Réduction de vitesse pour tous les bateaux dans certains secteurs, interdiction de pratiquer certaines activités, précisions sur la définition du dérangement des mammifères marins, voilà quelques modifications apportées au Règlement sur les activités en mer dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent depuis le 1er janvier 2017. Le but : mieux protéger les mammifères marins, et plus spécialement les espèces en péril, comme le rorqual bleu et le béluga.

La première mouture du Règlement, adopté en 2002, a été mise à jour après de vastes consultations auprès de représentants des communautés autochtones, des municipalités, des organismes régionaux et des groupes de recherche. Les changements affectent tous les usagers du parc (plaisanciers, entreprises d’excursion en mer, groupes de recherche, etc.). En voici un résumé.

Modifications affectant le grand public

· À l’embouchure de la rivière Saguenay, toutes les embarcations doivent réduire leur vitesse à 15 nœuds (précédemment 25 nœuds).

· Les motomarines, aéroglisseurs et sports nautiques de traction (ski nautique, wakeboard, tubes) sont interdits dans les limites du parc. Les changements de vitesse et les trajectoires irrégulières causent un risque de collision trop élevé pour les mammifères marins, plus particulièrement pour les bélugas et leurs nouveau-nés.

· La direction du parc peut fermer l’accès à certains secteurs lors de période précise. Avant une visite au parc marin, il vaut mieux vérifier si des avertissements ont été émis sur leur site internet.

· Le pilote d’un bateau, à l’exception d’une embarcation à propulsion humaine comme un canot ou un kayak, ne peut demeurer stationnaire et doit naviguer à une vitesse constante d’au moins 5 nœuds et d’au plus 10 nœuds s’il se trouve à moins d’un demi-mille marin (926 m) d’un béluga. Cette mesure vise à éviter le dérangement des bélugas dans leurs activités vitales (se nourrir, se reposer, élever les petits, mettre bas, etc.)

· Il est interdit d’entrer dans l’eau dans le but de nager ou d’interagir de quelque façon que ce soit avec les mammifères marins.

Si vous allez en croisière

Afin de réduire l’impact sur les cétacés lors des activités organisées d’observation, certaines modifications ont été instaurées. Les pilotes de bateau d’excursion et les guides de kayak de mer doivent désormais suivre une formation obligatoire sur le Règlement et réussir un examen annuel de connaissances afin d’obtenir une attestation pour opérer dans le parc. Le nombre de bateaux d’excursion en mer pouvant être dans une zone d’observation a été limité à dix afin de diminuer le stress sur les mammifères marins. Si le capitaine du navire ou le guide du kayak vous donne une consigne, respectez-la. Leurs directives visent à protéger les baleines.

Rappel

· Une distance d’au moins 400 m doit être conservée en tout temps avec les espèces en péril (bélugas et rorquals bleus) et d’au moins 200 m avec les autres cétacés.

· Il est interdit de survoler le parc marin avec un drone.

· Il est interdit de toucher ou de nourrir un mammifère marin.

· Toute collision avec un mammifère marin doit être signalée au 1 866 509-9888.

· Le respect du Règlement participe à la protection des mammifères marins qui visitent le fiord du Saguenay et le fleuve Saint-Laurent. Chaque usager du parc peut donc jouer un rôle important dans la conservation des espèces.

Pour plus de détails sur le Règlement sur les activités en mer:

Visitez le site Internet du parc marin

Consultez le dépliant du Règlement

Consultez le règlement

Actualité - 4/4/2017

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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