Tour d’horizon, de l’estuaire au golfe

  • Percé
    Le rocher Percé en plein hiver © Claude Robillard (Flickr)
    16 / 03 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    L’hiver est une accalmie pour les observateurs de mammifères marins. Toutefois, nombreux sont-ils à avoir les yeux rivés vers le large, constamment à l’affut, et lorsque la vie fait surface, ils s’empressent de nous raconter ce moment. Qu’ont-ils vu dernièrement ?

    « Des phoques du Groenland et un béluga entre Les Escoumins et Tadoussac », mentionne une résidante des Escoumins. Elle remarque ces mammifères marins au travail, étant une pilote du Saint-Laurent.

    Une impression de déjà vu pour notre collaboratrice de Franquelin qui, trois jours après avoir vu un rorqual bleu, aperçoit de nouveau l’un de ces géants tout près de la côte. Excitée, elle sort pour entendre le souffle assourdissant du mastodonte; une explosion sonore faisant faire quelques bonds à son cœur. Une observatrice de Baie-Comeau découvre aussi un rorqual bleu au large de sa résidence le 11 mars. L’animal est seul et se promène d’est en ouest. « La glace est rare devant chez nous ; cela me permet de faire de belles observations », souligne-t-elle.

    Pour un officier de navigation travaillant dans l’estuaire maritime, les conditions de glace changent de jour en jour : une journée, c’est un champ de glace qui s’étend à perte de vue, le lendemain : les eaux sont complètement libres. Cet hiver, il n’a vu aucune baleine.

    Parlant de glace… Celle-ci est essentielle aux phoques du Groenland, dont plusieurs sont vus le long du rivage de la Côte-Nord. Ces phoques arrivent dans le Saint-Laurent au moment de sa formation pour repartir vers l’Arctique lorsqu’elle disparait. Très bientôt, ils quitteront temporairement l’estuaire pour la mise bas des jeunes sur la banquise au large des iles de la Madeleine. La naissance et la survie des jeunes dépendent de la présence et des conditions de la glace.

    Si la glace semble peu présente le long de la Côte-Nord, nos collaborateurs de Gaspésie dressent un tout autre portrait du Saint-Laurent. « Des blocs de glace », c’est ce que voit notre observateur de Sainte-Thérèse-de-Gaspé dans ses jumelles. À Rivière-au-Renard : rien en vue, « la glace rejoint même l’horizon », exprime un collaborateur. Un garde-parc naturaliste du parc national de l’Ile-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé décide de faire l’ascension du mont Saint-Anne à Percé. Une fois là-haut, il aperçoit plusieurs garrots, des eiders à duvet et des goélands, mais aucune baleine. Puis, à Baie-des-Sables, nos observateurs ont troqué leurs observations habituelles de petits rorquals pour celles de dauphins en gagnant la chaleur de la Floride.