31 baleines noires individuelles ont pu être comptées dans les eaux canadiennes la journée du 4 juin dernier. La présence accrue dans le golfe du Saint-Laurent de baleines noires de l’Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition, entraine des mesures de prévention pour réduire les risques de collisions fatales avec des navires ou encore les risques d’empêtrement avec des engins de pêche. Les collisions avec les navires et les empêtrements sont connus comme étant les principales causes de mortalité chez cette espèce.

La plupart des observations ont été faites au large de l’ile Miscou, au Nouveau-Brunswick, ce qui a entrainé la fermeture de nouvelles zones de pêches. Plus de 10 000 kilomètres carrés sont maintenant exempts de pêches.

Du côté du bassin Roseway, au sud de la Nouvelle-Écosse, une baleine noire a aussi été repérée, entrainant la fermeture de cinq zones de pêche dans l’habitat essentiel de l’espèce.

Aux États-Unis, les observations se sont raréfiées en ce début de juin, alors que des centaines de baleines noires avaient été observées le long de la côte du Massachusetts en mai.

Malgré toutes les observations, encore aucun nouveau-né n’a été vu cette saison.

Limite de vitesse : une forte collaboration

Des zones de limite de vitesse à 10 nœuds ont été créées dans le golfe du Saint-Laurent. Entre le 28 avril et le 4 juin 2018, 898 navires ont circulé dans les zones surveillées. Depuis, un seul navire a reçu une amende pour infraction à la limite de vitesse et 18 dossiers sont en cours d’examen, ce qui démontre une grande collaboration de la part de l’industrie maritime.

Une pensée en cette date anniversaire

Le 6 juin 2017, en fin d’après-midi, le Centre d’appels d’Urgences Mammifères Marins recevait un premier appel pour une carcasse de baleine noire à la dérive au large des Îles-de-la-Madeleine. Cinq autres carcasses avaient été trouvées durant le mois de juin. Pour relire notre dossier sur l’évènement de mortalité inhabituel de baleines noires de l’été 2017, c’est par ici.

Pour lire le dossier complet: Baleines noires: la situation en 2018

Actualité - 6/6/2018

Marie-Ève Muller

Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017 et est porte-parole du Réseau québécois d'urgences pour les mammifères marins (RQUMM). Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.

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