saint-Laurent. Puis, dans un rayon d’un demi-mille marin, on ne peut pas s’immobiliser en présence de bélugas, on doit poursuivre notre route et ne jamais s’arrêter, pour éviter les interactions avec l’espèce.

Pour observer les bélugas sans les déranger, le quai de L’Anse-de-Roche est tout désigné, tout comme la baie Sainte-Marguerite, prochain arrêt de la Route des baleines!

Si vous sortez avec votre embarcation, redoublez de vigilance quant aux conditions climatiques imprévisibles du secteur. «Le Saguenay demeure un véritable entonnoir où se bousculent de façon extraordinaire brumes, vents, vagues et courants. Les navigateurs fréquentant le fiord doivent être vigilants», indique un panneau d’interprétation sur le quai.

Les infrastructures du parc touristique de l’anse offrent de superbes points de vue et panoramas, des tables à pique-nique, des activités de nautisme, d’observation et d’interprétation, mais surtout un coucher de soleil «ExtraFiordmidable», comme le dit la municipalité.

«C’est tellement paisible comme endroit, creusé dans le cœur du fiord! Ce lieu nous donne l’impression d’être reculés de tout, et les couchers de soleil y sont simplement épiques!», nous indique Richard, un adepte du coin.

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Baie Sainte-Marguerite, l'environnement des bélugas

Le secteur de la Baie-Sainte-Marguerite du parc national du Fjord-du-Saguenay, aire protégée par les limites du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, perce les montagnes et s’ouvre sur le fiord. Passé Tadoussac sur la 138, vous trouverez l’intersection de la route 172. À 22 kilomètres vers le Saguenay se trouve le parc.

La baie Sainte-Marguerite sert notamment de lieu de sociabilité aux bélugas. Il n’est pas rare d’y observer des adultes et leurs petits. La profondeur de la baie tourne autour de 50 mètres avec un fond sablonneux, comparativement à 135 mètres dans le milieu du Saguenay.

L’attrait principal de la baie Sainte-Marguerite l’été est sans conteste l’observation du béluga du Saint-Laurent, à partir d’un belvédère érigé sur les parois de la falaise de la baie, à 3 kilomètres du Centre de découverte. Des années d’observation quotidienne compilée ont montré que des bélugas s’y trouvaient à 60% du temps étudié. Les chances sont donc bonnes d’en croiser!

Pour vous rendre au belvédère, suivez le sentier qui se trouve sur le côté du bâtiment d’accueil. Il vous mènera facilement à l’observatoire en suivant la calme rivière Sainte-Marguerite. Quelques vestiges ponctuent ses abords. Jadis, des Amérindiens nomades installaient leur campement à cet endroit au printemps et à l’automne. La baie Sainte-Marguerite fut aussi colonisée vers 1910, avec la construction d’un village.

Lieu de repos pour les bélugas, endroit où ils socialisent, mettent bas et allaitent, la baie Sainte-Marguerite forme un sanctuaire naturel pour l’espèce et leur statut précaire impose sa préservation par une zone interdite à la navigation, qu’elle soit de plaisance ou commerciale. «Du 21 juin au 21 septembre, personne ne navigue dans la baie, c’est ce qu’on appelle ici « l’été des bélugas », pour leur offrir une quiétude pour vaquer à leurs occupations, calmement, et leur donner la chance de se reposer», nous explique Laurence Pagé, agente aux partenariats et aux communications pour Parcs Canada.

La baie Sainte-Marguerite est donc remplie d’histoire, de nature. Mais elle est surtout un habitat précieux pour le béluga et sa protection! Un arrêt obligatoire d’une grande beauté pour commencer la Route des baleines et mieux comprendre l’écosystème du Saint-Laurent et de ses habitants.

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Les Bergeronnes, l'incontournable

Cap-de-Bon-Désir

Ce site de Parcs Canada répond à toutes les attentes des observateurs les plus exigeants. Avec une fosse sous-marine de près de 300 mètres au pied des rochers, le chenal Laurentien est l’endroit idéal pour l’observation des cétacés depuis la terre ferme.

«Il s’agit d’une descente très abrupte des fonds marins qui favorise la remontée de nourriture, permettant aux grands rorquals de venir s’alimenter tout près», nous indique Laurence Pagé, agente aux communications et aux partenariats pour Parcs Canada.

Vous pourrez y observer un vaste éventail de mammifères marins et surtout, très près de vous. Pour une journée bien remplie et riche en expériences, le Cap-de-Bon-Désir s’impose! Durant la saison estivale, des naturalistes sur le site s’assurent de l’interprétation du milieu et de ses mammifères marins, un grand avantage pour apprendre à repérer les baleines et à mieux comprendre ce que vous observez.

Le coucher de soleil est un moment exceptionnel pour faire l’observation des rorquals, marsouins et bélugas. Le soleil ne se couche pas directement à l’horizon, mais en temps clair, le ciel arbore des teintes pastel et rosées! Installez-vous sur une couverture sur les rochers et admirez la tombée du jour au son des souffles des baleines!

Les campings Paradis Marin et Mer et Monde Écotours

Pour étirer ou optimiser votre expérience «baleines», des campings d’exception se trouvent aux Bergeronnes. Ces sites sont des promontoires d’observation situés à même les rochers qui bordent l’estuaire. Ils offrent une proximité avec les majestueux mammifères marins, pour les entendre et les observer à toutes heures de la journée ou de la nuit.

