Whale Alert, une application développée pour réduire les risques de collision entre les navires et les baleines, est maintenant disponible en français. Cette application permet à ceux qui naviguent dans l’Atlantique et le Pacifique, en territoire canadien et étatsunien, d’obtenir des informations en temps réel sur la présence de baleines et les règlements en vigueur et de partager leurs observations avec les chercheurs et les réseaux d’urgence.

Pourquoi une application pour réduire les risques de collision?

Lorsque des routes maritimes chevauchent des zones d’alimentation, de reproduction ou de migration des baleines, les collisions peuvent être une menace importante pour les cétacés, comme nous le rappelle le récent cas de mortalités de baleines noires. La baleine noire de l’Atlantique Nord, une population en voie de disparition vivant le long de la côte est canadienne et étatsunienne et dont il ne reste qu’environ 500 individus, est particulièrement susceptible aux collisions, puisqu’elle passe beaucoup de temps à s’alimenter en surface à proximité des côtes. Depuis le début juin, sept baleines noires mortes ont été repérées dans le golfe du Saint-Laurentet, selon les résultats préliminaires des nécropsies réalisées, au moins deux d’entre elles semblent avoir été victimes d’une collision avec un navire, à en juger par les hémorragies présentes dans leurs tissus. Réduire les risques de collision est donc une priorité pour la protection de cette population et de plusieurs autres espèces en péril.

Au cours des dernières années, des mesures ont été mises en place pour réduire les risques de collision, dont le déplacement de routes maritimes au large de Boston et dans la baie de Fundy, ainsi que le développement d’une application gratuite pour iPad et iPhone, nommée Whale Alert.

Whale Alert a vu le jour en anglais en avril 2012 pour le territoire étatsunien. Elle a été développée, initialement, pour faciliter la compréhension et le respect des règlements en vigueur pour protéger les baleines noires, en affichant ces règlements sur des cartes nautiques faciles à lire sur téléphone intelligent et tablette. Des alertes visuelles et auditives servent également de rappel au capitaine lorsque son navire entre dans une zone de protection. Whale Alert facilite ainsi la navigation dans un réseau complexe de zones de protection et de voies maritimes qui se chevauchent et évoluent.

Depuis 2015, Whale Alert intègre des données sur plusieurs autres espèces en péril — en plus de la baleine noire — et couvre les eaux canadiennes et étatsuniennes du Pacifique et de l’Atlantique. De plus, avec la nouvelle interface bidirectionnelle, l’utilisateur peut contribuer directement à la collecte de données en signalant la présence d’animaux vivants, morts ou en détresse — des informations utiles pour les chercheurs et les gestionnaires. Et lorsqu’un animal en difficulté est signalé, cette information est envoyée au réseau d’urgences approprié.

Utilisation dans le Saint-Laurent

En rendant cette application disponible en français, les chercheurs espèrent augmenter son utilisation dans le Saint-Laurent. Depuis quelques années, moins de baleines noires sont observées dans les aires traditionnelles d’alimentation entre la Nouvelle-Angleterre et la Nouvelle-Écosse, alors qu’un plus grand nombre est observé dans le golfe du Saint-Laurent, où peu de mesures sont actuellement en place pour réduire les risques de collision. Cette application permettra aux capitaines du Saint-Laurent de localiser et de signaler la présence de baleines à l’aide de leur téléphone intelligent, prévenant ainsi de futures collisions et accélérant la mise en place de mesures d’intervention dans le cas d’une baleine morte ou en difficulté. Elle permettra également aux chercheurs d’amasser des données sur la présence de baleines noires et autres espèces en péril dans cette région — des données essentielles pour mieux comprendre ces cétacés et mettre en place des stratégies de cohabitation appropriées.

 

Pour en savoir plus et pour télécharger l’application:

Whale Alert

Actualité - 12/7/2017

Béatrice Riché

Après plusieurs années à l’étranger, à travailler sur la conservation des ressources naturelles, les espèces en péril et les changements climatiques, Béatrice Riché est de retour sur les rives du Saint-Laurent, qu’elle arpente tous les jours. Rédactrice pour le GREMM de 2016 à 2018, elle écrit des histoires de baleines, inspirée par tout ce qui se passe ici et ailleurs.

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