Un phoque nordique à Contrecoeur

  • Jeune phoque du Groenland, Contrecoeur, 12 janvier 2015
    © Daniel Harnois
    14 / 01 / 2015 Par Josiane Cabana

    Malgré les froids qui sévissent sur le Québec, des pêcheurs de la région de Contrecoeur, en bordure du fleuve Saint-Laurent, ne se font pas prier pour amorcer leur saison de pêche sur glace. Ce lundi 12 janvier, une certaine compétition semblait s’être installée à la pourvoirie de l’Association de Chasse et Pêche de Contrecoeur : dans les trous de pêche, on ne retrouvait pas que les brimbales des taquineurs de poissons mais aussi la tête d’un jeune phoque du Groenland qui venait y respirer ou qui se servait de cette voie libre de glace pour se hisser sur l’épaisse banquise.

    Piégé par la glace

    Présent dans le secteur depuis près d’une semaine, ce jeune animal nordique s’est trouvé dans une position plutôt inquiétante et a été jugé piégé par la glace, une cause naturelle. Le pinnipède avait un accès très restreint à l’eau comme les trous étaient entretenus par les pêcheurs le jour et que la nuit, les températures figeaient uniformément la banquise. De plus, l’animal devait parcourir plus de 5 km pour rejoindre la voie maritime, séparée par une île.

    Dans ces conditions, le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins a jugé bon d’envoyer sur le terrain une équipe constituée de techniciens et de vétérinaires de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal afin d’évaluer l’état de l’animal. Selon le diagnostic des spécialistes, le phoque aurait pu être relocalisé si on avait jugé qu’il était suffisamment en bonne condition pour rejoindre son aire de distribution dite « habituelle », soit en aval de l’estuaire. Une fois l’équipe disponible au le lendemain matin, le phoque n’était plus sur la banquise. Aucune intervention n’a donc été nécessaire.

    Que faire si vous croisez un phoque?

    La présence de phoque sur les berges ou sur la banquise de glace intrigue bien souvent les riverains et inquiète parfois. Les phoques sont des mammifères marins amphibies qui partagent leur vie entre la terre et la mer. Ainsi, un phoque hors de l’eau n’est pas nécessairement un animal en difficulté. Il est donc important de ne pas tenter d’approcher le phoque; maintenez toujours une distance d’au moins 50 m avec lui, il peut se déplacer rapidement sur la terre ferme malgré son allure malhabile et peut même être agressif, mordre et transmettre des maladies même s’il donne l’impression d’être peu farouche.

    Vous souhaitez aider?

    • Respectez le phoque en étant discret, en évitant les attroupements et en minimisant le stress en restant à distance.
    • Gardez les chiens en laisse et évitez de déranger le phoque. S’il s’agit d’un animal malade, il a besoin de calme pour que son état s’améliore.
    • N’essayez pas de le nourrir, de le déplacer, de l’arroser, de le toucher. Il est illégal d’importuner un mammifère marin et ces gestes peuvent empirer sa situation.
    • Documentez visuellement la situation par des photos et vidéos. Des jumelles peuvent être utiles pour repérer des détails comme des blessures, des écoulements au niveau de ses yeux, etc.
    • Signalez votre observation au 1-877-7baleine (1-877-722-5346) si vous êtes témoin d’une situation anormale comme la présence d’une blessure apparente, d’une situation inquiétante ou de comportements répréhensibles de la part des gens face à l’animal. Des bénévoles d’Urgences Mammifères Marins peuvent se déplacer en cas de besoin pour sensibiliser le public ou des équipes spécialisées peuvent intervenir si l‘animal est menacé.
      • Jeune phoque du Groenland, Contrecoeur, 12 janvier 2015
      • © Daniel Harnois