«Tu t’installes sur ta roche au lever du soleil et là, la baleine arrive, elle respire, juste à côté de toi. Ça me rappelle de respirer, moi aussi! C’est ma méditation, mon lavage de cerveau. S’offrir ça pour déconnecter, c’est magique!», dit Huguette Thibeault, une adepte du camping au Paradis marin.

 

Découvrez Les Bergeronnes, vus par Huguette Thibeault ici.

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Les Escoumins, vitrine sur le fleuve

Visité en 1603 par Samuel de Champlain, l’endroit connu sous le nom de «Lesquemin» servait déjà de refuge et de lieu de pêche aux baleines pour les navigateurs. «C’est le lieu où les Basques font la pêche des baleines», écrit-il dans son récit de voyage. Les Escoumins, fondés en 1845, sont aujourd’hui la limite est du parc marin. Reliés à la rive sud par un traversier vers Trois-Pistoles, Les Escoumins sont un arrêt fortement suggéré sur la Route des baleines. Le slogan de ville représente très bien son identité: «La vie marine émerveille les sens». De petite à très grande, elle est abondante, diversifiée et très colorée!

Base de plongée FQAS

Site de plongée de renommée mondiale, Les Escoumins attirent les plongeurs d’eau froide de partout sur la planète venus admirer l’abondance de mollusques, crustacés et anémones colorées! La base de plongée dessert plusieurs centaines de personnes passionnées chaque année et sert de porte d’entrée vers le milieu marin. Certains disent même entendre les chants de baleines sous l’eau!

Centre de découverte du milieu marin

Au Centre de découverte du milieu marin, vous trouverez un centre d’interprétation de la faune et de la flore marine ainsi que des points de vue parfait sur les baleines. Du balcon arrière ou des rochers environnants, vous pourrez admirer les cétacés passant par là! Des jumelles et des guides-interprètes vous aideront à mieux repérer et à comprendre le grand spectacle se déroulant au large. Vous pourrez aussi assister jusqu’en septembre, et bien au sec, à des plongées filmées en direct sous le fleuve, avec des plongeurs vous faisant découvrir le milieu marin par leur masque!

Essipit

Essipit est la communauté innue la plus au sud du Québec. Son nom signifie «rivière aux coquillages». Ici aussi, vous pourrez découvrir le large tant sur le rivage qu’en croisière. La principale activité économique de la communauté Essipit est le secteur récréotouristique!

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Longue-Rive, la venteuse

Longue-Rive est connue pour son immense marais salé, sa chute et le vent! Eh oui, il vente tellement que ça mérite un festival! Le village arbore ses plus belles décorations pendant les festivités; les façades des maisons de Longue-Rive sont décorées de cerfs-volants et girouettes virevoltant au vent!  Les adeptes de voiles et de «kites» se réjouissent sur le littoral partageant parfois le fleuve avec les mammifères marins passant par là pour se nourrir! Les rorquals viennent souvent s’alimenter en surface à l’embouchure de la rivière Sault-au-Mouton, merci aux nutriments riches du marais.

Sentier Sault-au-Mouton

Le bureau d’accueil touristique de Longue-Rive est situé judicieusement en bordure du Saint-Laurent et à l’entrée du Sentier Sault-au-Mouton.

En parcourant le sentier du site des chutes de la rivière du Sault-au-Mouton, vous aurez la chance de voir (surtout si vous avez des jumelles ou un télescope) des rorquals s’alimenter en surface juste devant le sentier, à la limite de la batture aux Milles Vaches.

En période estivale, vous pourrez vous tremper les orteils dans la rivière, la baignade y est propice. Vous trouverez une petite plage en suivant le chemin en bas de la chute. Le joli pont suspendu traverse la rivière devant la chute de 24 mètres et offre une vue sur le fleuve. De là, à marée haute, vous pourrez observer les mammifères marins au large. À marée basse, vous verrez souvent des phoques communs se prélassant sur les rochers à l’embouchure de la rivière. Un lieu paisible pour se ressourcer avant de reprendre la route vers le nord!

«Belle petite surprise, après nous être stationnés en face du bureau d’accueil touristique, nous avons vu la cascade, puis le sentier pour nous rendre à la mer. C’était magnifique. La cascade derrière, la mer devant, quelques phoques sur les rochers… que demander de plus!», nous partage des touristes lors de leur passage à Longue-Rive.

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Portneuf-sur-Mer et les bancs de sable

Portneuf-sur-Mer est situé à l’embouchure de la rivière Portneuf, qui se déverse dans le Saint-Laurent. Au quai, si vous regardez le large, la vue est obstruée par une parcelle de terre. Presqu’ile? Barachois? Cordon dunaire? Le banc de Portneuf est une fierté pour le village, formant une pointe de sable s’avançant sur une longueur d’environ 4,5 kilomètres formée par l’action des vagues. C’est aussi un lieu privilégié pour l’observation des phoques et des rorquals depuis le banc de sable! En vous y prélassant, jumelles à la main, vous arriverez surement à repérer les souffles des grands rorquals qui semblent affectionner cet endroit.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF pour World Wildlife Fund) a reconnu le banc de Portneuf qui figure maintenant sur la liste des parcs et autres milieux naturels du Québec d’une haute valeur écologique.

En plus du banc de sable, Portneuf-sur-Mer détient une petite marina pittoresque sur la rivière. En face  se trouvent une descente de bateau et un petit pavillon pour apprécier le lieu.

