Baleines noires: le dossier de 2019

  • Wolverine a été repéré par les survols aériens les 4 et 5 juin. © MMPA research permit #21371 & SARA permit exempted. NOAA/NEFSC/Leah Crowe
    10 / 06 / 2019 Par Marie-Ève Muller - /

    Les baleines noires de l’Atlantique Nord sont en voie de disparition. Leur espèce ne compte plus que quelque 400 individus. Leurs principales menaces: les empêtrements dans les engins de pêche (cordages) et les collisions avec les navires. Une partie de la population des baleines noires de l’Atlantique Nord passait traditionnellement les étés dans la baie de Fundy. Depuis 2017, la baie de Fundy semble moins fréquentée et une augmentation majeure des observations de baleines noires a été notée dans le golfe du Saint-Laurent. En 2017, douze carcasses de baleines noires ont été trouvées dans le golfe. Des mesures d’atténuation des risques d’empêtrement et de collisions ont été instaurées d’urgence durant l’été. En 2018, des mesures ont aussi été appliquées. Aucune carcasse n’a alors été trouvée. Encore cette année, des zones de réduction de vitesse et de mesures d’atténuation des menaces d’empêtrements ont été mises en place. Suivez les actualités liées aux baleines noires ici.

    Outils de référence

    Carte interactive des observations de baleines noires en eaux canadiennes : WhaleMap et Attentif aux baleines

    Carte interactive des observations de baleines noires en eaux états-uniennes: NOAA

    Suivi des mesures de ralentissement en prévention des collisions : Transports Canada

    Suivi des fermetures de zones de pêche : Pêches et Océans Canada

    Le dossier sur les baleines noires en 2018 (Baleines en direct)

    Le dossier sur les baleines noires en 2017 (Baleines en direct)

    La fiche signalétique de la baleine noire (Baleines en direct)

    Le dossier 2019 en dates

    4 juin: Découverte d’une carcasse de baleine noire. Elle sera identifiée comme Wolverine, un mâle né en 2010.

    7 juin: Nécropsie de la baleine noire. Les analyses n’ont pas permis de trouver une cause de décès.


    7 juin 2019 | Nécropsie d’une baleine noire : pas de cause de décès trouvée

    Après une journée intense de nécropsie, le ministère des Pêches et des Océans du Canada a annoncé ne pas avoir trouvé pour le moment la cause du décès. Des analyses plus poussées permettront peut-être d’y voir plus clair. Les résultats pourraient n’être disponibles que dans plusieurs mois.

    Les baleines noires de l’Atlantique Nord se décomposent très rapidement après le décès. La carcasse de la baleine noire a été trouvée dans le golfe du Saint-Laurent le 4 juin dernier, avant d’être remorquée vers le rivage de l’ile Miscou, au Nouveau-Brunswick. La nécropsie a été compliquée par l’état de la carcasse. Néanmoins, les examens ont permis d’exclure un empêtrement récent ou une collision fatale comme cause de mortalité.

    Des équipes spécialisées de vétérinaires, de biologistes et de spécialistes des mammifères marins de Pêches et Océans Canada, de la Marine Animal Response Society, de l’Atlantic Veterinary College de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’Université de Montréal ont collaboré à la nécropsie.

    Une nécropsie est l’équivalent d’une autopsie chez les humains. Elle permet d’analyser en profondeur l’animal. C’est grâce aux nécropsies que les vétérinaires spécialisés ont pu conclure qu’en 2017, sur les douze baleines noires trouvées mortes, deux étaient décès étaient liés à l’empêtrement dans du matériel de pêche, quatre décès étaient liés à des collisions avec des navires et un décès restait de cause inconnue.


    6 juin 2019 | En route vers une première nécropsie de baleine noire en 2019

    La baleine noire de l’Atlantique Nord identifiée comme Wolverine devrait être analysée vendredi matin, sur l’ile de Miscou, au Nouveau-Brunswick. La nécropsie nécessitera l’apport de près de vingt personnes et de machineries lourdes. Une baleine noire peut mesurer jusqu’à 17 mètres et peser jusqu’à 70 tonnes. La manipulation d’une telle carcasse n’est donc pas aisée.

    La carcasse de la baleine noire a été repérée le 4 juin dernier lors d’un survol aérien effectué par la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) à environ 50 milles nautiques entre la péninsule gaspésienne et l’ile Miscou. Elle se trouvait dans une zone de pêche fermée par prévention des empêtrements depuis le 17 mai. Le 5 juin, un navire de la Garde côtière canadienne, le NGCC A. LeBlanc, a entrepris le remorquage de la carcasse vers le Nouveau-Brunswick. Après une traversée de près de 13 heures, le navire se trouve avec la baleine près de la côte en attente de la nécropsie qui devrait avoir lieu le 7 juin.

    Une nécropsie est l’équivalent d’une autopsie chez les humains. Elle permet d’analyser en profondeur l’animal. C’est grâce aux nécropsies que les vétérinaires spécialisés ont pu conclure qu’en 2017, sur les douze baleines noires trouvées mortes, deux étaient décès étaient liés à l’empêtrement dans du matériel de pêche, quatre décès étaient liés à des collisions avec des navires et un décès restait de cause inconnue. Pour le moment, les observations de la carcasse de Wolverine n’ont pas permis de déterminer la cause ni le moment exact du décès.

    Des équipes spécialisées de vétérinaires, de biologistes et de spécialistes des mammifères marins de Pêches et Océans Canada, de la Marine Animal Response Society, de l’Atlantic Veterinary College de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’Université de Montréal collaboreront à la nécropsie. Les résultats des analyses pourraient prendre plusieurs mois avant d’être disponibles.

    En juin 2017, une nécropsie de baleines noires avait demandé la collaboration de plusieurs équipes et l’utilisation de machinerie lourde. Cette collaboration recommence encore cette année. © Pêches et Océans Canada

    La baleine noire s’appelait Wolverine

    L’équipe du New England Aquarium a identifié la baleine noire. Il s’agit de Wolverine, un mâle né en 2010 de la femelle 3123. Il devait son nom aux trois grandes cicatrices à la base de sa queue, héritée d’une collision avec une hélice de moteur alors qu’il avait 5 ans. Durant les cinq premières années de sa vie, Wolverine a été vu empêtré trois fois, deux empêtrements considérés comme mineurs et un modéré, selon les standards développés par le New England Aquarium. Cet individu a été vu en 2017 et en 2018 dans le golfe du Saint-Laurent.

    Les cicatrices de Wolverine, liée à une collision avec une hélice de moteur © Sheila McKenney/Associated Scientists of Woods Hole/Marineland Right Whale Project

     Un écosystème en changement

    Une partie de la population des baleines noires de l’Atlantique Nord passait traditionnellement les étés dans la baie de Fundy. Depuis 2017, la baie de Fundy semble moins fréquentée et une augmentation majeure des observations de baleines noires a été notée dans le golfe du Saint-Laurent. En 2017, douze carcasses de baleines noires ont été trouvées dans le golfe. Des mesures d’atténuation des risques d’empêtrement et de collisions ont été instaurées d’urgence durant l’été. En 2018, des mesures ont aussi été appliquées. Aucune carcasse n’a alors été trouvée. Encore cette année, des zones de réduction de vitesse et de mesures d’atténuation des menaces d’empêtrements ont été mises en place.