En plein cœur de la saison des naissances chez le béluga du Saint-Laurent, la sensibilisation auprès du public bat son plein. Pour l’équipe de Parcs Canada, cette sensibilisation prend entre autres la forme de visites dans les marinas et de patrouilles en mer à la rencontre de navigateurs et navigatrices, de juin à septembre. Afin de mieux comprendre les raisons et les impacts derrière ces échanges essentiels avec les plaisanciers et les plaisancières, l’équipe de Baleines en direct est allée sur le terrain pour observer directement comment se déroule une patrouille de sensibilisation.

Un premier contact important

« Bonjour [nom du bateau], vous allez bien? », demande Valérie Busque, agente d’éducation du public en diffusion externe pour Parcs Canada, à un couple en train de diner sur le pont de leur embarcation en ce bel après-midi de juillet. Vêtue de son uniforme de travail et d’une veste de flottaison individuelle, Valérie circule sur les quais dans l’objectif de repérer les bateaux de plaisance nouvellement amarrés aux quais de la marina de Tadoussac. Lorsque de nouveaux visages – et de nouveaux bateaux – sont identifiés, elle se présente et plonge dans le vif du sujet : « Connaissez-vous les réglementations en vigueur dans le parc marin? »

L’objectif de ce contact avec le public est de le sensibiliser à l’impact que peut avoir sa présence dans l’habitat des baleines. C’est, du même coup, l’occasion d’expliquer aux plaisanciers et plaisancières le rôle qu’ils et elles peuvent jouer dans la protection des mammifères marins. Ces patrouilles de sensibilisation servent aussi à rappeler les distances et vitesses à respecter, ainsi que les zones dans lesquelles faire preuve de vigilance, dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent.

En plus du béluga, dont le statut est « en voie de disparition », d’autres espèces de mammifères marins en péril, comme le rorqual bleu et le rorqual commun, fréquentent ces eaux. Peu importe le type d’embarcation de plaisance (kayak, planche à pagaie, voilier ou bateau à moteur), certaines règles de navigation doivent être respectées.

En 2017, le Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent a été modifié. C’est sur ce règlement que se basent les patrouilles de sensibilisation de Valérie et de son équipe. Cette dernière peut d’ailleurs compter sur les collègues gardes de parc durant la saison estivale pour effectuer en parallèle un travail de prévention en mer.

Il arrive que les personnes rencontrées aient l’habitude de naviguer dans le secteur, ou encore qu’elles aient déjà rencontré une autre personne de l’équipe de Valérie en cours de journée. Dans ce cas-ci, la discussion se déroule différemment. Il s’agit surtout de tenter de combler les lacunes en matière de règlements : en d’autres mots, laisser les gens poser leurs questions et donner des explications par la suite! Si c’est une première navigation dans le parc marin, davantage de détails seront donnés sur les limites de vitesse, les distances à respecter et les zones fermées à la navigation, afin que tout le monde soit à l’aise de poursuivre sa route dans le respect des espèces qui fréquentent cette aire marine protégée.

Entre collaboration et messages de sensibilisation

Depuis quelques années, Parcs Canada, le Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), le Réseau d’observation de mammifères marins (ROMM) et Pêches et Océans Canada (MPO) s’associent pour la réalisation d’une campagne de sensibilisation sur le béluga du Saint-Laurent. L’objectif? Partager un même message cohérent autour de la protection du béluga, surtout dans la période de l’année où les naissances surviennent, pour aider à leur conservation et à leur protection.

Alors que des kiosques d’information se tiennent à quelques endroits en cours d’été, d’autres communications sur les bélugas et les réglementations à respecter en leur présence défilent sur les réseaux sociaux. Des patrouilles sur le terrain sont également réalisées afin d’entrer directement en contact avec le public, comme le fait Valérie. En bref, la collaboration est primordiale quand vient le temps de protéger les espèces menacées!

Des mesures de protection pour des espèces fragiles

Le béluga, le rorqual bleu et le rorqual commun, trois espèces qu’on peut observer dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent, ont des statuts particuliers. Les deux premières sont en voie de disparition, alors que la dernière a un statut « préoccupant ». Ce sont entre autres ces informations qu’explique Valérie à d’autres navigateurs et navigatrices rencontré·e·s en cours d’après-midi. Elle leur rappelle également les distances à respecter et les manœuvres à réaliser si ces animaux croisent notre chemin. Saviez-vous qu’il est interdit de s’arrêter en présence de bélugas et qu’il faut, en tout temps, garder une distance minimale de 400 mètres entre eux et vous? Et que la baie Sainte-Marguerite est interdite à la navigation entre le 21 juin et le 21 septembre?

Valérie souligne aussi l’interdiction de faire voler des drones dans tout le secteur du parc marin, de même que l’interdiction de faire de la motomarine. À l’aide de cartes, elle en profite pour indiquer que le secteur actuellement couvert par le parc marin est en voie d’être agrandi : l’objectif étant toujours d’assurer une meilleure protection pour les espèces menacées qui le fréquentent.

Après avoir parlé de la formation Naviguer dans l’habitat des baleines, qui permet aux plaisanciers et plaisancières de se former – et s’informer – sur les bonnes pratiques à adopter en présence de baleines, que l’on soit en kayak, en planche à pagaie ou encore en voilier ou en bateau à moteur, Valérie conclut en prenant en note quelques informations sur les embarcations rencontrées. Puis, c’est un départ pour une autre discussion avec d’autres enthousiastes de la navigation! Mission : contribuer à la protection des baleines, une discussion à la fois.

Reportage terrain - 18/8/2026

Odélie Brouillette

Odélie Brouillette s’est jointe à l’équipe du GREMM comme rédactrice et naturaliste en 2022 et est chargée de projets en communication scientifique depuis 2023. Biologiste de formation, elle aime apprendre et communiquer aux autres ce qui lui tient à cœur. Fascinée depuis toujours par les milieux marins et les baleines, elle souhaite, par la sensibilisation et la vulgarisation, contribuer à leur protection.

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