Sentier derrière le bureau d’accueil touristique

Derrière le bureau d’accueil touristique se trouve un petit sentier traversant le marais salé permettant de vous rendre sur la plage à l’intérieur du banc de sable. Vous ferez donc face au banc de sable, devant le canal séparant le marais de l’estuaire. La zone intérieure du banc de Portneuf abrite plusieurs mammifères tels que le rat musqué (dans les marais), le phoque commun, le phoque gris et le petit rorqual dans la zone aquatique. Plusieurs oiseaux sillonnent aussi le ciel à cet endroit.

«Au coucher de soleil, le ciel est devenu rose et mauve, la lumière diffuse et les couleurs pastels. Et là, une vingtaine de phoques communs s’y trouvaient, dans le canal, à seulement quelques mètres de nous. Ils semblaient se nourrir et ils étaient curieux de notre présence. J’y suis retournée deux soirs de suite pour les observer tellement le moment était magique. Ils étaient au rendez-vous à tous les coups!», dit une touriste de passage dans le village.

Camping le long de la rivière et belvédère d’observation surélevé

Passé le pont de la rivière, tournez à droite vers le camping. Au bout complètement, vous trouverez deux accès privilégiés du réseau d’observation de la Route des baleines. L’un d’eux est l’accès à la pointe des Fortin, qui s’allonge devant l’estuaire et la rivière Portneuf.

L’autre est le belvédère, site surélevé dans la falaise. «Il est assez beau, le fleuve! Je ne me tanne simplement jamais d’aller le regarder! Tous les points de vue sont bons. Mais personnellement, j’adore le belvédère dans la falaise. Les escaliers (200 marches) valent vraiment la peine d’être grimpés, même s’ils sont plutôt hauts et abrupts!», affirme Camille, propriétaire du gite La nichée. Regardez le large, vous y apercevrez peut-être des souffles!

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Forestville, pas que la forêt

Jadis connu sous le nom de Sault-au-Cochon, Forestville a changé de nom en 1937, pour mieux mettre en valeur l’industrie du bois et l’exploitation des forêts. La ville contient plusieurs vestiges archéologiques et marqueurs du passé économique. Mais Forestville possède aussi des plages magnifiques et une vue sur le fleuve. D’ailleurs, l’enseigne à l’entrée de la ville vous rappellera celle juchée dans la falaise d’Hollywood. Par contre, ici, c’est la faune marine qui vole la vedette. Préparez vos jumelles!

Pendant la saison estivale, la ville est reliée par un service de traversier à Rimouski sur la rive sud du Saint-Laurent. Le quai est toujours un lieu approprié pour y observer phoques et rorquals qui profitent de la profondeur du port pour venir se nourrir ! Du golf à la plongée, de la pêche à la randonnée en vélo le long du fleuve, de l’observation des baleines à la pratique du kayak de mer, toutes ces activités peuvent vous permettre de vous rapprocher des grands mammifères et de leur milieu.

La Baie-Verte

La Baie-Verte, située directement dans le village de Forestville, possède une dizaine de kilomètres de plages dorées et un camping magnifique littéralement sur le sable. Plusieurs sentiers pédestres y sont aménagés. Vous pouvez également longer simplement la plage jusqu’au quai pour contempler le littoral et observer la faune marine. Des souffles pourront être perçus à l’horizon.

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Ragueneau, l'archipel

À l’extrémité ouest de la municipalité, vous trouverez l’accès à un quai et à un point de vue sans comparable sur l’archipel de Ragueneau. Au bout du chemin, un quai et un petit sentier vous procureront des points de vue magnifiques sur l’environnement. À Ragueneau, ce sont des iles qui dessinent l’horizon, marqueurs géologiques qui témoignent du déplacement des glaciers il y a des milliers d’années.

Le détour par le quai vaut la peine! La nature y est riche, et les couchers de soleil, sans comparables! Deux dinosaures grandeur nature conçus en 1994 par Rénald Girard surprennent. Les dinosaures symboliseraient la force et la grandeur de cœur qui caractérisent les pionniers de la région ainsi que la force des éléments de la nature au début de l’histoire de la municipalité.

Un obélisque fut érigé en 1995, toujours par Rénald Girard. D’une hauteur de 100 pieds (30,5 mètres environ), incluant son socle, cette structure symboliserait le bénévolat, et comporte 9 paliers, représentant à la base la MRC de Manicouagan et les huit municipalités que l’on retrouve dans ses limites. Derrière l’obélisque se trouve un tout petit sentier qui vous mènera directement à la pointe de terre. De là, vous pourrez admirer les multiples petites iles qui décorent l’horizon nordique.

Le sentier de la fascine

Sur les battures de la rivière à marée basse, vous pourrez admirer les phoques se dorant au soleil. Le sentier offre des points de vue magnifiques à la fois sur la rivière aux Outardes et sur le fleuve Saint-Laurent. On y trouve 10 panneaux d’interprétation sur le milieu naturel de l’archipel et sur l’histoire. Ce sentier d’à peine un kilomètre offre également un belvédère qui donne sur le Saint-Laurent et l’archipel Ragueneau.

«Sur la route, je m’impose toujours une petite halte au quai de Ragueneau. C’est un peu comme mon dessert quand je descends du traversier à Forestville pour aller voir ma fille à Baie-Comeau! Il y a toujours un phoque ou deux qui m’accueillent. Le lieu est simplement magnifique et ça me permet de me dégourdir et de m’évader un peu avant de reprendre le volant», dit Huguette Thibeault, adepte du coin.

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Pointe-aux-Outardes, la batture à perte de vue

Pointe-Lebel et Pointe-aux-Outardes forment ensemble une grande péninsule qui s’avance sur plus de 30 kilomètres dans le Saint-Laurent: la péninsule Manicouagan. Cette pointe est connue pour sa longue plage et sa batture qui s’allonge sur quatre kilomètres au large. La marée basse à perte de vue rend l’observation des cétacés plutôt difficile.

