Finir la saison en beauté

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    13 / 10 / 2015 Par Marie-Sophie Giroux

    Dernières sorties en mer pour des excursionnistes de la baie de Gaspé; les baleines sont au rendez-vous! Le 11 octobre, au large des falaises de Cap-Bon-Ami et de Cap-Gaspé, se trouvent cinq rorquals à bosse: H692, Barbillon, Fleuret et son baleineau ainsi que Tic Tac Toe. La veille, l’équipe n’a pas pu quitter le quai, les vents du nord-ouest soufflaient trop fort. Malgré tout, sur la route, l’un des collaborateurs s’arrête, car il vient d’apercevoir un petit rorqual s’élancer vigoureusement hors de l’eau. «Il a refait ce comportement une bonne dizaine de fois!» souligne-t-il. Ces impressionnants «breachs» seraient associés à plusieurs activités sociales chez ces animaux et seraient plus fréquemment observés lorsque les conditions météo sont mauvaises. Possiblement un moyen d’amplifier la communication ou de faciliter la respiration lorsque la mer est déchaînée!

    Dans l’estuaire, entre Les Escoumins et Tadoussac, les observateurs, qui prennent la mer et affrontent le froid mordant, font de très belles rencontres: des phoques gris, des petits rorquals et des rorquals communs en pleine alimentation de surface. Les sillons ventraux des géants sont étirés et la gueule grande ouverte révèle l’aspect et la couleur des fanons. Justement, le rorqual commun possède un attribut physique unique: la couleur de sa tête est asymétrique. La mâchoire inférieure, le chevron, la langue et les fanons sont clairs du côté droit et sombres du côté gauche.

    L’Action de grâce est synonyme de fin de saison pour les sites d’observation terrestre de Parcs Canada attenants au parc marin du Saguenay–Saint-Laurent. Au site de Pointe-Noire, situé à Baie-Sainte-Catherine, les troupeaux d’adultes et de jeunes bélugas arpentent une bonne partie de la journée l’embouchure du fjord du Saguenay. Au Cap-de-Bon-Désir, aux Bergeronnes, les petits rorquals s’alimentent avec énergie, sortant leur corps hors de l’eau et dévoilant ainsi la peau de la gorge et du ventre rougie par l’effort. Au Centre de découverte du milieu marin, aux Escoumins, une quinzaine de marsouins communs y retient l’attention des observateurs. Il semble avoir plusieurs paires mère-nouveau-né et certains individus restent même quelques minutes à la surface de l’eau complètement immobiles. «Serait-ce de l’allaitement?» se questionne la naturaliste en poste. Possible. Chez les marsouins communs, l’accouplement a lieu entre juillet et août. La gestation dure environ 10 mois et donc les naissances ont lieu chaque année au printemps et en début d’été. L’allaitement dure de 8 à 12 mois.

    Marsouins ou dauphins? Certaines caractéristiques distinguent ces deux grandes familles de cétacés: les marsouins ont le museau arrondi et une nageoire dorsale triangulaire, alors que les dauphins ont le rostre allongé, une nageoire dorsale en forme de faucille et sont de plus grande taille. Leurs dents sont aussi différentes: celles des dauphins sont pointues; celles des marsouins, spatulées. Le 9 octobre au matin, au large de Sainte-Félicité, près de Matane, un observateur constate que c’est plus d’une centaine de dauphins à flancs blancs qu’il a sous les yeux.