Narval (Monodon monceros)

Narval

ligne décoration
  • Numéro d’identification

    Inconnu

  • Sexe

    Mâle

  • Naissance

    Inconnue

  • Connu depuis

    2016

Traits distinctifs

Pour distinguer le narval des bélugas, on peut noter sa peau mouchetée et sa grande dent torsadée. Pour le reconnaitre année après année, il faut observer les agencements des taches sur son dos et son cou. Attention! Le patron de coloration des narvals évolue avec le temps, ce qui pourrait le rendre plus difficile à identifier hors de tout doute au fil des ans.

Son histoire

Depuis 2016, ce narval nage parmi des bélugas du Saint-Laurent. Il est toujours observé en compagnie d’autres bélugas. Il semble bien intégré dans la société des bélugas.

Le narval et le béluga sont les deux seules espèces qui font partie de la famille des monodontidés, dans le sous-ordre des baleines à dents. Le narval n’a qu’une seule dent qui pousse en torsade et peut mesurer jusqu’à 300 cm chez le mâle adulte. Cette dent caractéristique est trouvée chez les mâles, et à l’occasion chez les femelles. Au Centre d’interprétation des mammifères marins, on peut soulever une dent de narval de 176 cm et de 15 livres (6,8 kilos). Cousins, les bélugas et les narvals partagent des traits caractéristiques. Ces deux espèces vivent dans les régions arctiques et subarctiques et ont une distribution circumpolaire, c’est-à-dire tout autour du pôle Nord. Ils sont caractérisés par l’absence de nageoire dorsale sur le dos. Ils ont plutôt une crête dorsale qui serait peut-être une adaptation à la vie en eau froide. En effet, la nageoire dorsale chez les cétacés, dépourvue de couche de graisse, est reconnue pour servir à évacuer la chaleur. Cette crête dorsale chez les monodontidés servirait entre autres à casser la glace afin de remonter à la surface.

Les bélugas et les narvals sont très sociables. Grégaires, on les voit plus souvent en groupe.

Les projets de photo-identification de narvals sont rares. Dans le cadre d’une étude en Arctique, les chercheuses Marianne Marcoux (Pêches et Océans Canada) et Marie Auger-Méthé (Université Dalhousie) se sont fiées aux entailles dans la crête dorsale des animaux pour les différencier, puisque le patron de coloration évolue chez les narvals avec les années – contrairement au rorqual bleu par exemple, chez qui les mosaïques mouchetées sont permanentes.

2017
2018
narval nageant sur le dos
2020
dent de narval
2020
narval avec bélugas
2020
2019
2019

Historique des observations dans l’estuaire

2016
2017
2018
2019
2020

Années pendant lesquelles l’animal n’a pas été observé Années pendant lesquelles l’animal a été observé

Dernières nouvelles issues des publications Portrait de baleines

Un dos moucheté contraste avec la blancheur des bélugas nageant devant le site d’observation terrestre Pointe-Noire, à Baie-Sainte-Catherine, le 4 aout. L’assistante de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Laurence Tremblay, pointe la lentille de sa caméra sur le groupe. Grâce à sa focalisation, elle croque le portrait d’un narval!

Les bélugas et le narval s’activent près de la surface. Les corps se frôlent, se touchent, se bousculent presque. La canine gauche torsadée du narval s’élève dans les airs. Chez un narval adulte, elle peut atteindre la taille respectable de 2,5 mètres! Mais le narval qui nage dans le Saint-Laurent depuis 2016 n’en a pas encore une aussi grande.

Des bélugas donnent des coups de bassin au narval, un comportement appelé en anglais «pelvic thrust». Est-ce que cette accolade pelvienne est une pratique à la reproduction? Une forme de «poignée de main» pour une clique de bélugas? Un mouvement tout simplement agréable à effectuer? Voilà le genre de question pas si facile à élucider qui intéresse l’équipe de recherche du GREMM.

Le 5 aout, le narval est observé dans le parc national du Fjord-du-Saguenay, dans la baie Sainte-Marguerite.

