Du crabe frais dans les comptoirs, un signe qui ne trompe pas

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    30 / 03 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux -

    La saison de pêche au crabe des neiges commence; c’est le début de la saison des «soupers de crabe». Pour certains, c’est même LE signe annonciateur du printemps.

    Zones de pêche au crabe des neiges © Pêches et Océans Canada

    Au petit matin, le 29 mars, notre collaboratrice de Franquelin distingue au large non pas un souffle de baleines, mais la silhouette des crabiers qui sortent pour la première fois alors qu’il fait encore nuit. Ils partent de Portneuf-sur-Mer, des Escoumins, de Rimouski et de Matane pour arpenter la zone 17 qui s’étend entre Tadoussac à Pointe-des-Monts sur la Côte-Nord et jusqu’à Saint-Anne-des-Monts en Gaspésie. Contrairement aux autres zones de pêche de la Côte-Nord, où les quotas sont à la baisse cette année, la zone 17 est marquée par une augmentation des prises de 25 %, car le crabe y est abondant et qu’il arrive à maturité. Les périodes de pêche et les quotas varient selon les zones à la suite des analyses des scientifiques de Pêches et Océans Canada sur l’état de santé des différents stocks. Le Canada, le plus grand producteur de crabe des neiges au monde, récolte les deux tiers de l’approvisionnement mondial.

    Le froid et la glace restent des incontournables de la pratique de la pêche dans le Saint-Laurent au mois d’avril. Les capitaines travaillent entre autres avec des tables de refroidissement éolien: s’il fait trop froid, les crabes «perdent» leurs pattes au moment où on les sort de l’eau! De plus, le mouvement des glaces et les possibles tempêtes les maintiennent sur le qui-vive.

    Les pêcheurs de crabe ne sont pas les seuls à entamer leur saison. La pêche à la crevette s’amorce dès le mois d’avril et, depuis la semaine dernière, des pêcheurs, au départ de Tadoussac, cherchent l’oursin; un fruit de mer prisé aux États-Unis et en Asie. Rappelant les cueilleurs de petits fruits, les pêcheurs-plongeurs ramassent au fond de l’eau des «grappes» d’oursins broutant les algues abondantes aux abords des battures qui flanquent l’entrée du fiord du Saguenay. Sur le bateau, l’équipage attend le retour des plongeurs et scrute les eaux, à la recherche des dos étincelants des bélugas ou le grand souffle des rorquals.

    Ces pêcheurs sont aux premières loges pour observer les baleines. Au fil des années, ils nous ont raconté plusieurs histoires: des festins de rorquals bleus à deux pas du bateau, un épaulard approchant un crevettier et bien plus! Que nous relateront-ils cette année? Nous attendons avec hâte leurs récits.

    Une rumeur confirmée

    La semaine passée, un collaborateur de Rivière-au-Renard rapportait la rumeur de deux rorquals à bosse dans la baie de Gaspé le 22 mars. La rumeur n’est plus: un aubergiste de Cap-aux-Os, collaborateur de longue date de Baleines en direct, confirme avoir vu ces deux rorquals pendant deux jours la semaine passée. Puis, au moment même où ces lignes s’écrivent, l’observateur de Rivière-au-Renard appelait pour nous informer qu’il regardait ses premières baleines de 2017: deux rorquals communs à environ trois kilomètres de la côte.