États unis: les produits de la mer importés devront être sans risque pour les mammifères marins

  • 16 / 01 / 2015 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    C’est en cour de justice que la décision a été prise à la suite d’une action menée par des organismes environnementaux. Les pêcheurs des pays exportateurs devront suivre les mêmes règles qu’aux États-Unis pour éviter les captures accidentelles de baleines et dauphins. Quant à la surveillance de la pêche illégale dans le monde, un nouvel outil satellitaire et des embargos sont mis en place.

    Le gouvernement des États-Unis vient de décider d’adopter de nouvelles réglementations pour garantir que les produits de la mer importés ont été pêchés selon des pratiques équivalentes à celles des États-Unis en matière de protection des mammifères marins. Il est parvenu, le 5 janvier 2015, à un accord de justice avec des groupes de défense de l’environnement, reconnaissant que tout produit de la pêche consommé aux États-Unis devra être sans risque pour les mammifères marins, selon la formule consacrée du label «dolphin safe» que l’on trouve apposée notamment sur des boîtes de conserve de thon dans certains pays. Ces groupes estiment que les États-Uniens consomment 5 milliards de livres de produits de la mer, dont 90 % sont importés; sur ces 90 %, la moitié provient d’espèces sauvages.

    Outre une meilleure protection des mammifères marins, ces nouvelles réglementations permettront aux pêcheurs états-uniens de jouer avec les mêmes règles et contraintes que leurs homologues étrangers et rester compétitifs sur le marché national.

    40 ans après ce que le Marine Mammal Protection Act prévoyait

    L’action en justice a été menée par trois organismes: le Center for Biological Diversity, le Turtle Island Restoration Network et le Natural Resources Defense Council, qui poursuivent depuis des années l’objectif de protéger les mammifères marins de ces menaces. Selon eux, plus de 650 000 baleines, dauphins et autres mammifères marins, sont pris accidentellement dans les engins de pêche commerciale et en meurent, soit noyés, soit remis à la mer avec des blessures entraînant leur mort. Selon le Center for Biological Diversity, les réglementations doivent porter sur la nature des filets et hameçons utilisés aussi bien que sur les habitats sujets à risque pour les mammifères marins.

    Les réglementations seront imposées aux pays exportateurs pour que leurs équipements et pratiques de pêche répondent aux mêmes critères que ceux des pêcheurs états-uniens. Ces pays devront s’y conformer sous peine de ne plus pouvoir écouler leurs produits sur le marché des États-Unis. Il s’agit d’une étape historique, car ces dispositions réglementaires prévues dans le Marine Mammal Protection Act adopté en 1972 n’ont jamais été mises en œuvre. Le gouvernement a jusqu’au mois d’août 2016 pour donner sa décision finale et décrire les moyens de mise en œuvre de ces réglementations.

    Selon un représentant du Natural Resources Defense Council, si ces réglementations avaient été mises en œuvre il y a une quarantaine d’années, le marsouin vaquita n’aurait pas besoin aujourd’hui d’être sauvé en urgence. Le vaquita, le plus petit des marsouins au monde, est au bord de l’extinction — il n’en resterait que 97 — en raison de ses mortalités dues aux captures accidentelles dans des filets de pêche à la crevette au Mexique.

    La pêche mondiale sous l’œil des satellites

    Lors la conférence Our Oceans qui a réuni 80 pays en 2014, le gouvernement des États-Unis avait été aussi mis sous pression pour qu’il mette en œuvre des mesures efficaces contre la pêche illégale pratiquée par certains pays. L’Europe a interdit à trois pays, Belize, Cambodge et Guinée, de vendre leurs poissons sur son marché, et menacé huit autres pays d’embargo (Ghana, Curaçao, Corée du Sud, Fidji, Panama, Sri Lanka,Togo et Vanuatu). Le président Obama a demandé aux agences fédérales de développer un programme pour détecter les pratiques illégales de pêche et empêcher l’entrée de ses captures sur le marché du pays, qui sont estimées représenter 20 à 32 % des captures des espèces sauvages.

    Un nouvel outil, le Global Fishing Watch, est mis en opération pour effectuer le suivi satellitaire des bateaux de pêche, ceci dans le monde entier. Il surveillera les activités et les trajectoires des bateaux et sera accessible au grand public. Toute personne intéressée pourra visualiser ces activités sur son écran d’ordinateur, dans le temps et dans l’espace. Les porteurs de ce projet veulent contribuer à contrôler la pêche durable, la surpêche et la pêche illégale.

    Sources

    Sur le site de Sustainable Business.com (en anglais seulement):

    40 Years Later, US Ordered to Protect Whales, Dolphins

    Sur le site du Center for Biological Diversity (communiqué de presse) (en anglais seulement):

    Feds Agree to Implement Seafood Import Ban to Protect Whales and Dolphins

    C’est en cour de justice que la décision a été prise à la suite d’une action menée par des organismes environnementaux. Les pêcheurs des pays exportateurs devront suivre les mêmes règles qu’aux États-Unis pour éviter les captures accidentelles de baleines et dauphins. Quant à la surveillance de la pêche illégale dans le monde, un nouvel outil satellitaire et des embargos sont mis en place.

    En savoir plus:

    Sur le site de Sustainable Business.com (en anglais seulement):

    President Obama Announces Executive Actions To Preserve Oceans

    Sur le site du Center for Biological Diversity (communiqué de presse) (en anglais seulement):

    Nowhere to Hide From Global Fishing Watch

    Sur le site de Global Fishing Watch (en anglais seulement):

    Global Fishing Watch

    Sur le site de Baleines en direct:

    Prises accidentelles dans les engins de pêche