Avec les bélugas: l’appariement de bélugas, un travail «matchement» intéressant (la suite!)

  • Le béluga 201801102 (en bas) doit être comparé visuellement par un matcheur avec les 200 premières propositions (en haut), présélectionnées par Softmatch grâce à la comparaison des codes barres. // Beluga 201801102 (bottom) must be visually compared by a matcher with the first 200 proposals (top) pre-selected by SoftMatch via comparison of bar codes.
    23 / 04 / 2019 Par Mathieu Marzelière

    Dans le carnet de terrain de la semaine dernière, nous vous avons présenté les étapes préparatoires au match de bélugas. Cette semaine, découvrez comment l’équipe ajoute des pages aux chapitres de vie des bélugas connus individuellement.

    Le béluga 201801102 est presque prêt à être apparié. Il reste une dernière étape préparatoire: la création du SoftMatch par Michel Moisan, technicien sénior, capitaine du Bleuvet et informaticien.

    Le béluga temporairement identifié 201801102 est prêt à être comparé avec les autres bélugas au catalogue.

    Création des listes de proposition

    Le SoftMatch est la liste d’individus du catalogue auxquels 201801102 va être comparé. Il prend en compte le «code barres» représentant les caractères distinctifs de notre individu inconnu et le compare avec ceux des animaux connus, déjà répertoriés dans le catalogue. De plus, dans le cas où nous avons à matcher un jeune béluga, tous les individus considérés comme adulte dans le catalogue serons retirés de la liste. Le logiciel propose les individus par ordre décroissant de probabilité.

    À titre informatif, environ un tiers des individus sont trouvés dans les 25 premières propositions.

    Appariement des captures

    Nous voilà enfin prêts pour le match : un premier matcheur s’installe derrière son écran et va comparer 201801102 avec toutes les propositions de 1 à 200.

     

    Le béluga 201801102 (en bas) doit être comparé visuellement par un matcheur avec les 200 premières propositions (en haut), présélectionnées par Softmatch grâce à la comparaison des codes barres.

    Après avoir rejeté les cinq premiers résultats,  le matcheur remarque un individu, il s’agit de DL2369. Puis, un second béluga l’interpelle: DL0594 situé au rang 42. Ces deux individus ressemblent à notre NIC. Malgré la similitude, les deux propositions seront rejetées par Marie-Hélène D’Arcy, la chef d’équipe. Les 200 premières propositions sont épuisées, et nous n’avons pas trouvé le béluga dans le catalogue.

    DL2369

    DL0594. Selon le premier matcheur, ces deux bélugas ressemblent à 201801102. Malheureusement, ce ne sont pas les mêmes individus.

    Un deuxième matcheur intervient. Il repasse les 200 premières propositions, afin de s’assurer qu’on ne serait pas passé à côté du match parfait. Une nouvelle fois, pas de correspondance.

    Un troisième matcheur va donc comparer l’intégralité des bélugas présents dans le catalogue. Il finit par noter une ressemblance à la 346esuggestion: DL0579.

    DL0579

    On retrouve la belle encoche et les mêmes petites irrégularités sur la crête dorsale ainsi que le petit « coup de pinceau » plus foncé juste en dessous sur l’individu et sur DL0579.

    Le troisième matcheur envoie à Marie-Hélène le «match». Elle note aussi les cinq points de ressemblance, mais pour éviter un faux résultat, elle envoie la proposition à Robert Michaud, le directeur scientifique du GREMM. Il confirme : il s’agit bien de Nomi (DL0579), une femelle rencontrée pour la première fois en 1994 et qui a été observée à plusieurs reprises avec des veaux et de jeunes bélugas. Nomi a été adoptée en 2015 par Tadoussac Elderhostel.

    Après des heures de travail, on arrive à une conclusion : NIC201801102 est en fait Nomi (DL0579) qu’on voit ici accompagnée d’un veau le 3 septembre 2017.

    Ajout au catalogue central

    Enfin, il ne nous reste qu’à ajouter les informations de cette rencontre du 16 juillet dernier à la fiche d’identité de notre chère Nomi, ce qui met à jour notre catalogue central. Avec les détails enregistrés sur le bateau lors de la rencontre avec Nomi, la photo sera contextualisée. Peu à peu, les pages s’ajoutent dans l’histoire de vie de cette femelle.

    Comme vous le savez maintenant, le match de béluga demande du temps et un bon esprit d’équipe. Mais grâce à lui, la recherche sur l’écologie comportementale sur les bélugas progressent.

     


    Mathieu Marzelière s’est joint à l’équipe du GREMM en 2017 comme assistant de recherche bénévole pour le programme de recensement photographique des grands rorquals du parc marin. Depuis, il est assistant de recherche technicien pour les projets de recherche sur les bélugas. Mathieu est aussi observateur de mammifères marins (MMO) sur les chantiers de construction maritimes.