Retour des grands rorquals en Côte-Nord hivernale

  • © GREMM
    03 / 02 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    Longs de 15 à 20 mètres, lourds de 35 à 100 tonnes, les grands rorquals nagent sous la surface de l’eau, ne laissant pour seul indice de leur passage qu’un souffle qui perdure quelques instants dans les airs, à condition que les vents soient faibles ou absents. Ces derniers jours, l’excellente visibilité, le peu de vent et l’absence de glace ont permis à plusieurs observateurs de la Côte-Nord de repérer ces grands souffles. Ces souffles sont le résultat de la condensation de l’air chaud et humide qui sort des poumons des rorquals et entre en contact avec l’air glacial extérieur.

    À Sept-Îles, des souffles « hauts et droits » sont rapportés par différents témoins les 28, 30 et 31 janvier. Rorquals communs ou rorquals bleus? Le souffle de ces deux espèces se décrit comme une colonne de quatre à six mètres de haut — même parfois plus de six mètres pour le rorqual bleu — qui peut se voir et s’entendre à plusieurs kilomètres de distance. À Godbout, le 1er février, deux à quatre grands rorquals sont également aperçus. L’espèce exacte n’a pas été identifiée, les animaux se trouvant à environ cinq kilomètres de la côte.

    À Franquelin, le 29 janvier, une collaboratrice repère deux grandes colonnes rectilignes distinctes. Elle soupçonne deux rorquals communs. Plus tard cette même journée, à Franquelin, un ornithologue arpente la pointe Paradis lorsqu’un souffle lointain accroche son regard. Muni de son télescope, il découvre quatre grands rorquals dont deux lui semblent être des rorquals à bosse. Il n’observe pas la queue, car les animaux ne plongent pas, mais il aperçoit leurs longues nageoires pectorales blanches hors de l’eau. Il pense même entrevoir l’un des deux lobes de la queue de l’un des deux individus effleurer la surface de l’eau. S’alimentent-ils? Possible. Les rorquals à bosse sont des engouffreurs qui se nourrissent de crustacés et de petits poissons (hareng, capelan, lançon). L’intense activité des derniers jours dans le secteur de Franquelin  — baleines, phoques et oiseaux (environ 800 garrots, goélands, harles huppés, guillemots à miroir et canards noirs et colverts) — nous donne de sérieux indices quant à la quantité de nourriture dans ces eaux.