Bilan mitigé pour la 64e réunion annuelle de la Commission Baleinière Internationale

  • 12 / 07 / 2012 Par Christine Gilliet – Mots et Marées -

    Les pays en faveur de la chasse, qu´elle soit commerciale, scientifique ou autochtone, et ceux qui y sont opposés, continuent à s´affronter selon leurs valeurs et intérêts. Quelques efforts de conservation prennent pourtant leur place dans les discussions, au milieu de l´annonce fracassante de la Corée de se lancer dans la chasse dite scientifique, comme le Japon la pratique.

    Cette année, les 89 pays membres de la Commission Baleinière Internationale (CBI) se sont rencontrés du 2 au 6 juillet à Panama. Rappelons que la CBI, créée en 1946, a le mandat d´assurer la conservation des populations de cétacés dans la perspective d´assurer le développement durable de la chasse à la baleine. En 1986, un moratoire sur la chasse commerciale a été instauré par une majorité de pays membres, mais certains rejettent le moratoire et chassent pour écouler la viande de baleine sur leurs marchés, comme actuellement la Norvège et l´Islande.

    Quotas de chasse autochtone et chasse scientifique

    La CBI a voté l´attribution de quotas de chasse autochtone pour les populations vivant sur un mode de vie traditionnel en Alaska, en Russie et à Saint-Vincent-et-Grenadines, mais a rejeté la demande du Danemark d´augmenter ses quotas pour les communautés du Groenland, soit 1 326 prises entre 2013 et 2018, dont dix rorquals à bosse par an, en légère augmentation par rapport à un accord négocié il y a deux ans. Le Danemark ne sera plus autorisé à chasser de baleines à l´expiration de ses quotas, à la fin de 2012.

    La République de Corée a annoncé son intention de se lancer dans la chasse scientifique d´ici la fin de l´année 2012,
    à l´instar du Japon qui chasse dans le Pacifique Nord et l´Antarctique plusieurs espèces de petits et grands cétacés, soulevant un tollé parmi la majorité des pays participants à la réunion annuelle. Le Japon a lancé son programme de recherche scientifique en 1986, un programme très controversé, jugé masquer une chasse commerciale et fournir des résultats scientifiques peu intéressants. En effet, la chair des baleines capturées est vendue sur les marchés alimentaires bien qu´elle ne trouve que très peu de clients, des hôpitaux et des écoles, qui l´achètent à très bas prix ou la récupèrent gratuitement.

    Du côté de la conservation des populations

    Les pays réunis ont reconnu les impacts des activités d´exploration d´hydrocarbures sur la physiologie et le comportement des cétacés et a décidé de créer un groupe de travail sur cette pollution sonore. Porté par les États-Unis et très fortement appuyé par Mexico et l´Union Européenne, ce groupe rassemble aussi l´Australie, l´Afrique du Sud et l ‘Argentine. Ces explorations sismiques génèrent des sons explosifs répétitifs, dans une gamme de basses fréquences utilisée par les cétacés et peuvent créer des lésions internes parfois graves, voire mortelles, et une désorientation entraînant des échouages collectifs. Dans un contexte de tarissement de ces énergies fossiles, les projets d´exploitation de gisements de pétrole et de gaz sont nombreux, notamment en Arctique où des petites populations de cétacés sont déjà en péril, et au large de l´île Sakhaline en Russie, dans la zone d´alimentation de la toute petite population de baleines grises en voie de disparition.

    La CBI a souligné la nécessité de prendre des mesures efficaces pour protéger les petits cétacés dans différentes régions du monde, comme les dauphins et marsouins, des prises accidentelles dans des engins de pêche. Elle a mis en place un fonds, placé sous son égide et alimenté par plusieurs pays, pour poursuivre ces actions.

    Toujours pas de sanctuaire baleinier dans l´Atlantique Sud

    Pour la deuxième fois consécutive, la création d´un sanctuaire dans l´Atlantique Sud a été rejetée, visant à interdire la chasse sur ce territoire. Le Brésil, l´Argentine, l´Afrique du Sud et l´Uruguay ont soutenu cette proposition qui n´a pas reçu suffisamment de votes favorables, c´est-à-dire les trois quarts des membres présents, notamment à cause du Japon et du bloc pro-chasse qui ont voté contre. Le Brésil a indiqué qu´il avait l´intention de représenter cette proposition de sanctuaire à la prochaine session de la CBI.[notre-planète.info, BBC, AFP, Le Monde, Commission baleinière internationale]

    En savior plus

    Sur le site de Notre-planète.info : La 64e réunion de la Commission Baleinière Internationale s´est achevée sur un sentiment mitigé