Une queue mystérieuse

  • Queue de rorqual à bosse (archive) © GREMM
    16 / 02 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    La « mystérieuse » queue photographiée à Godbout © Jacques Varin

    Le 4 février, un résidant du secteur de Godbout en Côte-Nord immortalise sur pellicule la queue d’un rorqual à bosse. Il envoie cette photo à l’équipe du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), en espérant que l’individu soit « démasqué », car la queue des rorquals à bosse n’est pas seulement un moteur qui les propulse vers l’avant, mais c’est aussi leur « visage ». La photo passe des mains de l’équipe du GREMM à celle de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS), qui gère le catalogue des rorquals à bosse du Saint-Laurent, mais sans succès, l’identité du géant demeure un mystère.

    Reconnaître les baleines repose sur l’observation minutieuse de photos prises dans des conditions idéales. C’est ce qu’on appelle la photo-identification. Les photos sont analysées avec soin, comparées avec celles de plusieurs individus et finalement appariées selon une série de critères rigoureux. L’une des « signatures » individuelles des rorquals à bosse est le patron de coloration noir et blanc sous leur queue. Chez le rorqual bleu, la peau est une véritable mosaïque unique qui se décompose en différents tons de bleu. Pour d’autres espèces, les distinctions sont plus subtiles et peuvent inclure la forme de la nageoire dorsale, des marbrures, des imperfections de la peau, des cicatrices et des déformations. L’ordinateur peut être utile pour accélérer et faciliter le traitement des photos, mais en fin de compte, c’est toujours l’œil humain qui tranche! Avec les années, cet exercice devient une seconde nature pour les chercheurs. En mer, ils reconnaissent instantanément un grand nombre d’individus, qui leur semblent être de vieux compagnons. Le rorqual à bosse vu récemment à Godbout est peut-être un nouveau venu. Un chercheur du MICS soulève l’hypothèse qu’il s’agit peut-être d’un jeune.

    Ailleurs, dans le Saint-Laurent, ce sont surtout les phoques du Groenland qui ont retenu l’attention des collaborateurs: parfois des petits groupes dans l’eau, comme à Franquelin, parfois des centaines d’individus sur la banquise, tel à Sept-Îles.