Quels parasites peuvent infester les baleines ?

  • Une lamproie parasite un béluga. © GREMM
    30 / 01 / 2019 Par Célia Baratier

    Ces géants des océans peuvent être le refuge de plus petit qu’eux. Peuplant leur peau, se nourrissant de leur sang, ou encore envahissant leurs entrailles, certains parasites peuvent vivre en harmonie avec leur hôte pendant que d’autres peuvent leur causer la mort. Les maladies parasitaires peuvent avoir une grande influence sur la santé d’individu, des populations et même de l’écosystème. Petit portrait des parasites des baleines.

    Parasites externes

    Poux de baleines

    Les «poux de mer» sont en fait des cyamides, de petits crustacés qui se nourrissent de la peau. © GREMM

    Du fait de leur apparence et de leur taille, les cyamides sont surnommés «poux de baleines». Ces petits crustacés vont se retrouver dans les fissures naturelles des baleines — comme les yeux, les lèvres, les sillons ventraux, la fente génitale — pour se protéger de la turbulence des eaux. En fait, ils ne pourraient pas vivre libres dans l’eau. Ainsi, ces poux vont se transmettre par contact et se nourrir de la peau des baleines. Chaque type de poux est associé à une espèce de cétacé. Chez les cachalots, il y a même une spécificité selon le sexe. De plus, chez les baleines noires, on retrouve trois espèces de poux — qui se posent dans les callosités —, en fonction de l’âge et la santé des individus.

    Lamproie

    Ce poisson carnivore se fixe à l’aide de sa bouche en ventouse, sur d’autres poissons ou même sur des baleines. Alors, grâce à ses dents aiguisées, il entame la peau de ses hôtes pour se nourrir de sang et autre liquide biologique. Malgré cette intrusion, il ne se semble pas infliger de blessures trop importantes chez les baleines.

    Parasites internes

    Des vers

    Plusieurs types de vers — vers épineux, ténia, nématodes — peuvent envahir les entrailles des cétacés et provoquer des inflammations de l’intestin et de l’estomac ou encore des perforations du système digestif. Certains peuvent aussi affecter le placenta, l’utérus et les glandes mammaires, d’autres peuvent se retrouver dans les reins de ces mammifères marins. Par leur présence en grande quantité, ces parasites peuvent venir à bout de leur hôte, et causer la mort.

    Des parasites terrestres retrouvés en mer

    Certains parasites protozoaires, comme Toxoplasma gondii présent dans les fèces de chat et provoquant la toxoplasmose chez les humains, peuvent se retrouver chez les baleines, comme ça été le cas chez des bélugas en Arctique mais aussi du Saint-Laurent.

    À l’inverse, certains parasites de baleines peuvent être transmis aux humains, notamment lors de la consommation de viande crue de baleines.

    Et les parasites qui n’en sont pas

    Balanes

    Les rorquals à bosse accueillent sur leur peau des balanes. © Renaud Pintiaux

    Les balanes sont des petits crustacés qui, à leur dernier stade larvaire, se fixent à une surface, comme un quai, une roche ou même une baleine. Elles ont tendance à trouver refuge sur les baleines lentes, comme la baleine noire ou le rorqual à bosse. Une fois fixées, elles sécrètent leur carapace et vont se nourrir en filtrant l’eau avec leurs pattes.

    Diatomée

    Ce rorqual commun a la peau couverte de diatomée. © GREMM

    Certaines baleines semblent plus dorées que d’autres. Ces taches de couleurs sont causées par la présence de diatomées, de petites algues microscopiques. Leur enveloppe de silice, qui les protège, luit au soleil. Ces plaques apparaissent et disparaissent — on ne peut donc pas s’en servir pour la photo-identification — et elles se forment au cours de la migration des baleines.

     

    Sources

    Les parasites (Baleines en direct, 2013)

    Pourquoi le rorqual à bosse a plus de balanes que les autres baleines ? (Baleines en direct, 2013)

    Un parasite terrestre se loge chez les bélugas de l’arctique (Baleines en direct, 2014)

    (2015) Endo- and ectoparasites of large whales (Cetartiodactyla: Balaenopteridae, Physeteridae): Overcoming difficulties in obtaining appropriate samples by non- and minimally-invasive methods. Hermosilla C, Silva LMR, Prieto R, Kleinertz S, Taubert A, Silva MA. International Journal for Parasitology: Parasites and Wildlife. 4(3):414-420.

    Quand l’anchois tue la baleine (L’Express, 2008)

    (2018) Toxoplasma gondii infection in stranded St. Lawrence Estuary beluga Delphinapterus leucas in Quebec, Canada Iqbal A, Measures L, Lair S, Dixon B (2018) Dis Aquat Org 130:165-175

     


    Célia Baratier a rejoint le GREMM cette saison comme naturaliste au CIMM et rédactrice pour Baleine en direct. Diplômée d’une maitrise en environnement et en communication scientifique, elle aime jouer avec les savoirs (et les mots !) pour partager et conter les aventures des baleines.