Des initiatives prometteuses pour lutter contre la pollution par les plastiques

  • La pollution par les plastiques menace sérieusement nos océans, les écosystèmes, les ressources et la biodiversité marines, ainsi que la santé humaine. © CCO Domaine public
    18 / 04 / 2018 Par François Vachon - / / / / / / /

    Le Jour de la Terre sera célébré le 22 avril, partout sur la planète. Baleines en direct vous présente cette semaine des initiatives porteuses d’espoir pour l’environnement. Aujourd’hui : la récolte des déchets en plastique.

    La pollution par les plastiques menace sérieusement nos océans, les écosystèmes, les ressources et la biodiversité marines, ainsi que la santé humaine. Chaque année, c’est près de 9 millions de tonnes de résidus qui aboutissent dans ces immenses étendues d’eau salée. De fait, selon un rapport du Forum économique mondial (World Economic forum) publié en 2016, elles contiendront plus de plastique que de poissons d’ici 2050 (en poids).

    Au cours des dernières années, plusieurs écologistes ont contribué à l’éveil de la conscience collective face à ce fléau. Peu à peu, des initiatives concrètes ont été entreprises à l’échelle mondiale pour tenter de le contrer. Et d’ici à ce que la création de nouveaux déchets diminue, voici trois projets visionnaires visant à dépolluer les océans : Manta, Ocean Cleanup et Plastic Whale.

    Le Manta

    Le Manta est un bateau-nettoyeur conçu par le navigateur suisse Yvan Bourgnon. Il s’agit du premier navire hauturier pouvant collecter les déchets plastiques qui flottent dans les océans. À terme, le bateau devrait mesurer 70 m, et il utilisera plusieurs technologies innovantes en matière d’énergie propre (panneaux solaires et éoliennes) en plus d’être autonome en énergie à 75 %.

    Un tapis roulant se trouvera sous le bateau. Sa fonction est d’aspirer les déchets. À l’intérieur, une équipe d’opérateurs séparera les déchets et la matière organique, qui sera ensuite rejetée à la mer. Le Manta sera également doté d’une grue à l’arrière qui ramasse les filets à la dérive, ainsi que d’un système à pyrolyse qui transforme les déchets non recyclables en carburant. Quant à eux, les déchets recyclables amassés seront compactés en blocs de 1 m3. Un seul bateau peut contenir 600 blocs, soit 250 tonnes de déchets, lesquels seront ramenés à la terre aux fins de recyclage.

    Le cout du projet est de 30 millions de dollars, et son lancement est prévu pour 2022. En outre, M. Bourgnon souhaite constituer une flotte d’une centaine de bateaux pour optimiser l’efficacité opérationnelle.

      Le Manta, un prototype de navire destiné à nettoyer les océans
      © Océan Vivant

    The Ocean Cleanup

    The Ocean Cleanup est un projet de Boyan Slat, un Néerlandais qui, à seulement 17 ans, a conçu une barrière filtrante géante pour ramasser les déchets dans l’océan et les ramener à la terre.

    Le projet devrait être lancé d’ici l’automne 2018. Au total, une trentaine de barrières flottantes d’une longueur de 1 à 2 km et dotées d’une ancre de 12 m seront mises à contribution. Boyan Slat souhaite nettoyer 50 % du « continent de plastique » qui flotte dans le nord de l’océan Pacifique d’ici 5 ans.

    Plastic Whale

    Qui a dit que les initiatives locales étaient moins efficaces ?

    Plastic Whale, une entreprise néerlandaise, fabrique des meubles à partir de plastique repêché dans les canaux d’Amsterdam. Il s’agit de la première entreprise de repêchage de plastique au monde.

    À ses débuts, l’entreprise organisait des expéditions de repêchage de plastique pour les particuliers et les touristes. Le plastique recyclé servait à construire d’autres bateaux pour accroitre sa flotte de navires destinés à repêcher le plastique.

    Aujourd’hui, elle fabrique des meubles de bureau, notamment des chaises et des tables de conférence, des lampes et des panneaux insonorisant. À ce jour, la compagnie a repêché plus de 105 000 bouteilles dans les cours d’eau de la capitale des Pays-Bas.

    Il existe bien sûr de nombreuses autres initiatives visant à dépolluer les océans et les cours d’eau. Les humains peuvent toujours repousser leurs limites et faire preuve de génie. Pas besoin d’attendre une catastrophe pour agir ! Et personne n’a besoin non plus de « réinventer la roue » pour poser des gestes concrets au quotidien. Car en réalité, ce n’est pas la grandeur des choses qu’on réalise qui importe, mais bien la profondeur de l’attention et de l’amour qu’on leur porte.

    Pour en savoir plus

    Sur le plastique

    Pourquoi trouve-t-on parfois du plastique dans l’estomac des baleines ? (Baleines en direct)

    Pour arrêter le flux de matières plastiques vers l’océan (Baleines en direct)

    Conférence : « Plastique en Méditerranée : au-delà des observations, quelles solutions ? » (Baleines en direct)

    Sur les initiatives présentées 

    Le Manta (site officiel)

    Plastic Whale (site officiel)

    The Ocean Cleanup (site officiel)

     


    François Vachon s’est joint à l’équipe du GREMM à titre de rédacteur stagiaire pour Baleines en direct en janvier 2018. Détenteur d’un baccalauréat de l’Université Laval en traduction, il poursuit actuellement des études en rédaction professionnelle. Curieux et passionné par l’écriture, il met sa plume au service des géants pour appuyer humblement les démarches du GREMM.