Frimas et frissons : observations d’automne

  • Dauphins à flancs blancs © Renaud Pintiaux
    Les dauphins à flancs blancs se déplacent par groupe de 5 à 500 individus! © Renaud Pintiaux (archives)
    04 / 10 / 2018 Par Marie-Ève Muller

    Sur le quai utilisé par la Station de recherche des iles Mingan (MICS) à Longue-Pointe-de-Mingan, une mince couche de frimas brille. «C’est le temps de migrer vers le Sud!», lance sur Twitter Christian Ramp, coordonnateur de la recherche, en faisant un clin d’œil aux baleines qui retourneront dans leurs quartiers d’hiver, comme son équipe de recherche. La quarantième saison sur le terrain du MICS se conclut donc cette année le 2 octobre.

    Les dauphins à flancs blancs ont approché de l’embarcation des observateurs. On voit ici leur corps en transparence. © Clara Comeau

    «C’est vraiment trop extraordinaire», s’exclame un observateur de Pointe-des-Monts au bout du fil! Tandis qu’ils étaient dans leur petite embarcation près de la côte, sa fille note au large des corps luisants s’élevant vivement au-dessus des flots. Des dauphins à flancs blancs! «Des centaines, il y en avait au moins deux cents!» Plus les deux humains s’enthousiasment et crient, plus les dauphins semblent s’exciter et démontrent des comportements exubérants. Les dauphins à flancs blancs mesurent environ 2,5 mètres à maturité et voyagent habituellement en groupe nombreux, allant parfois jusqu’à former des groupes de 500 individus. Les groupes réunissent normalement des individus du même sexe et d’une même tranche d’âge.

    À Gaspé aussi, des centaines de dauphins à flancs blancs sont observés, en plus d’une grande variété d’espèces. «Cette semaine, j’ai vu trois rorquals bleus, quatre rorquals communs, des thons, des petits bancs de marsouins et des petits rorquals en alimentation de surface», énumère un capitaine de croisière aux baleines. Le matin du 3 octobre, il repère à partir du rivage une dizaine de grands souffles au large des falaises de Forillon jusqu’au phare de Cap-des-Rosiers.

    Aux Bergeronnes, le 27 septembre, une riveraine ne parvient pas à baisser ses jumelles. «Il y a tellement de souffles devant chez moi! Et les baleines nageaient si près l’une de l’autre», raconte-t-elle, les yeux brillants. Depuis, ses observations quotidiennes sont plus calmes : des petits rorquals, surtout.

    Trou © Renaud Pintiaux

    Le rorqual commun Trou est observé dans le parc marin. © Renaud Pintiaux

    Le 3 octobre, lors d’une croisière dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent, une naturaliste du Centre d’interprétation des mammifères marins observe une paire de rorquals communs nageant ensemble. Un des individus est bien plus gros que l’autre. Un troisième rorqual commun apparait au loin. A-t-elle vu un des rorquals communs vedettes encore présents dans le parc marin, comme Zipper, Boomerang ou Trou? Malgré la présence de bonnes vagues, elle observe aussi des marsouins, des petits rorquals et des petits pingouins. Les phoques gris sont également présents.

    Les observateurs et observatrices qui se vêtissent chaudement ont donc encore le privilège d’assister à la beauté de la nature.

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.