À marée haute, les adeptes de sports aquatiques pourront bénéficier du vent pour faire voler leur «kite», se balader en kayak ou en planche à pagaie. La mer cristalline est complètement dépourvue de rochers à cet endroit. La température de l’eau peut monter jusqu’à 27 degrés l’été vu sa faible profondeur. Profitez-en donc pour faire une petite «saucette»!

Un camping exceptionnel permet d’observer les étoiles étincelantes, bien loin de toute pollution lumineuse à 30 kilomètres de la côte vers le large!

Le territoire est gravé d’histoires, puisque plusieurs Autochtones et plus tard des familles de souche européennes s’y installèrent à cause du sol fertile. Aujourd’hui, le parc nature de Pointe-aux-Outardes est délimité par la rivière aux Outardes, le marais salé, les dunes et la batture sablonneuse. Riche en diversité, il contient huit écosystèmes bien différents les uns des autres. Vous arriverez d’abord par la forêt de pins rouges, pour aboutir sur la plage, mieux connue comme batture sablonneuse.

Comprendre le rôle des multiples écosystèmes du Parc Nature

Le marais salé de la pointe joue un rôle crucial pour le grand écosystème de l’estuaire. Ce milieu humide mesure plus de 500 hectares et représente le quatrième plus grand de la province! «Le marais produit 34 000 kilogrammes d’éléments nutritifs par hectare! Ce sont 16 millions de kilogrammes de nutriments par année, que ce soit du plancton, des invertébrés, des poissons! Ce lieu est de plus fréquenté par une quinzaine d’espèces possédant des statuts précaires, il sert donc de sanctuaire pour la faune aviaire, sans compter les innombrables services écosystémiques qu’il rend. Aire de nidification, halte migratoire, filtration, etc. «Des services vraiment exceptionnels! C’est pour ça qu’on est si fiers de le protéger et de se battre pour le préserver», explique le directeur du parc nature de Pointe-aux-Outardes, Denis Cardinal.

La pointe aide les grands cétacés à proliférer dans l’estuaire, un peu comme l’usine à fabriquer toute la nourriture servant à soutenir nos grands mammifères. L’estuaire, autour des rivières aux Outardes, Pessamit et Manicouagan, serait considéré comme un des lieux les plus productifs pour le phytoplancton. Celui-ci constitue la base de la chaine alimentaire, et sert de repas au zooplancton, qui en retour sert de repas aux mollusques, aux poissons, jusqu’aux grands mammifères marins.

Observer les mammifères marins à distance

Les observations de baleines se font à distance à la Pointe-aux-Outardes. Mais vous pourrez admirer des souffles au loin à marée haute, munie de jumelles. À marée basse, vous pourrez accéder au banc coquillier le plus important au Québec. Vous verrez aussi un herbier de zostère de plus de 9 kilomètres et peut-être la cinquantaine de phoques communs ayant adopté l’embouchure de la rivière aux Outardes et le banc de sable.

La valorisation du fleuve est intimement liée à sa conservation. Denis Cardinal sait très bien l’expliquer : «La conservation de nos grands cétacés passe aussi par la protection de ce qui leur permet de subsister ici.»

«Les gens se sentent tout seuls quand ils viennent au parc. C’est ressourçant! Un doux équilibre entre nature et visiteurs, pour garder tous nos écosystèmes en harmonie», dit-il.

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Baie-Comeau, l'ère glaciaire

Au-delà de la ville et de son caractère industriel se cachent une nature et une topographie grandiose qui valent la peine d’être découvertes. Baie-Comeau est à flanc de fleuve. Et qui dit fleuve dit baleine! Le port commercial est important pour la région ainsi que pour plusieurs industries.

La spectaculaire baie Comeau a été sculptée par les glaciers il y a bien longtemps! La dernière glaciation, plus précisément la glaciation du Wisconsin, est responsable de la formation topographique et hydrographique de la région de l’estuaire et du golfe. Il y a 20 000 ans environ, le territoire se refaçonne, laissant des vestiges géologiques exceptionnels dans le paysage.

L’ensemble du territoire était recouvert par un glacier épais de plus de 4 kilomètres! L’inlandsis laurentidien, nom que portait ce grand glacier, était alors le plus imposant, recouvrant tout le Canada et une grande partie de l’Amérique du Nord, selon la Station d’exploration glaciaire du Jardin des glaciers.

C’est lors de la fonte des glaces, lors de leur retrait, que de grandes quantités d’eau restent à l’intérieur des terres pour former les lacs et les rivières et que le fleuve et le golfe se dessinent vers l’Atlantique.

«Les marques spectaculaires laissées par l’inlandsis laurentidien sur le territoire font de ce littoral un des plus riches au monde en termes de diversité», selon la Station.

Les sentiers du Jardin des glaciers

En plein cœur de la Réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka, ce sentier pédestre s’étend sur 35 kilomètres. Ces sentiers sont aménagés, signalisés et agrémentés de panneaux d’interprétation exposant les traces laissées par la dernière glaciation. Vous y trouverez aussi plusieurs points de vue et belvédères très propices à l’observation des cétacés aux jumelles!

Le quai de Baie-Comeau

Le quai est un lieu d’activités portuaires important où bateaux de pêche, marchands et de croisières arrivent de partout dans le monde. Ce quai s’allonge sur près d’un kilomètre dans la baie! C’est un endroit privilégié pour l’observation du petit rorqual et des phoques, selon ses travailleurs. Les employés du port maritime les côtoient régulièrement, surtout au printemps.

