La fin de l’été à Urgences Mammifères Marins

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    © Sam DeChamplain
    10 / 09 / 2015 Par Josiane Cabana

    Parce que l’été tire à sa fin dans les régions côtières du Saint-Laurent, on pourrait croire que le téléphone d’Urgences Mammifères Marins sonne moins, mais il n’en est rien. Voici un compte rendu des cas traités dans les dernières semaines.

    Carcasses de petit rorqual

    Le 2 septembre, l’équipage d’un navire marchand croise au large de Sept-Îles une carcasse qui dérive. Les photos confirment la description de la témoin: il s’agit d’un petit rorqual. L’animal semble être mort depuis longtemps, son état de décomposition est avancé. On constate que des cordages verts sont enroulés autour du rostre supérieur de la baleine, ce qui laisse croire que la baleine se serait empêtrée dans un engin de pêche.

    © Louis Ruelland

    Petit rorqual échoué à Petit-Matane, 3 septembre 2015 © Louis Ruelland

    Les résidents de Petit-Matane ont été nombreux à signaler une carcasse de petit rorqual échoué le 3 septembre dernier. Il s’agissait d’une femelle adulte et l’état de fraîcheur était remarquable. Deux jours après le premier signalement, certains croyaient voir un béluga échoué sur les battures de Petit-Matane. Après validation avec l’aide de bénévoles, il a été confirmé qu’il s’agissait de la même baleine, le petit rorqual, qui avait été emportée par les marées et qu’elle s’était échouée un peu plus loin.

    Espèces de phoques

    © BisesArts.com

    Phoque barbu © BisesArts.com

    La diversité d’espèces de phoques dans le Saint-Laurent est élevée et l’équipe du Centre d’appels le constate ces derniers jours. Un phoque barbu est présent dans le fjord du Saguenay depuis la fin du mois d’août. Il semble avoir adopté un ponton dans la marina de L’Anse-de-Roche sur lequel il revient s’échouer presque quotidiennement. Les habitués de la place l’ont même surnommé «BB» en l’honneur de Brigitte Bardot, la célèbre actrice qui s’est portée à la défense des pinnipèdes.

    À Sainte-Anne-de-la-Pérade, un jeune phoque à capuchon a causé tout un émoi les 6 et 7 septembre. Le jeune animal se trouvait sur la berge ce qui a inquiété les visiteurs en vacances pour le congé de la fête du Travail. L’animal a été arrosé à plusieurs reprises et a aussi été capturé et déplacé par des riverains qui souhaitaient lui venir en aide. Grâce au travail d’un bénévole et de l’équipe du 1-877-7baleine, en collaboration avec la municipalité, un travail de sensibilisation a été fait. Le message diffusé: si vous croisez un phoque sur la berge, la meilleure façon de l’aider est de le laisser tranquille. Il est normal de voir un phoque sur le rivage se reposer. Il n’a pas besoin d’aide. Ces animaux peuvent être agressifs et mordre, et pour intervenir auprès de mammifères marins, on doit posséder un permis émis par le ministère Pêches et Océans Canada.

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    Phoque gris © Sam DeChamplain

    Des carcasses de phoques gris et de phoques communs ont aussi fait l’objet d’étude récemment; chaque carcasse signalée est mesurée, photographiée et documentée par des bénévoles d’Urgences Mammifères Marins. Si elle devient une nuisance pour les citoyens, elle peut être récupérée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), collaborateur du Réseau.

    Petites baleines

    Des marsouins communs morts ont été retrouvés dans le parc national du Bic, sur la berge à Sainte-Félicité et au large de Tadoussac, dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent. Lorsqu’il est possible d’avoir accès aux carcasses et lorsque l’état de fraîcheur le permet, ces baleines sont récupérées et font l’objet d’une nécropsie par l’équipe du Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI).

    © Tedd Greenwald

    Béluga à la dérive © Tedd Greenwald

    Un béluga, probablement un jeune de l’année, a été vu dérivant au large de Kamouraska le 1er septembre. La baleine n’a pas pu être récupérée. Un autre signalement d’un jeune béluga a été enregistré le 9 septembre en soirée; la carcasse avait été vue quatre jours plus tôt, à L’Île-aux-Coudres. Des détails supplémentaires sont attendus afin d’avoir un maximum d’informations sur la situation.