Les consultations publiques sur l’exploitation des hydrocarbures dans le golfe du Saint-Laurent débutent très prochainement

  • 29 / 09 / 2011 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Les Québécois pourront du 3 octobre au 18 novembre 2011 s´informer et se prononcer sur l´implantation de cette nouvelle industrie. Les enjeux sont majeurs pour l´avenir de cette mer semi-fermée, et pour mobiliser les citoyens, la Coalition Saint-Laurent est en tournée de conférences. Dans le golfe du Mexique, le tapis sous-marin de pétrole déversé émerge un an après la marée noire.

    L´industrie gazière et pétrolière pourrait s´installer dans le golfe à court terme avec une plateforme d´exploitation sur le site du gisement Old Harry, à 80 km des îles de la Madeleine. Elle serait la première plateforme du Saint-Laurent qui est encore vierge de toute exploitation d´hydrocarbures. Dès le printemps 2012, la province de Terre-Neuve-et-Labrador pourrait procéder aux premiers forages exploratoires sur la partie du gisement qui se trouve sur son territoire. Rappelons que Old Harry se situe sur la frontière maritime entre cette province et celle du Québec. Dans la portion québécoise, un moratoire est en vigueur et l´évaluation environnementale stratégique (ÉES2) est en cours de réalisation jusqu´à 2012.

    L´appel à la mobilisation

    Le gouvernement québécois tiendra des consultations publiques du 3 octobre au 18 novembre 2011. Le calendrier et le lieu des consultations locales ainsi que le rapport préliminaire de l´ÉES2 et son document de vulgarisation n´ont pas été diffusés sur le site Internet du gouvernement au moment de rédiger la présente actualité. La consultation en ligne sera ouverte à toute la population du Québec qui pourra se prononcer et faire part de ses commentaires avec un formulaire.

    « Il est essentiel de mobiliser rapidement les communautés côtières du golfe pour les informer sur ce dossier et les inciter à participer aux consultations publiques… Seules certaines villes côtières et insulaires seront visitées pour des séances consultatives lors de l´ÉES2. Espérons que ça fasse boule de neige auprès des Québécois qui seront consultés uniquement par le web! », explique Danielle Giroux, présidente d´Attention Fragîles et porte-parole de la Coalition Saint-Laurent. Pour convaincre les Québécois, Danielle Giroux est en train d´effectuer une tournée d´une douzaine de conférences-échanges. La tournée a débuté en Gaspésie, s´est poursuivie dans le Bas-Saint-Laurent et se termine en Côte-Nord.

    « Aux îles-de-la-Madeleine, les élus et les citoyens sont déjà très informés et préoccupés par un éventuel développement de cette industrie à proximité de leurs côtes. Il faut maintenant informer les autres communautés côtières du golfe, en particulier les élus, les pêcheurs, les autochtones, les ONG, les scientifiques, et tous les autres groupes d´intérêt et citoyens », ajoute Danielle Giroux. La Coalition réclame un moratoire et une gestion intégrée de l´ensemble du golfe, ainsi que l´impartialité des processus d´études d´impact et réglementaires.

    Dans le golfe du Mexique du pétrole et du gaz refont surface

    Selon une étude publiée le 20 septembre 2011 par le département d´ingénierie de l´Université d´Auburn, des nappes de pétrole résultant de la marée noire du golfe du Mexique d´avril 2010 sont remontées à la surface suite à la tempête tropicale Lee et se sont déposées le long des plages de l´Alabama. Les chercheurs ont trouvé dans ces nappes une signature chimique identique au pétrole déversé après l´explosion de la plateforme Deepwater Horizon. Ils déclarent que ce tapis sous-marin représente un risque à long terme pour les écosystèmes côtiers du nord du golfe du Mexique.

    D´après une autre étude menée par la Woods Hole Oceanographic Institution, une nouvelle estimation de la quantité de pétrole déversée dans le golfe du Mexique porte à 5 millions le nombre de barils; 3 millions de barils équivalent pétrole (BEP) de gaz s´y sont ajoutés. Grâce à deux instruments acoustiques installés sur un véhicule télécommandé, les chercheurs ont pu calculer la vitesse des flux rejetés, et distinguer le pétrole et le gaz. [Coalition Saint-Laurent, site éES du gouvernement du Québec, Le Soleil, Auburn University, Actualités News Environnement, MaxiSciences]

    Pour en savoir plus:

    Sur le site de la Coalition Saint-Laurent