C’est dans la semaine du 11 au 15 juillet que se déroulait la deuxième année d’échantillonnage du projet de Parcs Canada en collaboration avec Pêches et Océans Canada visant à déterminer la présence d’espèces aquatiques envahissantes dans l’ensemble du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent et les eaux avoisinantes.

Toutes les activités de navigation comme la plaisance, la marine marchande et la pêche sont susceptibles d’introduire des espèces aquatiques dans de nouveaux milieux. Ces espèces deviennent des prédateurs ou des compétiteurs pour les espèces locales. Pour le moment, aucune espèce aquatique envahissante n’a été détectée dans le parc marin, mais nous poursuivons notre surveillance et nous utilisons différentes méthodes pour raffiner le portrait et statuer si des espèces envahissantes sont présentes ou non.

Pour l’an 1 de ce projet, nous avions échantillonné le fjord du Saguenay. Cette année, notre objectif était de couvrir l’estuaire moyen, plus particulièrement 5 secteurs : la portion entre l’anse du Chafaud aux Basques et Baie-des-Rochers, Saint-Siméon, Cacouna, la passe de l’île aux Lièvres et Kamouraska.

Malheureusement, la semaine commence plutôt mal avec un faux départ le lundi matin en raison du mauvais temps. S’ajoute ensuite un bris mécanique sur le bateau. Les aléas de travailler sur l’eau! La météo s’annonce enfin belle les journées suivantes et, considérant le vaste territoire à parcourir, j’estime avoir besoin de trois jours pour compléter le projet. Ce n’est que tard mardi soir, après des essais à la noirceur, que nous sommes enfin sûrs de pouvoir commencer l’échantillonnage le lendemain.

Notre premier site d’échantillonnage est devant le cap du Basque (Baie-Sainte-Catherine). Recueillir l’ensemble des données nous prend plus de 2 heures. Le premier site est toujours le plus long, car on doit finir le montage de certains équipements, ajouter un Ty-Rap ici, un bout de ruban électrique là, ajuster les cordages, les lests… Notre équipe scientifique est formée de 4 personnes : Nathalie de Pêches et Océans Canada, Eliza-Jane, Nadia et moi en plus de notre capitaine Simon. Ça nous prend un certain temps avant de nous habituer à nos rôles et responsabilités. Ma principale tâche est d’opérer le treuil hydraulique et de déployer les équipements en respectant les méthodologies et en visant les bonnes profondeurs. La journée se déroule sans anicroche et se conclue tard après avoir terminé 2 secteurs. Objectif atteint !

Jeudi, une mer d’huile nous attend. Nous prenons la direction de Cacouna. Les eaux de ce secteur sont très turbides et chargées de matières en suspension, ce qui complique un peu notre travail, mais l’équipe est maintenant « rodée ». Nous avons désormais besoin d’un peu moins d’une heure pour compléter l’ensemble des manœuvres. Vers 16h30, deux secteurs sont déjà terminés. Il reste le plus éloigné : Kamouraska. Après avoir vérifié la motivation des troupes, nous prenons la décision de poursuivre. Simon prépare une cafetière et hop, nous repartons ! Les conditions sont avec nous. Vers 19 h, voilà le dernier lieu complété. On profite alors du long retour pour télécharger les données et filtrer les derniers échantillons.

Voilà une semaine assez mémorable pour moi. Bien qu’il s’agisse de ma 10e année dans l’équipe de Parcs Canada au parc marin, c’était la première fois que je passais autant d’heures de façon intensive dans l’estuaire moyen au large des rives du Bas-Saint-Laurent et de Charlevoix. Nos suivis réguliers se déroulent davantage dans l’estuaire maritime et le fjord du Saguenay. Au fil des 2 journées, j’ai pu apercevoir des bélugas, dont de nombreux jeunes, de façon quasi continue étant données les conditions d’observation optimales. Ce secteur est aussi plus tranquille du côté de la navigation.

Voilà une semaine assez mémorable pour moi. Bien qu’il s’agisse de ma 10e année dans l’équipe de Parcs Canada au parc marin, c’était la première fois que je passais autant d’heures de façon intensive dans l’estuaire moyen au large des rives du Bas-Saint-Laurent et de Charlevoix. Nos suivis réguliers se déroulent davantage dans l’estuaire maritime et le fjord du Saguenay. Au fil des 2 journées, j’ai pu apercevoir des bélugas, dont de nombreux jeunes, de façon quasi continue étant données les conditions d’observation optimales. Ce secteur est aussi plus tranquille du côté de la navigation.

Je retiens de ces journées l’importance de rester connecté au terrain lorsque l’on travaille en conservation des ressources pour ne jamais perdre de vue l’urgence d’agir et l’importance de nos actions. Je demeure convaincu que pour favoriser le rétablissement de la population de bélugas, il est impératif de préserver et même de rehausser la relative tranquillité de ce secteur. Il est plus que temps d’accroitre la superficie protégée de l’habitat essentiel du béluga dans l’estuaire moyen!

Prochaine étape du suivi des espèces aquatiques envahissantes : rendez-vous dans l’estuaire maritime en juillet 2023!

Samuel Turgeon

Écologiste, chef d’équipe

Dans sa jeunesse, Samuel Turgeon a passé beaucoup de temps à faire de la rando-camping dans les parcs nationaux. Aujourd’hui, cela lui parait un juste retour des choses de contribuer à la conservation d’espaces naturels. Originaire de Québec, Samuel est désormais basé à Tadoussac, d’où il pilote les programmes de surveillance du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Il supervise ainsi la récolte et l’analyse des données et développe les indicateurs de suivi qui permettent de guider la gestion du parc: trafic maritime, relevés hydroacoustiques, suivi des grands rorquals, activités d’observation en mer…

Carnet de terrain - 18/8/2022

Collaboration Spéciale

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