Golfe, estuaire ou fleuve?

Le fleuve Saint-Laurent se divise en trois secteurs : le secteur fluvial, l’estuaire et le golfe. Ils se distinguent notamment par leur profondeur, leur salinité et leurs courants. Ils abritent donc des faunes et flores aquatiques différentes.

Le secteur fluvial est le plus court et le moins profond des trois. L’eau est douce et les marées ne s’y font pas sentir. En temps normal, il n’y a pas de mammifères marins.

L’estuaire commence à la hauteur de la pointe est de l’ile d’Orléans, là où l’eau salée de l’océan se mélange avec l’eau douce du fleuve. La densité de l’eau salée n’étant pas la même que celle de l’eau douce, il se crée deux couches d’eau. L’eau trouve sa pleine salinité à la tête du chenal Laurentien, à la hauteur de Tadoussac. Les bélugas résident toute l’année dans l’estuaire. L’été, l’estuaire accueille aussi des rorquals et d’autres espèces de baleines à dents qui profitent de l’abondance de krill, de capelan et d’autres petits poissons.

Le golfe commence à Pointe-des-Monts, là où le fleuve s’élargit en une mer intérieure qui s’ouvre sur l’Atlantique par les détroits de Cabot, au sud de l’ile de Terre-Neuve, et de Belle-Isle, au nord de Terre-Neuve.

 

Le Saint-Laurent Secteur fluvial Secteur estuaire Secteur golfe
Largeur 1 à 5 km 2 à 60 km plus de 300 km
Profondeur 2 à 20 m plus de 300 m environ 500 m
Salinité Non De saumâtre
à salé
Salé
Début Grands Lacs Ile d’Orléans Pointe-des-Monts
Fin Ile d’Orléans Pointe-des-Monts Atlantique

 

Le chenal Laurentien

Le chenal Laurentien est une vallée sous-marine profonde de près de 450 m du détroit de Cabot (à l’entrée du golfe) à l’estuaire et d’environ 300 m jusqu’aux Escoumins. À la hauteur de Tadoussac, la vallée atteint un haut-fond, avec une profondeur d’une vingtaine de mètres. C’est ce qu’on appelle la tête du chenal Laurentien.

Les eaux profondes du chenal Laurentien sont froides et riches en matière organique décomposée. Dans la couche profonde, l’eau se déplace de l’Atlantique vers la tête du chenal Laurentien. Lorsqu’elle atteint le haut-fond, elle est forcée à remonter sous l’effet des marées. Elle se mélange alors avec l’eau de surface, l’enrichit, la refroidit et l’oxygène.

Ce sont ces remontées d’eau froide, ou «upwellings», qui expliquent la grande productivité près de l’embouchure du Saguenay. Le phytoplancton situé à la surface prolifère grâce à l’apport de nutriments des remontées et l’énergie lumineuse du Soleil. Comme le phytoplancton est à la base de la chaine alimentaire, il favorise l’accumulation de zooplancton puis de poissons, qui servent de nourriture aux mammifères marins.

Les marées

La Lune, par sa masse et sa proximité avec la Terre, attire l’eau vers elle, par attraction gravitationnelle. Puisque la Terre tourne sur elle-même, la distance entre la Lune et chacun des océans varie au courant d’une journée, ce qui permet le phénomène de marées. Les caractéristiques des déplacements de la Terre et de la Lune expliquent qu’il y a généralement deux marées hautes et deux marées basses par jour, que leurs hauteurs varient, que l’horaire est décalé de 50 minutes par jour et que les marées sont particulièrement importantes à l’automne et au printemps.

Le Soleil influence lui aussi les marées, mais moins fortement en raison de son éloignement. S’il est aligné avec la Lune, on observe des marées plus fortes, dites marées de vive-eau ou « grandes mers ». Ce phénomène coïncide avec la pleine lune et la nouvelle lune. À l’opposé, quand le Soleil et la Lune sont perpendiculaires, on observe des marées de morte-eau. Ce phénomène coïncide avec les premier et dernier quartiers de lune.