Par Camille Bégin Marchand

Le narval a encore été identifié cette année à quelques reprises. Il n’a pas de code, car il s’agit du premier individu de son espèce ayant été photo-identifié dans l’estuaire. Le narval se distingue par sa coloration sombre mouchetée qui fait contraste à la coloration blanche quasi uniforme des bélugas avec lesquels il se trouve. Autre différence avec les bélugas : sa «défense», qui est en fait l’incisive gauche bien visible. Cette dent encore courte n’émerge pas souvent hors de l’eau. La taille de la dent indique qu’il s’agirait probablement d’un juvénile. Les assistants de recherche du GREMM ont comparé les photos des deux flancs de l’individu observé cette année avec les photos des deux dernières années. La coloration évoluant chaque année chez le narval, ce sont généralement les entailles dans la crête dorsale qui permettent de l’identifier. Dans le cas de cet individu, les taches près du cou et autour de la crête étaient encore présentes et ont permis de confirmer qu’il s’agit bien du même narval observé depuis 2016. Pour l’instant, nous n’avons pas encore regardé si le narval est vu avec les mêmes bélugas chaque année ni à chaque observation.

Le narval et le béluga sont les deux seules espèces qui font partie de la famille des monodontidés, dans le sous-ordre des baleines à dents. Le narval n’a qu’une seule dent qui pousse en torsade et peut mesurer jusqu’à 300 cm chez le mâle adulte. Cette dent caractéristique est trouvée chez les mâles, et à l’occasion chez les femelles. Au Centre d’interprétation des mammifères marins, on peut soulever une dent de narval de 176 cm et de 15 livres (6,8 kilos). Cousins, les bélugas et les narvals partagent des traits caractéristiques. Ces deux espèces vivent dans les régions arctiques et subarctiques et ont une distribution circumpolaire, c’est-à-dire tout autour du pôle Nord. Ils sont caractérisés par l’absence de nageoire dorsale sur le dos. Ils ont plutôt une crête dorsale qui serait peut-être une adaptation à la vie en eau froide. En effet, la nageoire dorsale chez les cétacés, dépourvue de couche de graisse, est reconnue pour servir à évacuer la chaleur. Cette crête dorsale chez les monodontidés servirait entre autres à casser la glace afin de remonter à la surface.

Les bélugas et les narvals sont très sociables. Grégaires, on les voit plus souvent en groupe. Jusqu’à maintenant, aucun hybride de béluga et de narval n’a été confirmé. Vers la fin des années 80, un crâne découvert dans l’ouest du Groenland appartenant à une baleine à dent a soulevé des hypothèses dans la communauté, mais aucune conclusion n’a pu être émise. [Mise à jour 2020: cette découverte a pu être confirmée, il y a bel et bien un hybride narval-béluga]

Par Audrey Tawel-Thibert

Pour ce numéro, la formule conventionnelle de Portrait de baleines est assouplie à l’occasion de la présence confirmée d’un visiteur tout particulier : le narval en cavale aperçu l’été dernier a pointé le bout de sa dent dans le parc marin ! C’est tout à fait par hasard que l’animal fut photographié le 20 aout dernier, au large de Pointe-Noire. Notre assistant de recherche avait pris quelques clichés d’un troupeau d’environ six bélugas qui passait par là, et il en était à examiner ses photos lorsque sa collègue elle aussi à bord a remarqué un animal qui contrastait par sa robe sombre et mouchetée. Les doutes furent rapidement dissipés : c’était bien un narval !

Les projets de photo-identification de narvals sont rares. Dans le cadre d’une étude en Arctique, les chercheuses Marianne Marcoux (Pêches et Océans Canada) et Marie Auger-Méthé (Université Dalhousie) se sont fiées aux entailles dans la crête dorsale des animaux pour les différencier, puisque le patron de coloration évolue chez les narvals avec les années – contrairement au rorqual bleu par exemple, chez qui les mosaïques mouchetées sont permanentes.

«Il faudra d’autres séries de photos pour un suivi à long terme de l’animal», ajoute Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM. Soulignons au passage que, bien que la tentation puisse être grande d’aller jeter un œil à notre hôte tout spécial, ce dernier semble s’être greffé à un groupe de bélugas. Cela signifie qu’aucune entorse au respect des mesures prescrites ne saurait être justifiée par la présence du narval. La distance minimale de 400 m entre les embarcations et les bélugas – même si le narval les accompagne – demeure obligatoire. Merci de protéger cette population en danger !

Pour revenir à notre visiteur exceptionnel, il a fallu scruter le patron de pigmentation pour valider qu’il s’agissait du même individu que celui documenté l’an dernier : les marques distinctives autour de la tête et du cou du narval ont servi de référence puisqu’en un an, elles sont restées inchangées. « Nous n’avons pas de catalogue de narvals. Il y en a beaucoup au Canada (150 000). De plus, les narvals n’ont pas beaucoup de diversité génétique, alors ce n’est pas possible d’utiliser la génétique pour déterminer d’où vient ce narval », précise Dre Marcoux.