Encore un cachalot!

  • Ce cachalot a été photographié au large de Tadoussac le 29 octobre. C'est la deuxième observation documentée de cachalot cet été dans l’estuaire. Avant ça, la dernière observation confirmée datait de 2014. © Renaud Pintiaux
    Ce cachalot a été photographié au large de Tadoussac le 29 octobre. C'est la deuxième observation documentée de cachalot cet été dans l’estuaire. Avant ça, la dernière observation confirmée datait de 2014. © Renaud Pintiaux
    31 / 10 / 2018 Par Marie-Ève Muller - / / /

    On a toutes et tous nos espèces fétiches, nos baleines préférées. Pour notre collaborateur Renaud Pintiaux, «le cachalot est l’espèce qui me passionne le plus au monde». Le 29 octobre, il a eu la chance de croiser le chemin du noble animal devant les dunes enneigées de Tadoussac et de le photographier. Vous pouvez lire sa rencontre dans son carnet de terrain.

    Même s’il figure sur la liste des treize espèces qui fréquentent le Saint-Laurent, le cachalot est peu observé dans l’estuaire et dans le golfe ces dernières années. Ça n’a pas toujours été le cas. De 1991 à 2009, des cachalots ont été observés entre mai et octobre dans l’estuaire, généralement en groupe de 1 à 4; un groupe de 15 individus a même été observé en 1997. L’individu le plus assidu, Tryphon, est mort d’une prise accidentelle dans un engin de pêche dans le Saint-Laurent en 2009. Depuis sa mort, les observations de cachalots sont irrégulières, et les visites, très brèves.

    Toutefois, cet été, un cachalot a été vu le 19 aout et le 29 octobre. Est-ce le même? Pour identifier les individus, les chercheurs comparent les patrons de coloration, la forme de la dorsale et du corps et les marques de la queue. Les photos et vidéos prises en aout ne sont pas assez nettes pour permettre de confirmer hors de tout doute qu’il s’agit du même individu, mais on note une ressemblance.

    Tryphon avait d’abord été vu quelques fois au cours d’un été, avant de revenir avec d’autres cachalots et de devenir un individu «régulier» de l’estuaire. Verrons-nous une suite similaire avec le cachalot observé? La transmission de photos, de vidéos et d’observations de la part du public et des différents groupes de recherche actifs sur le Saint-Laurent nous permettra de connaitre la suite de l’histoire.

    Des cachalots ont aussi été observés cet été dans le sud du golfe du Saint-Laurent, par des équipes de recherche du New England Aquarium, de l’Université Dalhousie et du Canadian Whale Institute. L’assistante de recherche qui nous écrit s’étonne d’avoir croisé cette espèce cette année, une première pour elle qui effectue dans ce secteur des recensements depuis quelques années. Les photos et données seront transférées au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), qui possède un catalogue d’une trentaine d’individus.

    Des petits rorquals et des bélugas

    Les bélugas résident à l’année dans le Saint-Laurent. © GREMM

    Les bélugas résident à l’année dans le Saint-Laurent. © GREMM

    À Tadoussac, des petits rorquals, des rorquals communs et des bélugas sont observés. Aux Escoumins, le 30 octobre, un observateur s’attarde au quai des Pilotes. Durant les quelques minutes où il a tourné son regard sur le large, il a pu observer un petit rorqual.

    Les conditions météorologiques des derniers jours à Sept-Îles rendent les observations difficiles. «On est dans des conditions de grosse mer, avec des bonnes vagues et de la brume», relate notre observateur régulier Jacques Gélineau. Néanmoins, il repère au nord de l’ile Grosse Boule deux petits rorquals qui s’alimentent en surface.

    En balade à Cacouna le 30 octobre, deux randonneurs pointent leurs jumelles sur un groupe de trois à quatre bélugas nageant dans une barre de courant vers la pointe amont de l’ile Verte. «On a pu les regarder pendant une trentaine de minutes avant de poursuivre notre chemin», se réjouissent-ils.


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques et des observateurs. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.