Encore une cinquantaine de rorquals à bosse et des milliers de phoques

  • Ce rorqual à bosse a été photographié le 21 novembre dernier, alors qu'une cinquantaine d'autres rorquals à bosse se trouvaient au large de Sept-Îles. © Jacques Gélineau
    27 / 11 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Avec la courte durée de la luminosité en novembre et l’apparition des premières glaces, les observateurs sur l’eau sont plus rares. Malgré tout, des passionnés affrontent le froid pour aller voir si les baleines sont encore là.

    Le collaborateur de la Station de recherche des iles Mingan, Jacques Gélineau, effectue une sortie avec un ami le 21 novembre. Ils ont la surprise de trouver une cinquantaine de rorquals à bosse au large de Sept-Îles. «J’ai réussi à prendre en photo 34 individus!», se réjouit Jacques. À la surface, il entend aussi des beuglements. Est-ce que les mâles rorquals à bosse ont déjà commencé à chanter la pomme? «Dommage que je n’avais pas d’hydrophone, ça aurait été intéressant d’entendre ce qui se passait sous l’eau.» Cette même journée, il note aussi la présence de deux rorquals bleus, une dizaine de rorquals communs et des marsouins communs.

    Trois jours plus tard, Jacques Gélineau sort à nouveau. Cette fois, un seul petit rorqual sera observé. «Même de chez moi, je ne repère plus de grands souffles au large», constate-t-il. Où sont passées les baleines? Les mouvements migratoires sont relativement peu connus. Les conditions météorologiques hivernales et les longues distances parcourues par les cétacés ajoutent à la complexité des suivis. Le Réseau d’observation de mammifères marins forme des capitaines de navire marchand à identifier les espèces de baleines, afin qu’ils lui transmettent leurs observations. Avec une meilleure compréhension de l’utilisation hivernale du territoire par les mammifères marins, peut-être pourrons-nous mieux cohabiter avec eux?

    Du côté de l’estuaire, les observateurs postés sur les rives profitent de magnifiques rencontres avec les baleines et les phoques. Au quai des Escoumins, le 21 novembre, au moins cinq bélugas nagent à proximité. Plus au large, des têtes de phoque apparaissent. À Baie-Comeau, deux petits rorquals enchantent un travailleur sur le quai.

    Le 23 novembre, un capitaine d’excursion aux baleines durant l’été tourne son regard vers le large aux Escoumins. Pas de doute, ce sont bien deux rorquals bleus qu’il voit! Quel plaisir de retrouver ces géants!

    Le 26 novembre, sur les rochers d’Essipit, un ornithologue se détourne des plumes pour recenser huit bélugas, un petit rorqual, douze phoques du Groenland et deux phoques gris.

    Au large de l’Isle-Verte, 2000 phoques du Groenland se prélassent sur la rive et la mince glace qui la jouxte. Les attroupements de phoques du Groenland ne sont pas anormaux, mais leur proximité avec les humains surprend. L’absence de glace au large pourrait expliquer pourquoi les phoques ont choisi cet endroit pour se reposer.

    Phoques du Groenland sur la glace

    Des phoques du Groenland se prélassent sur les glaces. © Renaud Pintiaux (archives)

    Les phoques du Groenland visitent l’estuaire pour se nourrir. Les femelles font leur réserve d’énergie avant de mettre bas à la fin février, mi-mars. Elles peuvent avoir un petit chaque année si elles sont en bonne santé! Si vous croisez un phoque sur la rive, prenez donc soin de lui laisser l’espace nécessaire pour qu’il puisse se reposer et retourner à l’eau lorsqu’il y sera prêt.

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.