Rappel aux pêcheurs: signalez toutes baleines empêtrées au 1-877-7baleine

  • La baleine noire nommée FDR, photographiée lors de son cinquième empêtrement, dans la Baie de Fundy, le 13 août 2016. Elle a été libérée cette journée-là par Joe Howlett et son équipe. © Campobello Whale Rescue Team
    La baleine noire nommée FDR, photographiée lors de son cinquième empêtrement, dans la Baie de Fundy, le 13 août 2016. Elle a été libérée cette journée-là par Joe Howlett et son équipe./Right whale FDR entangled for the fifth time, Bay of Fundy, August 13, 2016. It was released that day by Joe Howlett and his crew. © Campobello Whale Rescue Team
    19 / 04 / 2018 Par Josiane Cabana

    La saison de la pêche commerciale est bien amorcée. C’est le moment de l’année où Urgences Mammifères Marins rappelle aux pêcheurs que s’ils voient une baleine empêtrée dans un engin de pêche, ou morte ficelée, piégée ou à la dérive, il est important d’appeler le 1-877-7baleine avant de tenter toute intervention.

    L’équipe d’Urgences Mammifères Marins pourra, avec votre collaboration, déterminer quelles actions devront être prises. Secourir l’animal, récupérer le matériel ou récolter des données scientifiques utiles pour la protection des baleines sont des actions envisageables. Surtout, il en va de votre sécurité et de celle de la baleine.

    Petit rorqual mort empêtré, Baie-Comeau, septembre 2016 © Patrick Bourgeois

    Petit rorqual mort empêtré, Baie-Comeau, septembre 2016 © Patrick Bourgeois

    Le Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins existe depuis 2004. Il vise à secourir des mammifères marins victimes d’incidents dans les eaux du Saint-Laurent limitrophes du Québec. Le numéro sans frais et en vigueur 24/7 permet de rejoindre un responsable du Centre d’appels à Urgences Mammifères Marins qui est en contact avec des équipes spécialisées.

    Nous recensons chaque année de 3 à 20 cas de baleines prises dans des engins de pêche au Québec; certaines sont déjà mortes et certaines sont encore vivantes au moment du signalement par le pêcheur. Dans plusieurs de ces cas, des interventions ont été tentées, des baleines ont été sauvées, et les pertes d’engins de pêche ont été limitées. En aucun cas, le pêcheur ne peut être tenu responsable de l’empêtrement d’un animal dans son matériel : vous pouvez donc signaler une problématique sans avoir peur de représailles.

    En 2017, Urgences Mammifères Marins a traité 8 cas liés à des empêtrements, dont 3 cas de rorquals à bosse, 3 cas de petits rorquals et 1 cas de baleine noire dans l’estuaire et dans le golfe du Saint-Laurent. À trois occasions, des pêcheurs et gens de la mer ont trouvé les baleines empêtrées vivantes dans des cordages et ont coupé les cordes visibles avant d’appeler au numéro d’urgence.

    Ceci rappelle l’importance de renouveler le message, soit qu’il est important de ne pas agir sans avoir signalé la situation aux intervenants spécialisés. De travailler de concert avec les équipes formées et expérimentées permet de procéder, lorsqu’il est possible, à une intervention stratégique, concertée et sécuritaire, autant pour l’animal que pour vous et votre matériel.

    La sécurité avant tout

    Le rorqual commun Capitaine Crochet s’est empêtré dans un engin de pêche au crabe en juin 2013 dans l’estuaire du Saint-Laurent. © GREMM

    Le rorqual commun Capitaine Crochet s’est empêtré dans un engin de pêche au crabe en juin 2013 dans l’estuaire du Saint-Laurent. © GREMM

    Le décès l’été dernier du pêcheur Joe Howlett du Nouveau-Brunswick pendant une intervention de désempêtrement d’une baleine noire dans le golfe, nous rappelle la dangerosité d’une telle intervention. Chaque situation rapportée par les pêcheurs doit être finement analysée avant qu’un plan d’intervention soit déployé.

    Pêches et Océans Canada (MPO) est responsable de secourir les tortues et les mammifères marins en détresse. En collaboration avec des groupes voués à la conservation et des organisations non gouvernementales, le Ministère a mis sur pied des réseaux d’intervention auprès des mammifères marins dans toutes les régions maritimes du Canada sous les auspices du Programme d’intervention auprès des mammifères marins.

    Chaque cas d’empêtrement signalé à Urgences Mammifères Marins sera étudié par les équipes de Pêches et Océans Canada, et ce, pour toutes les espèces de baleines. Tout intervenant spécialisé et mandaté pour intervenir devra faire approuver son plan d’intervention par Pêches et Océans Canada et devra notamment démontrer clairement comment la sécurité des intervenants sera assurée.

    Pêches et Océans collabore aussi activement avec des experts à l’élaboration d’un programme de formation pour les intervenants qui sont appelés à agir lorsque la situation implique de grandes baleines, comme la baleine noire de l’Atlantique Nord.

    Si vous voyez une baleine empêtrée dans un engin de pêche, vivante ou morte, restez à proximité et contactez immédiatement Urgences Mammifères Marins (1-877-7baleine).

    Assurez-vous de pouvoir fournir ces informations :

    État et comportement de l’animal

    • Description de la baleine (couleur, taille, forme de la tête, des nageoires)
    • Respiration (fréquence et durée des plongées)
    • Déplacement (vitesse et direction ou surplace)
    • Vigueur et signes d’épuisement

    Précisions sur l’empêtrement

    • Comment la baleine semble prise et où sont les cordages
    • Type d’engin de pêche (couleur des cordes, bouées, casiers)
    • Quelle zone de pêche commerciale

    Emplacement

    • Localisation précise (latitude et longitude)
    • Météo et état de la mer (vagues, vent, brume, marée)

    Les équipes du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins remercient à l’avance tous les pêcheurs de leur collaboration, essentielle pour le succès de cette initiative visant à aider les baleines du Saint-Laurent.


    Josiane Cabana est directrice du Centre d’appels du Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins. Entre les cas de mammifères marins morts ou en difficulté auxquels elle répond, elle aime prendre le temps de sensibiliser les riverains aux menaces qui pèsent sur ces animaux. Biologiste de formation, elle s’implique au sein du GREMM depuis plus de 15 ans, toujours avec la même passion!