Trois carcasses de bélugas s’ajoutent au compte de l’année

  • 30 / 07 / 2015 Par Josiane Cabana

    Avant les deux incidents rapportés le 25 juillet dernier, six bélugas avaient été retrouvés morts depuis le début de l’année, dont une femelle morte de dystocie (mise bas problématique).
    Samedi le 25 juillet, deux autres carcasses de bélugas sont signalées à la dérive à moins de deux heures d’intervalle. En matinée, c’est un pêcheur au chalut qui confirme qu’une carcasse de béluga se trouve à cinq milles nautiques de la côte de Sainte-Anne-des-Monts. La carcasse est fraiche, mais les ressources pour la remorquer à terre sont limitées. Un avis de vigilance est diffusé par la Garde Côtière canadienne, mais aucun autre bateau n’a croisé sa route.

    Un peu après l’heure du midi, un collaborateur du Réseau, l’équipe du Mériscope, contacte le 1-877-7baleine pour rapporter une carcasse de béluga femelle, très fraîche, en plein cœur de la voie maritime dans l’estuaire, à 15 milles de Longue-Rive, sur la Côte-Nord. Selon la description du chercheur Dany Zbinden, les oiseaux n’avaient presque pas «picossé» la carcasse. La fente génitale semble particulièrement dilatée aux dires du chercheur, un élément qui sera intéressant de documenter grâce à la nécropsie. Après près de quatre heures de remorquage à basse vitesse, la carcasse a été attachée au port des croisières et des bateaux pilotes aux Escoumins. Le lendemain matin, la carcasse a pris la route, direction Faculté de médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe.

    «Un jeune bien seul»

    «Pour cette femelle béluga, c’est une histoire un peu triste, comme la plupart des bélugas qui arrivent ici en fait», explique le vétérinaire André Dallaire de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal. Les résultats de la nécropsie pour cette 8e carcasse de béluga confirment que la femelle est aussi morte de dystocie. «Il y avait vraiment plusieurs litres de sang dans la cavité abdominale et une lacération d’au moins 10 cm de longueur présente dans la paroi de l’utérus. Le bébé a donc été expulsé, mais les observations au niveau du corps utérin supportent encore dans ce cas-ci une mise bas difficile. Elle avait commencé à produire du lait au niveau des deux glandes mammaires. Il y a donc un nouveau-né bien seul ces derniers jours», détaille M. Dallaire.

    Un nouveau-né béluga s’échoue

    © Lyne Morissette

    Mercredi 29 juillet, 16 h, Sainte-Flavie: le Centre d’appels d’Urgences Mammifères Marins est rejoint par une résidente qui rapporte que des gens repoussent à l’eau un jeune dauphin qui s’est échoué vivant sur la plage. Les photos confirment par contre qu’il ne s’agit pas d’un dauphin, mais bien d’un jeune béluga nouveau-né qui roule sur la plage, visiblement en difficulté. Quelques minutes plus tard, l’animal ne respire plus. Malgré les consignes émises de ne pas intervenir auprès de la baleine, la carcasse du jeune béluga a été repoussée dans le Saint-Laurent. Chaque situation d’échouage et chaque carcasse représentent des données scientifiques précieuses; il fallait donc espérer qu’elle s’échoue de nouveau pour pouvoir la récupérer dans le but d’en faire une nécropsie complète, tenter d’expliquer pourquoi ce béluga est venu s’échouer vivant sur la berge.

    C’est précisément ce qui est arrivé. À 19 h 45, des riverains signalent la carcasse près du quai de Sainte-Flavie. Une bénévole d’Urgences Mammifères Marins se déplace dans les minutes qui suivent afin de sécuriser la carcasse pour éviter qu’elle reparte avec la marée. Ce jeudi matin, le jeune béluga est en direction de la Faculté de médecine vétérinaire pour une nécropsie.