Un autre mastodonte s’échoue aux Îles de la Madeleine

  • © Adrien Bénard
    © Adrien Bénard
    22 / 09 / 2015 Par Josiane Cabana
    © Léonard Chevarie

    © Léonard Chevarie

    On se souviendra de la baleine noire de l’Atlantique Nord qui s’était échouée sur les dunes de l’Ouest au début d’août; cette carcasse était dans un état de décomposition avancée, à un point tel qu’il avait fallu soumettre les photos à plusieurs spécialistes pour confirmer l’espèce. Cet échouage avait été relié avec la baleine rapportée à la dérive dans ce secteur le 13 juillet, l’individu au numéro de code 3923, une jeune femelle âgée de 6 ans. Les ossements de cette carcasse ont intéressé l’équipe de l’Aquarium des Îles qui évalue la faisabilité de les récupérer avant qu’ils ne soient emportés par les grandes tempêtes d’automne.

    Le 14 septembre dernier, une situation similaire se produit: un témoin repère une énorme carcasse à l’est de Pointe-aux-Loups, sur les dunes du Nord. La baleine est visible de la route, mais est en partie immergée. Des photos envoyées par un agent des pêches et par des bénévoles permettent de confirmer qu’il s’agit d’un rorqual commun, la deuxième plus grosse espèce de baleine. Il est aussi possible de confirmer qu’il s’agit d’une femelle.

    © Marie-Hélène Bénard-Déraspe

    Échantillon de peau/gras/muscle prélevé © Marie-Hélène Bénard-Déraspe

    Les rorquals échoués morts sur les rives du Saint-Laurent font l’objet d’un projet de recherche par le ministère Pêches et Océans Canada. Lorsque les ressources le permettent, on tente de récupérer un échantillon de peau, de gras et de muscle ainsi qu’une portion des fanons s’ils sont toujours attachés à la mâchoire de la carcasse. Dans ce cas-ci, c’est une bénévole d’Urgences Mammifères Marins qui a procédé à l’échantillonnage en collaboration avec le ministère. Dans des conditions plutôt difficiles, la bénévole agile et motivée, accompagnée d’une collègue, a coupé un morceau sur le flanc de l’animal et a arraché une portion des fanons. Ces tissus serviront à des analyses sur les mouvements et l’écologie alimentaire des grands rorquals déterminés à partir de traceurs chimiques (mercure, isotopes, autres éléments traces) successivement déposés dans les fanons et sur le niveau de contaminants accumulés dans leur chaire. Une étiquette d’identification portant le numéro 401 a été posée au pédoncule et la baleine a aussi été mesurée; ce mastodonte fait près de 20m de long.

    Le bureau régional du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) évalue actuellement le dossier afin de déterminer si la carcasse doit être enlevée de la berge ou si la nature suivra son cours. C’est le deuxième cas de rorqual commun traité cette année au Réseau québécois d’Urgences pour les Mammifères Marins, le premier cas s’étant déroulé dans le parc national Forillon.