Naviguer dans le brouillard

  • Le brouillard marin a freiné les activités de recherche et l’observation des baleines sur la Côte-Nord. © GREMM
    26 / 07 / 2018 Par Aurélie Lagueux-Beloin - /

    La semaine a été tranquille sur la Côte-Nord puisqu’un brouillard marin persistant a enveloppé le Saint-Laurent. Les activités de recherche et l’observation de mammifères marins ont été au ralenti.

    Le brouillard marin se forme lorsque les vents sont faibles et qu’une masse d’air chaud et humide se déplace au-dessus d’une étendue d’eau froide. La vapeur d’eau refroidit et se condense en minuscules gouttelettes. Ce phénomène, aussi appelé fumée de mer, est fréquent à certains endroits, comme l’embouchure du Saguenay, Pointe-des-Monts et Havre-Saint-Pierre, où la remontée des eaux froides maintient la température de l’eau entre 1 °C et 7 °C.

    À Longue-Pointe-de-Mingan, l’équipe de la Station de recherche des iles Mingan est restée une partie de la semaine à quai en raison de la visibilité réduite. Par beau temps, les deux embarcations de l’équipe de recherche sillonnent l’eau : trois baleines à bosse, 14 rorquals communs et un petit rorqual sont aperçus. Dans le détroit de Jacques-Cartier, ils observent deux baleines noires de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition dont il ne reste plus que 450 individus sur la planète.

    La baleine noire, espèce en péril, fréquente les eaux du Saint-Laurent. Cependant, les observations y demeurent exceptionnelles, même si elles sont plus régulières depuis 1995. © Jean Lemire

    Notre observatrice de Franquelin note la présence de quatre petits rorquals et quatre marsouins le 21 juillet. Un peu plus loin sur la côte, à Sept-Îles, une cinquantaine de marsouins s’aventurent dans la baie Sainte-Marguerite. Quatre petits rorquals sont aussi aperçus.

    Le rorqual commun Zipper est facilement identifiable avec sa cicatrice causée par une collision avec l’hélice d’un navire. © GREMM

    Entre Tadoussac et Bergeronnes, le programme de photo-identification des bélugas est freiné une partie de la semaine en raison, encore, du brouillard. Difficile de les prendre en photo sans les voir! Le secteur est toutefois propice à l’observation de quatre rorquals communs, dont Zipper qui tient sa cicatrice d’une collision avec l’hélice d’un navire, de quelques marsouins et des petits rorquals. « On ne s’ennuie pas avec ces derniers, il y a toujours de l’action! », s’exclame une assistante de recherche du GREMM. Côté rorqual à bosse, la femelle Tic Tac Toe est observée fréquemment. Calme, elle feint deux ou trois fois de plonger avant de lever la queue et de plonger pour de bon. À l’antipode de l’exubérance qu’on lui connait, ce comportement donne lieu aux spéculations : Tic Tac Toe serait-elle enceinte? Pour en avoir le cœur net, il faudrait attendre que les biologistes nous le confirment à l’aide d’une biopsie ou de la photogrammétrie.

    En Haute-Gaspésie, à Sainte-Anne-des-Monts, des observateurs guettent les baleines depuis la fin juin. Le 21 juillet, leur patience est enfin récompensée : deux rorquals (petit rorqual ou rorqual commun) visitent le côté est de l’anse de l’Échouerie. La distinction à bonne distance entre le petit rorqual et le rorqual commun n’est pas toujours évidente malgré leur taille distincte. Cependant, si on observe l’évent et la nageoire dorsale de l’animal d’un même coup d’œil, on peut déduire que c’est un petit rorqual.

    Le 19 juillet, du côté de la baie de Gaspé, au large du phare de Cap-des-Rosiers, huit rorquals à bosses, quatre petits rorquals, cinq rorquals communs et une vingtaine de marsouins sont aperçus. Dans les jours qui suivent, les rorquals à bosse désertent alors que deux rorquals bleus, une mère et son baleineau, sont observés. La paire visite la région plusieurs jours d’affilée. Un croisiériste raconte : « Nous nous sommes arrêtés, moteurs coupés, à la distance réglementaire de 400 mètres pour les observer sans les déranger, mais le petit est vraiment curieux. Il s’est approché de nous pour voir ce qui se passait de notre côté. »

    Cliquez sur les icônes de baleine ou de phoque pour découvrir l’espèce, le nombre d’individus, des informations supplémentaires ou des photos de l’observation.  Pour agrandir la carte, cliquez sur l’icône du coin supérieur droit. 

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    Cette carte représente un ordre de grandeur plutôt qu’un recensement systématique.

    Légende pour les icônes de baleine

    Gris pâle: béluga
    Gris foncé: rorqual commun
    Noir: petit rorqual
    Bleu clair: rorqual à bosse
    Bleu foncé: rorqual bleu
    Violet: baleine noire

    Rouge: narval

    Légende pour les icônes de dauphin

    Brun: marsouin commun
    Gris foncé : dauphin à flancs blancs

    Vert: dauphin à nez blanc

    Légende pour les icônes de phoque

    Gris: phoque gris
    Brun: phoque du Groenland
    Kaki: phoque commun

    Légende pour les icônes de requin

    Gris pâle: requin pèlerin


    Aurélie Lagueux-Beloin est stagiaire à la vulgarisation scientifique depuis 2018. Aimant autant faire de la science qu’en parler, elle complète sa maitrise en biologie à l’Université du Québec à Montréal ainsi qu’un certificat en journalisme à l’Université de Montréal. Aurélie est touche-à-tout et s’intéresse autant aux baleines qu’aux dinosaures en passant par les bancs de krill!