C’est simple: en signalant une carcasse au Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM), vous contribuez à la conservation des mammifères marins et de leur milieu.

Une mine d’information pour une meilleure conservation

Le signalement de cas d’urgence ou de carcasses est la première étape vers des mesures de conservation adaptées à la réalité des espèces ou des populations concernées.

Dans la plupart des cas, les signalements du public permettent au RQUMM de prendre connaissance de l’existence d’une carcasse, puis de récolter des informations essentielles à une meilleure compréhension de l’espèce ou de la population à laquelle elle appartient. Il est important de signaler la carcasse au RQUMM dès sa découverte. Plus tôt est fait le signalement, meilleures seront les données récoltées. En effet, la putréfaction s’entame très rapidement chez les mammifères marins et réduit la qualité et la quantité d’information pouvant être prélevée sur une carcasse.

Les signalements permettent également de sonner l’alarme si des mortalités anormales ou anormalement élevées sont enregistrées. Par exemple, dans les années 2000, les signalements de carcasses de bélugas du Saint-Laurent par des citoyens ont permis aux membres du RQUMM de réaliser que cette population déclinait alors qu’on la croyait stable. En réponse à cette prise de conscience, le Comité sur la situation des espèces en péril du Canada (COSEPAC) a fait passer son statut de celui «d’espèce menacée» à celui «d’espèce en voie de disparition». Des mesures visant à protéger plus efficacement le béluga du Saint-Laurent ont pu être mises en place à la suite de ce changement.

Que se passe-t-il après un signalement?

Bien souvent, une fois que le RQUMM a pris connaissance d’un cas, des bénévoles ou des membres de l’équipe mobile du RQUMM se déplacent pour récolter de l’information. Ils photographient la carcasse et la mesurent, ce qui permet généralement de déterminer l’âge et le sexe de l’individu décédé. Ces informations peuvent aussi donner des indications préliminaires sur la condition de l’animal avant sa mort ainsi que sur les causes de son décès. Dans certains cas, des échantillons ou des nécropsies demandés par des membres partenaires du Réseau fournissent une explication plus précise sur la cause de la mort.

Les bénévoles et l’équipe mobile installent également une étiquette sur les carcasses, ce qui permet entre autres de documenter l’évolution des carcasses à travers le temps.

Canaris des mers

La mortalité et les maladies observées chez les mammifères marins peuvent parfois être un indice de la dégradation générale de leur milieu.

Par le passé, les signalements des mortalités élevées de bélugas du Saint-Laurent et l’analyse de leurs carcasses ont permis de relever la présence d’une grande quantité de contaminants rejetés par différentes activités humaines. Certains de ces contaminants affectaient aussi plusieurs autres populations (parmi lesquelles on retrouve les populations humaines locales) dont la santé est étroitement liée à celle du Saguenay et du Saint-Laurent. De nouvelles normes ont pu être mises en place de façon à améliorer l’état de santé de ces cours d’eau ainsi que de celui des populations qui en dépendent.

Sans les signalements des citoyens, ces anomalies n’auraient probablement pas été remarquées aussi rapidement.

Aidez le RQUMM dans son travail de conservation en signalant les carcasses et les mammifères marins hors secteur ou en difficulté au 1 877 722-5346.

Le béluga est surnommé « canari des mers » en raison des sons aigus qu’il produit. À l’instar de l’oiseau qui a inspiré son surnom, le béluga du Saint-Laurent a plusieurs fois témoigné de la présence de contaminants toxiques dans le milieu où il se trouve.

Source:

Cancer in wildlife, a case study: Beluga from the St. Lawrence Estuary, Québec, Canada (Martineau et coll., 2002)

Urgences Mammifères Marins - 20/7/2020

Florence Amégan

Florence Amégan est répondante au centre d’appels pour Urgences mammifères marins et rédactrice pour Baleines en direct depuis l’été 2020. Diplômée au programme Sciences, lettres et arts, elle est fascinée depuis qu’elle est haute comme trois pommes par les interactions qu’ont les baleines, tant entre elles qu’avec leur milieu.

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