Des silhouettes de toutes les couleurs

  • © GREMM
    12 / 04 / 2018 Par Marie-Sophie Giroux

    Des jeunes gris et des adultes blancs s’éparpillent dans l’embouchure du Saguenay le 11 avril. «Enfin!», soupire une employée du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) qui repère ces bélugas. Très peu ont été vus cet hiver. La veille, une dizaine d’individus ont aussi été remarqués dans la baie de Tadoussac.

    Les pêcheurs de crabe de la zone 17 rencontrent aussi des troupeaux de bélugas au large des Escoumins, de Forestville et du Bic. Au printemps, le territoire fréquenté par ces baleines blanches s’étendrait de l’ile aux Coudres jusqu’à la péninsule gaspésienne.

    © Renaud Pintiaux

    Au large de Franquelin et de Sept-Îles, on note la silhouette des crabiers et des oiseaux de mer plutôt que celle des grands rorquals. Notre collaboratrice de Franquelin observe chaque jour des eiders à duvet. Ces gros canards vivent dans les régions marines côtières arctiques et subarctiques. Dans l’estuaire, ils nichent entre l’Île-aux-Grues et Pointe-des-Monts. Ils sont aussi abondants dans certains archipels de la Côte-Nord, particulièrement entre Pointe-des-Monts et Blanc-Sablon. À Sept-Îles, les macreuses arrivent progressivement.

    «La baie de Gaspé s’est enfin délivrée de ses glaces», mentionne un résident de Cap-aux-Os. Les baleines approcheront-elles les côtes? Déjà, deux rorquals à bosse sont entrevus le 9 avril entre Pointe-Saint-Pierre et l’Anse-à-Brillant. Le 12 avril au matin, quatre rorquals communs sont à leur tour repérés au large de Cap-des-Rosiers.

    À Sainte-Anne-des-Monts, un observateur découvre une série de souffles qu’il décrit comme étant «en forme de boule et hauts de 1 à 2 m». La mer est agitée, le dos et la queue passent inaperçus. Rorqual à bosse? Possible, le portrait des souffles découverts ressemble à celui de cette baleine. Une semaine plus tôt, trois rorquals à bosse avaient d’ailleurs été vus un peu plus en aval, à Mont-Louis. Toutefois, il faut se méfier: plusieurs facteurs influencent l’allure du souffle des baleines. Le vent peut balayer sa forme tout comme la luminosité et l’humidité de l’air ambiant. La hauteur du souffle dépend aussi de l’activité de l’animal. Il sera moins prononcé quand la baleine est au repos ou peu active, ou bien lorsque ses plongées sont courtes et peu profondes.


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct et Portrait de baleines. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle adore « raconter des histoires de baleines ».