«Je travaille au quai de Baie-Comeau depuis plusieurs années et au printemps, quand le capelan est là, les petits rorquals viennent dans la baie et sont tellement dynamiques en attrapant le poisson! Ils sont littéralement à nos pieds!», raconte un travailleur du port.

 

Découvrez Baie-Comeau à travers le portrait de Marie Karine Maltais ici.

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Franquelin, à la mémoire de celles et ceux qui y vécurent

Autrefois un village forestier, nommé en l’honneur de Jean-Baptiste-Louis Franquelin, hydrographe du roi Louis XIV, Franquelin a été bâti au bord du fleuve. La proximité des baleines avec la rive teinte l’histoire du village par une panoplie de récits et de souvenirs à la mémoire de celles et ceux qui y ont vécu.

Une histoire se distingue, celle du feu tenancier de l’auberge de Franquelin. Ce pêcheur de saumons a un jour attrapé une bien grande prise. Par un beau matin, un petit rorqual s’est empêtré dans son filet à saumon à l’embouchure de la rivière Franquelin. Le pêche coupe délicatement chaque maille du filet jusqu’à ce que le petit rorqual reparte vers le large, libéré. Mais l’histoire ne finit pas là, elle ne fait que commencer. La baleine serait revenue voir son bienfaiteur tous les jours, pendant des années. Une amitié bien spéciale entretenue entre un pêcheur et un petit rorqual de 6 tonnes! Les gens du village en parlent encore!

Le GREMM a aussi eu la chance d’obtenir des données hebdomadaires par une observatrice passionnée à Franquelin. «Pendant près de vingt ans, Céline Ricard notait toutes ses observations de baleines et de phoques qu’elle faisait à partir de sa maison. Été comme hiver, elle avait toujours une rencontre avec une baleine ou un phoque à raconter», confirme Marie-Ève Muller, rédactrice en chef de Baleines en direct. La fervente des baleines est malheureusement décédée en 2018, laissant un trou dans la carte des observations de la semaine, mais un souvenir bien vivant demeure pour le groupe de recherche.

La pointe à la Croix

Où faire la meilleure observation à Franquelin? La pointe à la Croix est l’un des secrets les mieux gardés de la Côte-Nord! Ce site charmant fait face à une fosse d’environ 200 mètres de profondeur. Vous verrez donc des mammifères marins à quelques mètres des rochers qui viennent profiter de la rencontre du littoral. Pour y accéder, vous devez parcourir environ 5 km aller à pied, en vélo ou en raquettes dans un sentier forestier balisé, situé après le pont de la rivière Franquelin. Vous croiserez un sublime lac sur le chemin.

«Pour ceux qui connaissent le Cap-de-Bon-Désir aux Bergeronnes, c’est la même chose, mais à Franquelin, avec beaucoup moins d’humains autour! Les baleines viennent très près de la rive, c’est saisissant. Les quelques kilomètres de marche en valent la chandelle, croyez-moi!», selon un randonneur croisé dans le sentier.

Le sentier du Vieux-Quai

Le sentier du Vieux-Quai (aussi appelé sentier de la Baleine) est idéal pour les amateurs de randonnée. Vous longerez une baie ouverte sur le Saint-Laurent pendant 3 à 4 kilomètres et vous pourrez vous faire surprendre par la présence de rorquals bleus, rorquals communs, rorquals à bosse ou petits rorquals, parfois à une dizaine de mètres du bord seulement.

À Franquelin, vous découvrirez un endroit paisible et pittoresque figé dans le temps, lieu idéal pour s’imaginer tous les récits de celles et ceux qui y vécurent, et qui alimentent encore vivement la mémoire des gens.

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Godbout, la baie des baleines

À Godbout, que ce soit à la rivière ou à la mer, la pêche est à l’honneur. La rivière Godbout, longue de plus de 112 km, traverse la forêt boréale. Son embouchure se trouve dans le village du même nom, du côté est de l’anse. Cette rivière possèderait un des plus hauts potentiels de capture de saumon au Québec. Est-ce à cause d’eux qu’on trouve autant de baleines dans ce coin?

L’eau douce amenée par la rivière rencontre les eaux salées du Saint-Laurent. Cet apport crée une zone d’alimentation de choix pour les baleines, qui peuvent parfois être observées très près des plages lors de la fraie du capelan.

Ce village côtier, enchâssé dans une baie profonde, est protégé des eaux imprévisibles du Saint-Laurent. Un traversier relie la Côte-Nord à la rive sud, de Godbout à Matane, en Gaspésie. L’équipage croise fréquemment des baleines durant leur traverse.

Des pavillons sont aménagés le long du fleuve pour faire profiter de la vue aux passants. Pour mieux observer les cétacés de la rive, des jumelles sont même mises à disposition! La plage de la baie est aussi un lieu idéal pour prendre un bain de soleil en attendant la visite des rorquals!

 

Découvrez Godbout à travers les yeux de Sylvie Savard ici.

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Pointe-des-Monts, le grand large à fleur de terre

«Pointe-des-Monts, c’est le grand large à fleur de terre», décrit Jean-Louis Frenette, aubergiste au Gite du phare de Pointe-des-Monts depuis plus de 40 ans. Lieu coup de cœur de la Route des baleines, Pointe-de-Monts s’avance dans la baie Trinité et fait face aux monts Chic-Chocs sur l’autre rive. Histoire et nature exceptionnelle cohabitent à 14 kilomètres de la route 138.

