Un Sommet et une Semaine pour le Saint-Laurent

  • 06 / 06 / 2013 Par Christine Gilliet – Mots et Marées - /

    Des décisions ont été prises au Conseil des gouverneurs des Grands Lacs pour protéger le fleuve des espèces envahissantes, et les gouvernements concernés vont collaborer. Quant à la Fondation David Suzuki, elle organise la première Semaine du Saint-Laurent, du 7 au 15 juin, avec des activités pour le célébrer et mieux le connaître.

    Lors du Sommet régional du Conseil des gouverneurs des Grands Lacs, qui s’est tenu la semaine dernière dans l’État du Michigan aux États-Unis, huit gouvernements des États-Unis et ceux du Québec et de l’Ontario ont pris des décisions pour mener des actions concrètes dans les domaines de la gestion de l’eau, du contrôle des espèces exotiques envahissantes, du transport maritime et du développement de l’espace économique de la région des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent.

    Les espèces envahissantes représentent un enjeu majeur, pour lequel il s’agit de prévenir l’introduction de nouvelles espèces dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent et de limiter la propagation de celles déjà établies. La liste des espèces les plus indésirables, qui a été rendue publique pendant le Sommet, compte la carpe asiatique, le gobie à taches noires et la moule zébrée parmi une centaine d’espèces déjà présentes dans le fleuve et plus de 180 dans les Grands Lacs. Ces espèces provoquent des dommages parfois irréversibles aux écosystèmes en détruisant les espèces indigènes et la biodiversité. Elles nuisent à l’économie, entre autres à la pêche commerciale et sportive.

    Les États et les provinces déclarent à l’issue du Sommet être prêts à collaborer pour mettre en place des réseaux de détection et de suivi communs, ainsi que le partage de l’information et de l’expertise pour réduire la prolifération de ces espèces. Une harmonisation des politiques concernant les eaux de ballast des navires sera mise en œuvre. Des mesures efficaces, prises par le gouvernement états-unien et l’État de l’Illinois, ont permis d’intercepter des centaines de milliers de tonnes de carpes asiatiques remontant le Mississippi.

    Mieux connaître et se rapprocher du fleuve Saint-Laurent

    La Fondation David Suzuki (FDS), Stratégies Saint-Laurent (SSL) et leurs vingt partenaires lancent la première Semaine du Saint-Laurent du 7 au 15 juin 2013 en proposant aux Québécoises et aux Québécois une panoplie d’activités destinées à redécouvrir les beautés du fleuve et à renouer avec lui, de Montréal jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine. Figurent au calendrier des activités culturelles, conférences, expositions et visites guidées, pêche, randonnées en kayak et barbecues mettant en vedette les produits de pêcheries durables.

    Cette Semaine vise à favoriser la conscientisation et la participation des collectivités riveraines à la protection, à la réhabilitation et à la mise en valeur du Saint-Laurent. Elle constitue une nouvelle occasion de faire connaître les organismes dont le mandat est d’améliorer la santé du fleuve.

    Long de 1 200 km, le Saint-Laurent, qui prend sa source dans les Grands Lacs et se jette dans l’Atlantique, est un milieu extrêmement riche et diversifié, en termes d’habitat et de faune, mais aussi complexe et fragile. L’eau douce de sa portion fluviale constitue la ressource en eau potable pour la moitié de la population québécoise. L’estuaire maritime et le golfe sont le garde-manger des mammifères marins et l’habitat des bélugas qui y vivent toute l’année. Avec sa voie maritime, il permet l’accès aux navires marchands et leurs marchandises à toute l’Amérique du Nord. Pour les activités récréatives, on peut aussi bien s’y baigner, naviguer en voilier et en kayak.

    Malgré les efforts déployés depuis une vingtaine d’années et des résultats encourageants obtenus dans la diminution de certaines sources de pollution, le Saint-Laurent doit faire face à plusieurs enjeux et menaces, comme l’émergence de nouveaux contaminants persistants, le manque d’oxygène dans l’estuaire maritime et le golfe, l’augmentation du trafic maritime et du risque de collision pour les mammifères marins, ainsi que le projet d’implantation d’une industrie d’exploitation d’hydrocarbures dans le golfe.

    Sources: Huffington Post, Le Devoir, Gaïa Presse, La Presse, Portail du Québec, Fondation David Suzuki.

     

     

     

     

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