Une saison bien remplie pour 1-877-7BALEINE, et pas terminée!

  • Les bénévoles d'Urgences Mammifères Marins font des centaines d'interventions sur le terrain chaque année. // Volunteers of Marine Mammals Emergencies take part in hundreds of interventions every year. © David Guimont
    21 / 11 / 2019 Par Collaboration spéciale

    Par Méduline Chailloux

    La saison estivale est désormais terminée pour l’année 2019. Il est temps pour le Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins de faire un bilan et de se préparer pour l’hiver.

    Depuis le 1erjanvier 2019, le Centre d’appels Urgences mammifères marins a reçu 654 appels qui se sont concrétisés en 274 cas de baleines ou de phoques morts ou en difficulté. L‘écart entre le nombre d’appels et le nombre de cas réside dans le fait qu’il peut y avoir plusieurs appels pour un seul cas. De plus, un appel n’aboutit pas nécessairement en un cas, par exemple lorsqu’un appel signale un oiseau.

    Mais qu’est-ce qu’un cas? Il s’agit de toute situation où l’on nous signale un mammifère marin mort, en difficulté ou en péril immédiat à cause de sa condition physique, de sa situation géographique ou d’un comportement humain.

    La documentation de l’ensemble de ces cas et la récolte des données scientifiques n’auraient pas été possibles sans l’aide précieuse des témoins qui nous ont contactés et des bénévoles qui nous ont aidés sur le terrain tout au long de l’année. Merci à eux pour leur coopération et leur motivation!

    Voici une courte sélection de cas survenus cet été

    Le globicéphale noir de l’Atlantique est une espèce observée peu fréquemment dans les eaux du fleuve Saint-Laurent. Cette espèce reste davantage au large, dans la région du golfe. Mais il arrive parfois de retrouver des individus sur les rives québécoises comme cela a été le cas le 29 mai à Gaspé. Des échantillons ont été prélevés sur la carcasse, ce qui permettra d’en apprendre un peu plus sur cet individu.

    Le phoque barbu se prélassait sur un quai à Trois-Rivières. © Sylvie Meunier

    Entre le 23 juillet et le 4 aout, un phoque barbu s’est déplacé entre Trois-Rivières et Verchères. S’il n’est pas rare d’observer des phoques parfois jusqu’à Montréal, c’est plus surprenant dans le cas du phoque barbu, une espèce arctique. Le pinnipède semblait en bonne condition physique, se déplaçait et mangeait normalement.

    Le 25 aout, une baleine à bec de Sowerby s’est échouée vivante sur les rives de l’ile Verte. Cette espèce très peu connue a finalement repris le large. Un cas vraiment hors du commun!

    Les baleines noires de l’Atlantique Nord, tout comme les bélugas du Saint-Laurent, font partie des espèces en voie de disparition. Cet été encore, huit carcasses ont été retrouvées dans les eaux canadiennes et une neuvième a été observée dans les eaux des États-Unis. Six carcasses ont été signalées à Urgences mammifères marins ainsi que deux empêtrements dans des engins de pêche. La dernière baleine empêtrée à nous avoir été signalée vivante dans les eaux du Saint-Laurent a finalement été retrouvée morte aux États-Unis. Cet individu était mieux connu sous le nom de Snake Eyes.

    Une baleine à bec de Sowerby s’est approchée dangereusement des côtes en aout. © Jérémie Boucher-Fontaine

    Le 7 septembre, une carcasse de rorqual bleu a été observée à la dérive. Cette espèce est également en voie de disparition. Il est souvent difficile d’échantillonner ou de nécropsier ces animaux, car ils ont une plus grande tendance à couler lorsqu’ils meurent en mer. Il est donc moins aisé d’avoir une bonne idée du taux de mortalité dans le Saint-Laurent. Cette année, une seule carcasse a été signalée au Québec et une autre au large de la Nouvelle-Écosse.

    La saison se termine sur une note positive: un dépêtrement de rorqual à bosse a eu lieu au large de Gaspé le 21 septembre. Les agents des pêches du secteur ont réussi à déprendre la baleine de ses cordages. Pour plus de détails sur l’évènement, consultez l’article Une intervention de dépêtrement pour un rorqual à bosse en Gaspésie.

    Toujours actifs malgré la neige!

    La grande majorité des cas surviennent entre mai et octobre, mois pendant lesquels la présence de mammifères marins est à son maximum dans le Saint-Laurent. C’est aussi le moment où les riverains fréquentent le plus les berges et le large. Néanmoins, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins et son centre d’appels restent vigilants même au cœur de l’hiver. Chaque année, entre novembre et avril, nous recevons environ 80 appels et nous traitons une quarantaine de cas.

    Vous voyez un phoque ou une baleine en difficulté ou vous trouvez une carcasse? Composez sans tarder le 1-877-7baleine (1-877-722-5346).


    Méduline Chailloux s’est jointe au GREMM en 2018 comme naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins. Sa soif de partager et d’apprendre des histoires de baleines l’a amenée à revenir en tant que chef-naturaliste en 2019 et à devenir répondante au Centre d’appels d’Urgences Mammifères Marins. Depuis septembre 2019, elle est responsable par intérim du Centre d’appels.