Le phare

Le grand phare rouge et blanc de Pointe-des-Monts guidait les marins à une époque où la navigation dans le golfe du Saint-Laurent était périlleuse. Les naufrages furent nombreux dans les environs. Après celui de l’ile Verte (1806), le phare de Pointe-des-Monts fut le deuxième à être érigé en 1829-1830. Sept gardiens s’y sont succédé à partir de 1830, selon l’interprétation du phare. Plusieurs familles y restèrent pour veiller sur les marins, 12 mois par année!

Déjà, les anciens géographes, depuis Samuel de Champlain lui-même, classaient la pointe des Monts comme point de démarcation entre l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. En effet, le phare de Pointe-des-Monts se situe à la limite géographique du golfe et de l’estuaire du Saint-Laurent. Pour les navigateurs, il s’agit d’un point de repère important dans un secteur reconnu pour les écueils, ses hauts-fonds et les changements de courants imprévisibles.

L’Anse des noyés et la petite anse Saint-Augustin

On peut observer les baleines régulièrement à la pointe. La remontée d’eau froide juste en face du phare participe à la vitalité du secteur, ce qui vaut le séjour de plusieurs espèces de baleines et phoques. «La plupart de nos vacanciers sont heureux de constater la présence des baleines à “portée d’oreilles” de leur gite. C’est la grande profondeur de la mer à quelques encablures de la rive qui nous offre ce spectacle. L’aquarium est profond!», partage Jean-Louis Frenette en riant.

«Chaque jour, je vois des baleines en avant du phare! Hier encore, un grand souffle m’a surprise, c’était une grosse baleine! Elle a fait tout un spectacle pendant une heure et demie, juste en avant du phare! Au mois d’aout et septembre, on a droit à des observations spectaculaires», dit France Caron, directrice générale du phare.

Bienvenue dans le golfe!

 

Découvrez le portrait de Jean-Louis Frenette ici

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Port-Cartier, Gallix, Sept-Îles

Lorsque vous poursuivez votre route au nord de Baie-Comeau, vous perdrez tranquillement la rive d’en face, la Gaspésie qui s’estompe vers le grand large. C’est le golfe qui s’ouvre vers l’Atlantique, le nord boréal qui s’installe. Sur toute cette partie de la route, de longues plages dorées dessinent la côte. Faites un arrêt à Port-Cartier, à la halte de l’ile Patterson ou à Gallix pour marcher sur la plage de sable fin au coucher de soleil. Vous pourrez peut-être y observer des phoques, des marsouins et des rorquals!

La baie de Sept-Îles

En 1535, Jacques Cartier y accoste. La région regorge d’histoire et de cultures tant autochtones qu’européennes. La baie de Sept-Îles porte son nom à cause de l’archipel surplombant la baie, avec l’ile du Corossol, la petite et la grande Basque et la petite et la grosse Boule, pour n’en nommer que quelques-unes. Plus grande ville de la Côte-Nord, Sept-Îles est aussi un lieu privilégié pour l’observation des rorquals. Allez explorer le large et les iles, ça vaut le détour.

La baie de Moisie

Faites un arrêt à la baie de Moisie, à l’embouchure de la rivière du même nom. Les deux rives sont dessinées par des dunes rousses et les points de vue se multiplient. Vous y apercevrez des souffles si vous faites face au golfe à l’extrémité de la pointe.

 

Jacques Gélineau, observateur de longue date de Port-Cartier, raconte sa relation avec les baleines d’ici.

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Rivière-au-Tonnerre, les portes de la Minganie

Reconnu comme un des plus beaux villages du Québec, Rivière-au-Tonnerre porte son nom dû au phénomène acoustique causé par le grondement des chutes sur sa rivière, certaines cascades étant hautes de 50 mètres. À mi-chemin entre Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre, un arrêt à Rivière-au-Tonnerre permet de visiter l’église de bois à l’intérieur bleu ciel, construite au début du XXe siècle. De style normand, l’église fut construite alors que la ville n’était reliée par voie terrestre à aucune autre. Un bijou architectural et patrimonial de la Côte-Nord !

Les nombreuses anses, les plages, les chutes, l’observation des baleines à la halte du vieux quai et la traversée vers Anticosti ne sont que quelques raisons pour visiter ce havre de paix, selon la municipalité.

La Halte du Vieux Quai

Arrêt obligatoire, on fait des provisions de confiture à la Maison de la Chicoutai. La chicoutai, prononcé «chicouté», du nom botanique latin de Rubus chamaemorus, provient du mot grec «chamai» qui signifie à terre et de «morus», nom latin classique des mûres. Ce petit fruit aux allures de framboise dorée pousse dans les régions boréales, plus précisément dans les tourbières. Ce petit fruit subarctique acidulé chéri par les Nord-Côtiers est à découvrir!

Prenez du pain à l’épicerie et allez manger votre beurre de chicoutai à la halte du vieux quai. Chicoutai et observation de baleines en simultané! Pas pire pantoute!

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Longue-Pointe-de-Mingan, la recherche sur les mammifères marins

Longue-Pointe-de-Mingan porte bien son nom. Sa pointe s’avance dans le golfe et sa longue plage de sable blanc est de toute beauté! Plusieurs campings longent la berge devant une eau calme et claire.

