Le fiord du Saguenay

Un fiord est une vallée creusée par l’érosion glaciaire puis envahie par la mer. Il y a 10 000 ans, à la fin de la glaciation du Wisconsin, un glacier s’est retiré et a érodé une faille préexistante. La vallée large de 2 km a ensuite été inondée par l’eau de l’estuaire du Saint-Laurent, contrairement à la plupart des fiords qui se jettent directement dans l’océan. C’est ainsi que le fiord du Saguenay, caractérisé par des falaises pouvant atteindre 500 mètres, a été formé.

D’une longueur de 105 kilomètres, le fiord débute à la hauteur de Saint-Fulgence et se termine à la hauteur de Tadoussac, où la rivière Saguenay rejoint le fleuve Saint-Laurent. La largeur et la profondeur du fiord diminuent près de Tadoussac. C’est que, lors de la déglaciation, le glacier a commencé à flotter sur l’eau du fleuve à cette hauteur et l’érosion a pris fin.

La confluence du Saguenay et du Saint-Laurent

Les eaux du Saguenay et du Saint-Laurent ont des propriétés très différentes. Dans la rivière, l’eau est moins salée, plus chaude et riche en tanins, ce qui explique sa coloration brunâtre. Dans le fleuve, l’eau est plus salée, plus froide et riche en algues microscopiques, ce qui explique sa coloration verdâtre. Le phytoplancton est à la base de la chaine alimentaire : il permet la prolifération de zooplancton qui, à son tour, nourrit les poissons. Les baleines s’alimentent de poissons ou directement de zooplancton, selon les espèces.

Ces eaux ont donc des densités différentes et ne se mélangent pas, un peu comme l’eau et l’huile. Ainsi, lorsque les eaux du Saguenay rencontrent celles du Saint-Laurent, il se forme un front qui se déplace dans le sens de la marée. À la marée montante, les eaux du Saint-Laurent poussent les eaux du Saguenay. Le front se déplace donc vers le Saguenay et y transporte des nutriments. À la marée descendante, c’est le contraire, alors que la langue d’eau du Saguenay, appelée le panache, se déplace vers le Saint-Laurent. Les effets des marées sont visibles jusqu’à Chicoutimi, au tout début du fiord.

Les marées viennent donc modifier la composition de l’eau à l’embouchure et dans le fiord du Saguenay, ce qui influence la distribution des poissons et du plancton. Les baleines ajustent donc leur comportement pour s’en nourrir plus efficacement.

Petits rorquals

Certains individus fréquentent le Saguenay jusqu’à une dizaine de milles marins en amont. Les propriétés différentes du secteur du Saguenay et du secteur de la tête du chenal Laurentien seraient à l’origine de différentes stratégies d’alimentation chez les petits rorquals. Dans le Saguenay, ils passent beaucoup plus de temps à rassembler leurs proies près de la surface. Dans le chenal Laurentien, la remontée des eaux profondes ferait une partie du travail en forçant les proies vers la surface. Les petits rorquals y effectueraient donc moins de manœuvres de rassemblement des proies.

Bélugas

Les bélugas peuvent être observés dans le Saguenay jusqu’à l’ile Saint-Louis, non loin de la Baie Sainte-Marguerite. Ce sont généralement des femelles accompagnées de leur baleineau qui s’y rendent. Les bélugas profitent du phénomène de marée montante pour remonter la rivière, diminuant ainsi leurs dépenses énergétiques.

Phoques

Les phoques communs sont des résidents permanents du fleuve Saint-Laurent. Dans le fiord du Saguenay, on retrouve des sites d’échoueries près du cap Éternité et du cap Fraternité. C’est à ces endroits rocheux que les phoques sortent de l’eau pour se reposer, muer ou se reproduire.

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