Avez-vous déjà entendu un petit rorqual s’alimenter en surface? Quel vacarme! On entend d’abord un souffle puissant et presque simultanément un éclaboussement fracassant. Même les yeux fermés, on pourrait repérer la baleine qui s’alimente ainsi. Et quand le petit rorqual replonge sous la surface, le silence devient tendu. Devant la pointe de l’Islet, à Tadoussac le 20 juillet, une employée du GREMM guette la prochaine sortie du petit rorqual. Nouveau souffle, nouvelle gerbe d’eau. À nouveau le silence. Puis, le petit rorqual sort à nouveau, cette fois avec un souffle plus calme. Le repas est terminé, il poursuit son chemin.

La veille, à Baie-des-Sables, un petit rorqual cause lui aussi un vacarme en sautant devant le village. Si on pense qu’un saut «bombe» dans une piscine fait du bruit, alors que dire d’un corps de 6 à 8 tonnes qui s’écrase sur l’eau… Un autre petit rorqual a bondi devant Pointe-des-Monts. «C’est tranquille côté espèce, mais quand on a un petit rorqual qui saute pendant deux-trois heures, alors là, c’est bien!», confirme un observateur.

Les petits rorquals ne sont pas les mammifères marins les plus jacasseurs. Dans l’estuaire du Saint-Laurent, le petit rorqual vocaliserait même moins que le rorqual commun. Il produit des sons de basses fréquences, parfois sous forme d’impulsions ressemblant à des grognements, d’autres fois sous forme de pulsations. Il n’est pas réputé produire des sons à l’extérieur de l’eau.

Les plus vocaux dans le Saint-Laurent sont sans contredit les bélugas. Surnommés canaris des mers pour leur vaste répertoire vocal, les bélugas peuvent produire des sons audibles à l’extérieur de l’eau. Le 17 juillet, à la pointe de l’Islet, à Tadoussac, une autre employée du GREMM profite acoustiquement du passage d’une dizaine de bélugas. «C’est la première fois que j’en entends. Je suis vraiment impressionnée», raconte-t-elle, imitant les cris, les grognements et autres sons étranges difficiles à décrire en mots.

Une autre espèce de baleine est réputée pour ses vocalisations: le rorqual à bosse. Dans le Saint-Laurent, les rorquals à bosse ne chantent pas ou très peu. Le chant chez les rorquals à bosse serait davantage associé à la reproduction. Et puisque durant la saison estivale, l’occupation principale est l’alimentation, les longues vocalises complexes ne sont pas produites. Par contre, les rorquals à bosse communiquent quand même lorsqu’ils sont ici. Aux oreilles humaines parviennent parfois quelques grognements et de puissants souffles.

À d’autres moments, ce qui parvient à nos oreilles sont les grands sauts du rorqual à bosse. Le 16 juillet, un observateur habituellement à Sept-Îles fait un tour dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Lors d’une croisière, il assiste, au large des Escoumins,aux sauts, claquements de queue et claquements de nageoires pectorales du rorqual à bosse H858, surnommé «Queen».

Au large de l’ile Bonaventure, le 22 juillet, un rorqual à bosse s’élance dans les airs, mais trop loin des humains qui observent les sauts pour en entendre les claquements. Les fous de Bassan qui peuplent l’ile, eux, se font bien entendre…

Le 21 juillet, les stridents dauphins à flancs blancs ont fait une apparition remarquée au large du cap Gaspé, en Gaspésie. Les dauphins sifflent et émettent des clics, entre autres sons. Ils ont même des signatures vocales individuelles, qui permettraient de les distinguer les uns des autres.

Et le requin pèlerin croisé le 18 juillet au large du cap Gaspé, vocalise-t-il? Eh non, les requins n’ont pas d’organe leur permettant d’émettre des sons. Alors à moins de claquer la queue ou de faire crier les humains (de peur ou d’excitation), les requins sont parfaitement silencieux…

Où sont les baleines cette semaine? Voilà ce que nos collaborateurs et collaboratrices ont vu!

Ces observations donnent une idée de la présence des baleines et ne représentent pas du tout la répartition réelle des baleines dans le Saint-Laurent. À utiliser pour le plaisir!

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Cette carte représente un ordre de grandeur plutôt qu’un recensement systématique.

Observations de la semaine - 23/7/2020

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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