Même si notre saison de photo-identification des grands rorquals touche à sa fin, les baleines sont toujours omniprésentes à l’intérieur du parc marin. Le début septembre a par ailleurs été marqué par l’arrivée d’une nouvelle baleine à bosse et de son baleineau. Découverte à l’intérieur du parc marin, entre l’ile Verte et l’ile Rouge, cette baleine à bosse a une caudale qui n’était pas familière aux habitués de l’estuaire. Mais qui es-tu, belle inconnue ?

Finalement, après avoir analysé sa caudale, nous avons pu la reconnaitre dans le catalogue de la Station de recherche des iles Mingan (MICS) : il s’agit de H753, aussi appelée aussi Bad Chemistry.

Est-ce sa première visite dans le parc marin Saguenay–Saint-Laurent ? C’est possible. Mais on pourrait aussi supposer qu’elle soit déjà venue sans que des yeux aguerris ne l’observent. Or, niveau discrétion, ces derniers jours, c’est raté ! On peut dire qu’elle a même marqué les esprits. Bien qu’elle ait tendance à ne nous montrer que faiblement les belles nuances noires et blanches de sa grande caudale, elle n’a pas manqué de nous étonner par ses prouesses.

Pour les plus chanceux, Bad Chemistry entrait en ébullition et nous a offert des comportements qui font rêver tous ceux qui viennent tenter l’expérience d’une croisière aux baleines. Entre sessions de « lobtailing » (coup de caudale à la surface de l’eau), de Flipper slapping (coup de pectorales) ou encore des « breachs » à répétitions. Les visiteurs qui ont pu vivre ces moments privilégiés ne l’oublieront pas de sitôt.

Mais pourquoi fait-elle ça ?

Peut-être cherchait-elle à communiquer avec d’autres individus. Ou encore était-elle en pleine séance d’enseignement à son baleineau ? Lançait-elle un message pour nous avertir de sa présence ? Ou encore sautait-elle pour se débarrasser de parasites ? Difficile à dire.

Mais certaines études ont pu mettre en avant diverses hypothèses. Vous pouvez trouver plusieurs informations sur la question du public : pourquoi sauter hors de l’eau quand on pèse plus de 30 tonnes ?

Queue de rorqual
Pour identifier un rorqual à bosse, il faut observer le patron de coloration sous la nageoire caudale. © GREMM
Rorqual
© GREMM
Bad Chemistry en plein «lobtailing»
Bad Chemistry en plein «lobtailing» © GREMM
Bad Chemistry en plein «lobtailing»
Bad Chemistry en plein «lobtailing» © GREMM
Bad Chemistry en plein saut, qu’on appelle «breach».
Bad Chemistry en plein saut, qu’on appelle «breach». © GREMM
Carnet de terrain - 19/9/2017

Équipe du GREMM

Dirigée par Robert Michaud, directeur scientifique, l’équipe de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) étudie en mer les bélugas du Saint-Laurent et les grands rorquals (rorqual à bosse, rorqual bleu et rorqual commun). Le Bleuvet et le BpJAM quittent chaque matin le port de Tadoussac pour récolter de précieuses informations sur la vie des baleines de l’estuaire du Saint-Laurent.

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