Par François Vachon

À ce jour, aucun incident de ce type n’a été recensé à l’intérieur des limites de l’estuaire du Saint-Laurent.

L’estuaire s’étend de l’ile d’Orléans, soit l’endroit où l’eau douce du fleuve et l’eau salée de l’océan se mélangent, à Pointe-des-Monts, là où le fleuve s’élargit en une mer intérieure. Dans certains secteurs de l’estuaire, notamment à Tadoussac, la remontée d’eaux chaudes cause une absence de glace, ce qu’on appelle une polynie. Selon Guillaume Lelièvre Saint-Pierre, capitaine du F.-A.-Gauthier, le traversier qui assure la liaison entre Matane, Baie-Comeau et Godbout, dans l’ensemble, la glace est également très mince au milieu du fleuve et peut facilement être brisée.

Les baleines évitent habituellement les régions complètement recouvertes de glace, puisqu’elles doivent remonter à la surface pour respirer. Cependant, certaines espèces séjournent dans des milieux partiellement glacés pour profiter de l’abondance de nourriture, et ce, malgré les risques d’y périr. Voilà pourquoi on a pu observer de grands rorquals au cours des dernières semaines aux Escoumins et à Godbout.

Dans le golfe du Saint-Laurent, toutefois, de nombreux cas de baleines emprisonnées par les glaces ont été répertoriés. De fait, entre 1868 et 1992, une quarantaine d’individus ont été pris dans les glaces au large de la côte sud-est de Terre-Neuve, une région que les spécialistes des baleines qualifient de piège pour les mammifères marins. Dans 70 % des cas, l’animal n’a pas survécu à l’emprisonnement. Selon Jack Lawson, chercheur au ministère des Pêches et des Océans du Canada, ce sont les vents qui créent des pièges pour les baleines. Dans un premier temps, les vents écartent les glaces, ce qui permet aux baleines de se déplacer pour se nourrir ; toutefois, lorsqu’ils changent de direction, les morceaux de glace peuvent se resserrer et emprisonner les cétacés, allant jusqu’à leur bloquer l’accès à l’oxygène.

Par ailleurs, il semble que des espèces arctiques comme les bélugas et les narvals préfèrent passer la majorité de l’hiver dans les eaux couvertes de glace. Elles s’en servent pour se protéger des prédateurs et de l’agitation de la mer. Les risques de piégeage dans les glaces demeurent toutefois bien réels, et un certain nombre d’individus périraient de cette façon chaque année dans les zones arctiques.

Les baleines en questions - 17/1/2018

Collaboration Spéciale

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