«Côté baleines, c’est tranquille cette semaine, nous confie une habitante de Percé, mais les phoques gris sont bien présents. La nuit, de chez nous, on les entend chanter depuis la plage ou l’ile Bonaventure. C’est puissant et lancinant, on comprend bien pourquoi on les surnomme « loups marins ». »

Si l’appellation «loup marin» est ancienne et répandue, elle désigne étonnamment différentes espèces de pinnipèdes, selon les régions. Beaucoup de Québécois utilisent même ce nom pour désigner toutes les espèces de phoques qui nagent dans le Saint-Laurent. Les « loups de mer » ont donc chanté un peu partout cette semaine : à Sainte-Flavie, à Saint-Yvon, à Cap-aux-Os, à Franquelin, mais aussi au cap de Bon-Désir, où trainent quelques phoques gris et communs et au large de Tadoussac, où une trentaine de phoques communs se reposent sur les battures, offrant un concert de grognements porté par le vent.

Aux iles de la Madeleine, un riverain nous écrit que les petits rorquals et les phoques sont toujours présents cette semaine. «Comme d’habitude, souligne-t-il. En fait, on est chez eux!»

Petits dos blancs, petits dos noirs

Lundi, un petit rorqual est venu pointer sa dorsale près du quai de Baie-Comeau. Un collaborateur du GREMM nous signale aussi le passage d’un petit rorqual devant le quai de la traverse, à Saint-Siméon, lundi, et un petit dos noir dans la baie de Tadoussac mercredi matin.

Lundi, le son d’un béluga peut-être solitaire est capté au large de Cacouna, mais les observations semblent rares sur la rive sud. À l’inverse, dimanche, lundi et mercredi, des groupes allant jusqu’à 30 ou 40 bélugas sont passés au large des Bergeronnes, des dunes de Tadoussac et du côté de Baie-Sainte-Catherine.

Dans la baie de Gaspé, en début de semaine, il y avait de l’agitation : un observateur a dénombré une cinquantaine de marsouins, deux petits rorquals et six rorquals à bosse !

Des grands souffles encore présents

L’arrivée de l’hiver aura eu raison de la grande majorité des observateurs en mer, mais les grosses baleines sont encore là, au large… et parfois aussi plus près. Posté sur les rochers, aux Bergeronnes, le photographe Renaud Pintiaux voit passer presque chaque jour un groupe de trois rorquals à bosses. Au large, il repère une bonne dizaine de grands souffles, probablement des rorquals à bosses et des rorquals communs, qui continuent de s’alimenter au niveau des falaises sous-marines. «Je vois aussi trois ou quatre petits rorquals différents, qui chassent souvent le poisson au milieu des goélands et des phoques», raconte-t-il.

La vision d’un grand souffle en cette saison a le don de faire bondir les passionnés de baleines hors de leur char! Une automobiliste de Saint-Yvon s’est stationnée en urgence pour sortir ses jumelles après avoir vu un immense splash dans le fleuve, suivi d’un gros souffle en ballon: un rorqual à bosse! Anecdote comparable pour cet observateur régulier, qui roulait entre Baie-Comeau et Franquelin. «J’ai vu des dos de petits rorquals et je me suis arrêté. Mais juste quand je ferme la porte de l’auto, j’entends un gros souffle. Je vois à travers les arbres qu’il s’agit de plusieurs baleines à bosse, qui passent dans la baie, à quelques dizaines de pieds de la rive! Je cours alors comme un fou sur le bord du chemin pour atteindre une éclaircie et en voir une plonger en montrant sa queue.» Il a juste le temps de capter une vidéo, visible ici. D’après les observations, une quinzaine d’individus de cette espèce ont profité ces derniers jours des eaux calmes et poissonneuses de la baie Saint-Pancrace.

Les baleines à bosse continuent de surprendre les observateurs par leurs comportements exubérants très marqués cette année : «hier le 17 novembre à Godbout, j’ai vu passer un petit groupe de 3 à 4 baleines à bosse qui remontaient le fleuve, nous écrit un lecteur. J’ai eu droit durant une trentaine de minutes à tout un spectacle de haute voltige: elles tapaient l’eau de leurs nageoires ou plongeaient en sortant leur immense queue. Samedi dernier, nous en avons eu deux qui étaient venues dans la baie, mais elles étaient plus calmes!»

Observations de la semaine - 16/11/2021

Laure Marandet

Laure Marandet est rédactrice pour le GREMM depuis l'hiver 2020. Persuadée que la conservation des espèces passe par une meilleure connaissance du grand public, elle pratique avec passion la vulgarisation scientifique depuis plus de 15 ans. Ses armes: une double formation de biologiste et de journaliste, une insatiable curiosité, un amour d'enfant pour le monde animal, et la patience nécessaire pour ciseler des textes à la fois clairs et précis.

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