Tandis qu’il s’alimentait en surface, un rorqual de Bryde a accidentellement happé un plongeur, qui s’est retrouvé, de la tête à la taille, dans la bouche de la baleine ! Au moment des évènements, le plongeur travaillait sur un documentaire sur la migration des sardines au large de l’Afrique du Sud. L’incident a donc été filmé par l’équipage du bateau.

Il s’en est heureusement sorti sain et sauf : en quelques secondes, la baleine a ouvert la bouche, libérant ainsi le plongeur. La baleine aurait-elle pu, par malheur, avaler le plongeur ?

Le rorqual de Bryde est une baleine à fanons qu’on retrouve dans les eaux tropicales. Il peut atteindre 15 mètres de longueur. Comme le rorqual bleu ou le rorqual à bosse, il s’alimente par filtration : il ouvre grand la bouche dans un banc de poissons, l’eau s’engouffre dans sa poche ventrale qui prend de l’expansion. Ensuite, tout en refermant sa mâchoire, le rorqual expulse l’eau. Les proies sont ainsi piégées dans la bouche de la baleine grâce aux fanons, qui forment un filtre. Le rorqual de Bryde mange des crustacés et des petits poissons comme le maquereau, le hareng et la sardine.

La mésaventure du plongeur n’aurait probablement pas pu se terminer dans le ventre de l’animal. En effet, puisque l’œsophage des baleines est adapté à la taille de leurs proies, un humain ne peut pas aboutir dans leur estomac. Mais les conséquences auraient pu être tout aussi graves. La mâchoire des baleines étant très puissante, le plongeur aurait pu subir des fractures. Encore, le plongeur aurait pu se noyer en étant pris trop longtemps.

La meilleure manière d’éviter les accidents est de garder ses distances avec les baleines. D’ailleurs, le règlement sur les mammifères marins de Pêches et Océans Canada interdit de s’approcher volontairement d’un mammifère marin à moins de 100 mètres de distance et interdit de nager dans le but d’interagir avec un mammifère marin.

Les baleines en questions - 13/3/2019

Jeanne Picher-Labrie

Jeanne Picher-Labrie a rejoint l’équipe de Baleines en direct en 2019 et est maintenant naturaliste au Centre d’interprétation des mammifères marins à Tadoussac. Étudiante au baccalauréat en biologie, elle est depuis toujours émerveillée par la nature. Elle en apprend chaque jour un peu plus sur les mammifères marins du Saint-Laurent et souhaite partager sa fascination grâce à la vulgarisation scientifique.

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