Allaiter son petit

Toutes les espèces de baleines allaitent leur petit durant plusieurs mois, mais la durée variera d’une espèce à l’autre. Elles ont deux mamelles, dissimulées dans deux petites fentes situées de chaque côté de la fente génitale, sous le ventre. Les cétacés n’ont pas les muscles nécessaires pour téter. Stimulé par une pression du baleineau, le mamelon éjectera le lait dans la bouche du baleineau. Le bord de sa langue est garni d’extensions semblables à des pétales qui amélioreraient la succion et serviraient même à «diriger» le lait vers la gorge. Avec l’âge, et l’arrêt de l’allaitement, ces «pétales» disparaissent.

Le lait maternel des baleines contient, selon les espèces, de 13 à 53% de gras. C’est beaucoup plus que chez les mammifères terrestres, ce qui permet au baleineau de grandir rapidement. Le rejeton rorqual bleu, par exemple, engraisse ainsi de 80 kg par jour. Les femelles fabriquent le lait à partir de la réserve de gras sous leur peau.

Chez les baleines à fanons, le lait est généralement plus riche et l’allaitement plus court que chez les baleines à dents (quelques mois contre 1 à 2 ans). De plus, chez la majorité des espèces, les femelles baleines à fanons jeûnent pendant au moins les premiers mois de l’allaitement. Une femelle qui se nourrit doit souvent laisser son jeune en surface, vulnérable face aux prédateurs, alors le jeûne permet de rester près du petit en tout temps.

Trainer son baleineau

Chez les cétacés, les soins maternels sont de longue durée. Les veaux et les juvéniles restent longtemps près de leur mère, même s’ils sont capables de s’alimenter eux-mêmes. Chez les bélugas, le petit reste près de sa mère pendant trois ans, parfois plus. La mère et le veau développent pendant ce temps un lien fort, ce qui est essentiel à la survie du petit.

Le soin maternel le plus connu chez les baleines est le gardiennage dans lequel la femelle place le veau près de son flanc pendant la nage. Dans cette position, qu’on appelle en «échelon», le veau profite du sillage de sa mère, de la même façon qu’un cycliste en tête de peloton facilite la progression de ceux derrière. Cet avantage hydrodynamique pour le baleineau vient en contrepartie avec une force de trainée supplémentaire pour la mère. Elle doit donc fournir plus d’effort pour se déplacer.

Garder les petits des autres

Si les mères prennent soin de leur progéniture, il arrive aussi que certaines femelles du groupe prennent le relai. Ces gardiennes peuvent être une sœur, une tante, une cousine ou encore une femelle qui ne fait pas partie de la famille. Si aller garder le bébé d’une amie est chose courante pour les humains, c’est encore mystérieux chez les cétacés.

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer que certaines baleines, dont les cachalots, les bélugas et les globicéphales, s’adonnent à ce type de soins allomaternels (provenant d’une femelle autre que la mère).

Se pourrait-il que ce soit une question de réciprocité? La mère du petit gardé sera plus encline à donner un coup de main et à prendre soin de la progéniture de sa congénère lorsque le moment viendra. Ce gardiennage est peut-être aussi simplement la façon dont les jeunes femelles se pratiquent à être mère.

Dernière mise à jour : juillet 2019

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