Voir les baleines en mer, maintenant possible à Tadoussac

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    08 / 05 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    Certains excursionnistes ont entamé leur saison en mer dans la région de Tadoussac lors de la dernière fin de semaine d’avril. Malgré le fort vent qui brassait les passagers, «la toute première sortie en mer a été magique», souligne une naturaliste de longue date qui n’en était pas à sa première croisière en mer! Une lumière idéale, des oiseaux par milliers, des phoques gris près du phare du haut-fond Prince et des bélugas à l’horizon au moment où les observateurs scrutent la chute du Caribou-Qui-Pisse – sa couleur orangée, due à une zone marécageuse qu’elle traverse, rappelle l’urine du cervidé – qui se trouve dans le fiord du Saguenay; des conditions idéales pour rencontrer une première fois les baleines du Saint-Laurent ou tout simplement les revoir après un hiver.

    La chute du Caribou-Qui-Pisse © GREMM

    Du côté de la Gaspésie, un excursionniste de Grande-Grave prépare sa saison qui débutera sur l’eau le 1er juin. Le «nez collé aux bateaux» qu’il «renippe», il fouille de temps à autre du regard la baie de Gaspé pour espérer y découvrir un souffle, une queue ou un dos, mais sans succès cette semaine.

    À Franquelin, notre collaboratrice déclare: «qu’il commence à avoir de l’action» dans son secteur. Le 29 avril, elle aperçoit deux petits rorquals et deux rorquals communs. Le 2 mai, l’un des deux petits rorquals qu’elle observe s’élance plusieurs fois hors de l’eau, et «son ventre blanc en feu» rougit sous l’effet de cet effort physique exigeant! Le lendemain, l’équipage du crabier le RéAlice découvre à son tour une baleine qui réalise ce comportement de haute voltige. Un petit rorqual? L’animal est trop loin pour que l’espèce soit confirmée.

    À Tadoussac, les dos blancs des bélugas passent tout près du rivage, bien visibles pour les employés du Centre d’interprétation des mammifères marins, le 28 avril. Rapidement, une photo est prise. Elle permettra d’identifier la femelle Athéna, une vieille connaissance des chercheurs du GREMM rencontrée la première fois en 1989. À l’époque, elle était déjà toute blanche, ce qui signifie qu’elle avait déjà au moins 12 ans, puisque le passage du gris au blanc chez les bélugas survient entre l’âge de 12 et 16 ans. Les bélugas vivent jusqu’à 60 ans, voire 80. Athéna pourrait donc être née dans les années 1950!

    À Cap-à-l’Aigle, dans Charlevoix, un observateur remarque un troupeau de six bélugas tout près des caps rocheux. Il distingue aussi des phoques communs bien installés sur les rochers découverts à marée basse.

    En mer ou sur terre, la saison d’observation est bel et bien lancée et les baleines sont au rendez-vous!