Avec les grands rorquals… et les gorges déployées

  • Un rorqual à bosse ouvre grand la gueule pour engouffrer ses proies. © GREMM
    09 / 09 / 2019 Par GREMM

    Par Maude-Émilie Bourque

    28 aout 2019, ma dernière journée comme assistante de recherche bénévole pour le GREMM cette saison. Cela fait déjà trois mois que j’observe et photographie les grands rorquals qui visitent le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Des observations incroyables de rorquals à bosse, de petits rorquals et de rorquals communs ont été chose du quotidien, sans oublier un bel instant avec un rorqual bleu. Quel privilège de côtoyer les géants!

    La matinée annonce une belle croisière avec une mer d’huile et une couverture nuageuse minimale. Départ à 7h, nous sommes seuls sur l’eau à la recherche de souffles. Nous sommes assez chanceux qu’en peu de temps, nous apercevons au loin deux jets de condensation : des souffles de baleines. Arrivée sur le site, je repère deux individus rorquals à bosse. Je suis prête à prendre des photos de leurs flancs et de leurs queues pour l’identification. Créatures imprévisibles qu’elles sont, elles nous réservent un autre genre d’observation, une que je n’avais pas encore eu la chance de faire. Nos deux grandes gracieuses sont en alimentation à la surface et il y a visiblement une grande abondance de nourriture à proximité. Elles voguent paresseusement et ouvrent grand leur gueule, dévoilant leurs fanons pour engouffrer un nuage de ce que nous croyons être du krill.

    Les sillons ventraux sont distendus lorsque la gorge du rorqual à bosse se remplit d’eau. © GREMM

     

    Parfois parties en plongée peu profonde, les baleines laissent des bulles dans leur sillage. Ces trajets de bulles ne sont pas aussi structurés que ceux que j’avais visionnés dans des vidéos qui expliquaient le «bubble-net feeding». Cette technique de chasse consiste à relâcher sous l’eau des séries de bulles d’air en encerclant un regroupement de proies. Les proies se retrouvent alors piégées pour que la ou les baleines puissent prendre de grandes bouchées sans que la nourriture se disperse trop. Elles s’alimentent ainsi efficacement. Peut-être que nos deux individus s’adonnaient à ce type de technique? Ce serait assez plausible, considérant qu’elles remontaient constamment à la surface la bouche ouverte et la gorge distendue.

    Vue aérienne d’un rorqual à bosse utilisant la technique des filets de bulles © Duke Marine Robotics And Remote Sensing Lab (Flickr)

    Dans des moments d’activités intenses, il n’est pas rare de voir d’autres comportements comme des coups de nageoires pectorales et caudales (la queue). Comme étudiante en biologie avec un intérêt particulier pour les mammifères marins, de voir ces comportements avec une telle proximité n’a qu’avivé ma curiosité et ma passion pour ces magnifiques animaux qui ont encore tant à nous apprendre.

    H858 a claqué sa queue à la surface. © GREMM

     


    Maude-Émilie Bourque s’est jointe à l’équipe du GREMM cette année. Dans le cadre du programme de recensement photographique des grands rorquals du parc marin, elle recueille photos et données à bord des bateaux d’excursion. Elle partage aussi ces informations avec l’équipe de rédaction de Baleines en direct.