Les baleines y abondent. C’est pourquoi la Station de recherche des iles Mingan (MICS pour Mingan Island Cetacean Study en anglais) s’y installe, en 1979. Cet organisme à but non lucratif consacré à l’étude écologique des mammifères marins est fondé par Richard Sears. La station fut la première à mener des recherches à long terme sur les cétacés dans le golfe du Saint-Laurent, en particulier sur le rorqual bleu, une espèce menacée de disparition. Ses principales zones d’étude se situent le long de la Côte-Nord, surtout dans la région de Mingan et de l’ile d’Anticosti, et le long de la péninsule gaspésienne.

Centre d’accueil et d’interprétation de Longue-Pointe-de-Mingan

Un arrêt au Centre d’accueil et d’interprétation de Longue-Pointe-de-Mingan, partagé par le  MICS et Parcs Canada, permet de comprendre les cétacés et leur habitat. Documentation, installations interactives et tout plein de squelettes et spécimens marins sont à découvrir!

Le MICS utilise la photo-identification pour différencier les individus des espèces de baleines à fanons, ce qui leur permet d’établir un catalogue d’observations des individus connus et donc, de suivre leur histoire de vie.

Chaque année, de nouveaux individus fraichement photographiés sont ajoutés au catalogue. Le MICS détient le catalogue des rorquals bleus de l’Atlantique Nord le plus exhaustif au monde! Des chercheurs, des navigateurs, des observateurs de mammifères marins de partout dans l’Atlantique Nord (dont l’équipe du GREMM) leur envoient des photos de cette espèce mystérieuse et menacée, contribuant ainsi à établir une meilleure compréhension de leurs migrations, de leurs mouvements saisonniers et de leur utilisation de l’habitat. L’équipe gère aussi le catalogue des rorquals à bosse du Saint-Laurent et celui des rorquals communs du golfe.

 

Faites la rencontre d’un chercheur du MICS, Christian Ramp, ici.

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Archipel-de-Mingan, né de la mer

Il y a maintenant plus de 30 ans que la route 138 a franchi la rivière Moisie. Pour les premiers visiteurs automobilistes de cette partie du littoral québécois, le lien routier entre Sept-Îles et les villages de la Côte tels Magpie, Sheldrake, Rivière-au-Tonnerre, Mingan et enfin Havre-Saint-Pierre, à 200 km de Sept-Îles, ouvrait de nouveaux horizons. Dès cet instant, l’archipel de Mingan attira les regards de ces nouveaux visiteurs.

Le parc national de l’Archipel-de-Mingan

Le parc national de l’Archipel-de-Mingan est un des plus beaux parcs du pays! L’archipel se démarque par ses trente iles et multiples ilots s’étendant sur 85 kilomètres au large.

Les monolithes, ces formations calcaires iconiques causées par l’érosion, se tiennent debout devant l’horizon, dans l’eau à marée haute et sur la batture à marée basse. La lumière qui change au courant de la journée vous donnera des paysages différents sur une courte période de temps. La nature y est abondante, préservée et diverse, tant sur les iles que dans les profondeurs des eaux cristallines.

On retrouve régulièrement dans les roches des fossiles, rappel que cet archipel maintenant baigné d’eaux à la température de -1°C à 14°C selon la profondeur, était autrefois situé dans un véritable environnement d’eaux chaudes. Les paysages actuels reflètent les multiples pulsations des temps géologiques.

Les eaux claires amenées par des courants qui viennent s’y rencontrer créent un véritable bassin de culture autour des iles. Toute la faune et toute la flore commune aux eaux du golfe du Saint-Laurent s’y développent avec une abondance peu commune, selon le parc. L’archipel accueille marsouins communs, dauphins à flancs blancs, petits rorquals et rorquals communs, entre autres.

La Basse-Côte-Nord et les iles Mingan recèlent d’histoires. Ses nombreux phares et épaves témoignent encore du passé. La forêt boréale semble directement sortie de légendes. Les petits chemins de bois vous amènent au cœur de la forêt et tout autour des iles. Et au large, les baleines ponctuent l’environnement marin.

Chaque ile est différente, à vous de les explorer!

 

Découvrez la beauté des iles à travers le portrait de Guy Côté.

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Havre-Saint-Pierre, et la mer

Havre-Saint-Pierre est le port d’accès de la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Le tourisme est une activité économique importante, vu la proximité avec les iles. La ville est aussi reconnue pour sa pêche au crabe des neiges, au moule, au pétoncle et au homard.

Situé en face de l’ile d’Anticosti, Havre-Saint-Pierre est aussi le point d’accès pour visiter l’archipel Mingan et ses nombreuses iles! En 1857, un groupe de familles acadiennes des Îles-de-la-Madeleine s’y installent. On entend encore l’accent coloré chez certains résidents du Havre. La municipalité fut nommée à l’origine Pointe-aux-Esquimaux, mais son nom fut modifié pour Havre-Saint-Pierre en 1927, en l’honneur de Saint-Pierre, apôtre et patron des pêcheurs.

À Havre-Saint-Pierre, c’est une communauté colorée et un paysage marin délavé qui vous attend.

Marina du Havre et le Portail Pélagie-Cormier

La marina surplombe le canal du Havre où plusieurs baleines traversent, donnant des spectacles de proximité uniques aux observateurs. Une pancarte routière devant le fleuve vous avise même avec humour de faire attention aux baleines qui y traversent!

À l’horizon, on voit les premières iles de l’archipel Mingan. C’est aussi à la marina, par le Portail Pélagie-Cormier, bâtiment d’accueil, que vous pourrez traverser en bateau aux iles de l’archipel Mingan.

À Havre-Saint-Pierre, on découvre la mer d’un peu partout de sa rive. On la vit, on la respire, l’air y est salin et bon, l’eau est calme et claire.

 

Découvrez Havre-Saint-Pierre par le portrait de Jane-Anne Cormier ici.

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Natashquan, l'apprivoisée

Jadis la fin de la route 138, Natashquan devient tout doucement accessible au tourisme, se développe et s’apprivoise afin d’accueillir les passants curieux de découvrir le village mythique. C’est là le lieu de quiétude et de beauté racontée par le poète-chansonnier Gilles Vigneault, le village dont il est originaire.

En arrivant, une belle phrase inscrite sur une petite maison bleue nous accueille: «Levons la grande voile, il est temps de revenir voir la famille et les amis…»

L’étrange sentiment de revenir à la maison nous prend, même si nous n’y avions jamais mis les pieds. Parce qu’on l’a entendu contée, chantée, l’histoire de Natashquan teinte notre patrimoine. Ses petites maisons colorées regorgent de gens forts sympathiques!

Promenade vers les galets

Empruntez la promenade derrière la bâtisse d’accueil touristique. Celle-ci vous mènera directement aux petites maisons de bois iconiques tout au bout sur le galet, lieu idéal pour l’observation des mammifères marins, face au golfe.

Le galet, où s’érigent ces petites cabanes, c’est la pointe rocheuse surélevée de 3 mètres par rapport au niveau de la mer, dans la baie de Natashquan.

Symboles du village, les magasins du Galet sont d’anciennes cabanes de pêches, vieilles pour certaines de plus de 150 ans. C’est là qu’on vendait la marchandise autrefois. Les magasins servaient aussi à entreposer les agrès, différents articles liés à la pêche et l’huile de loup-marin.

Reconnu comme patrimoine culturel du Québec, les galets sont aujourd’hui un indicateur de l’histoire de Natashquan et de l’importance qu’a eue la pêche à la morue pour sa communauté et tout le reste du Québec, avant le déclin des stocks. Ils rappellent aussi la rencontre entre les
Acadiens venus s’y installer avec les Innus de Nutashquan, déjà bien établis.

Prendre le temps de remonter le temps, comprendre d’où nous venons, s’imaginer y vivre au début du siècle. Natashquan s’apprivoise tranquillement, au gré des marées et du vent, avec une route qui connecte maintenant histoire et riche patrimoine.

«Ici, on a le temps de prendre son temps. Moi qui cours tout le temps, j’ai pris le temps de prendre mon temps. C’est bon de prendre son temps, de temps en temps.», peut-on lire sur une petite horloge devant une maison à Natashquan.

 

Découvrez l’accueil des gens de Natashquan avec  le portrait de Paulette Landry.

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Kegaska, FIN.

Kegaska, de l’innu-aimun «quegasca», signifie «un raccourci et un passage facile à marée haute entre la terre ferme et les iles». La pêche au crabe est actuellement la principale activité économique de la communauté. Le village à 845 kilomètres de Tadoussac est loin d’être un raccourci comme en dit son nom. Kegaska se situe environ à égale distance de Tadoussac avec Boston! Ce sont plus de 10h de route grandiose à traverser pour y accéder. Mais Kegaska est surtout connu pour ce panneau: FIN.

Trois petites lettres si simples. Pourtant.

C’est là où se trouve la fin de la route, le bout de la 138. Ça ne fait pas longtemps que Kegaska est accessible par voiture, depuis seulement 2013. Ce qui vous y attend est brut. Pour poursuivre sa route vers l’Est à la Romaine ou Blanc-Sablon, c’est par bateau ou par avion! Kegaska, c’est le bout du Québec, vers le golfe, vers le Labrador, passé la pointe est d’Anticosti. C’est brut, c’est immense, ça donne le vertige. C’est ici qu’on se retrouve, après avoir traversé la Côte-Nord.

En chemin, la taïga, aussi connue comme forêt boréale, devient de plus en plus dense, avec de plus en plus de conifères et de lichens, mais surtout de moins en moins de feuillus. Fortement liée au climat subarctique, elle consiste en une formation végétale de type forestière parcourue par un vaste réseau lacustre résultant de l’érosion fluvio-glaciaire. Puis, petit à petit, les grands conifères se font de plus en plus rares, tranquillement substitués par de grandes plaines humides, les tourbières. Le paysage est de plus en plus plat, comme si le temps hostile, l’air salin et les grands vents s’assuraient de garder la vie à ras le sol.

C’est la toundra qui s’installe, c’est elle qui vous accueille à Kegaska, qui vous rappelle que vous êtes maintenant au bout de la route, face au golfe, devant l’immensité de notre territoire s’ouvrant vers l’Atlantique. Vous êtes arrivés! Vous êtes maintenant au bout du Québec… au bout du monde!

Sentier le Brion

Pour observer les baleines, rien de mieux que d’aller admirer une épave de cargo rouillé au bout d’un petit sentier. Dépassez la chapelle vers la droite, vous y trouverez une petite enseigne qui s’enfonce vers la forêt indiquant le « Brion ». Suivez le chemin, vous l’apercevrez sur les rochers au bout d’une jolie passerelle en bois. Très bien préservé, le Brion brille devant la splendeur du golfe. Le spectacle est unique en son genre: l’épave rouillée, les rochers roux, la mer à perte de vue.

Tout un périple! Certains deviennent émotifs rendus au bout. C’est difficile de rester indifférent devant autant de grandeur, autant de nature, autant de nous-mêmes.

Aller à Kegaska, c’est se découvrir, mieux se comprendre. Aller au bout du Québec, aller au bout de nous, le faire.

Il ne reste qu’à reprendre la route vers la maison. La fin comme un début. FIN.