À vos jumelles, c’est parti!

  • Un rorqual à bosse nage devant les falaises de Forillon. // A humpback whale swimming near the cliffs of Forillon. © René Roy (archives)
    16 / 04 / 2019 Par Marie-Ève Muller

    Tuque, mitaines, jumelles, guide d’identification des oiseaux et des baleines : un couple se prépare pour un road-trip en Gaspésie pour la longue fin de semaine. Ils sont encouragés par les observations des derniers jours. Des baleines ont commencé à reprendre leurs quartiers d’été dans le Saint-Laurent, de l’estuaire au golfe.

    Une randonneuse visite le parc national Forillon, dans le secteur de Grande-Grave, le 14 avril. D’autres visiteurs lui signalent trois baleines dans la baie. «Leurs souffles étaient larges et bas. J’ai pu voir leur dos et leur queue, mais pas le patron de coloration sous la queue», mentionne-t-elle. Elle a probablement observé des rorquals à bosse. À une dizaine de kilomètres de Grande-Grave, à Cap-aux-Os, un rorqual à bosse vient frôler la côte. Le lendemain, une troisième observatrice nous mentionne trois rorquals à bosse dans la baie de Gaspé.

    D’où nous arrivent ces animaux? L’hiver, les rorquals à bosse migrent dans les Caraïbes pour se reproduire. Durant cette période, ils s’alimentent à peine ou pas du tout. Au printemps, ils reviennent dans leurs aires d’alimentation pour faire le plein d’énergie.

    Tant du côté de Penouille que de Sandy Beach, de part et d’autre de la baie de Gaspé, de nombreux phoques se prélassent sur les dernières glaces. Les phoques sortent de l’eau pour se reposer, pour muer ou encore pour se réchauffer.

    À l’est de l’ile Grosse Boule, au large de Sept-Îles, un long souffle en colonne s’élève. Un grand rorqual nage lentement, près de la surface. Sa taille laisse croire qu’il s’agit d’un rorqual bleu. Cette espèce aussi est migratrice, mais des mentions de rorqual bleu nous sont parvenues presque tout l’hiver. Il reste donc une part d’ombre dans notre compréhension des mouvements des baleines.

    Les bélugas passent du gris au blanc progressivement en vieillissant. © GREMM

    À Matane, une pêcheuse sortie en mer le 14 avril croise la route de cinq bélugas, dont deux jeunes à la peau encore grise. Les bélugas, à la naissance, sont brun café au lait. En vieillissant, ils deviennent gris-bleu, ce qui leur vaut le surnom de «bleuvet». Autour de 12 à 16 ans, les bélugas pâlissent jusqu’à devenir blanc. Pendant près d’une heure, elle profite de la présence de ces animaux qui la fascinent. Habituellement, on ne voit pas le souffle des bélugas, mais une bonne houle oblige ce jour-là les animaux à remonter à la surface de façon énergique pour respirer. Lorsqu’ils expirent, l’eau de surface s’élève dans les airs et permet à la pêcheuse de les repérer facilement.

    Armé de jumelles, un assistant de recherche du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM) s’installe au site d’observation terrestre de Pointe-Noire, à Baie-Sainte-Catherine, dans l’espoir de voir des bélugas bien vivants, et non plus seulement des bélugas sur son écran. Ses yeux aguerris lui permettent de repérer une quinzaine de dos blancs au large de la batture aux Vaches. Cette batture se trouve au large des dunes de Tadoussac.

    Le 14 avril, sur le traversier reliant Rivière-du-Loup à Saint-Siméon, une observatrice s’extasie devant une dizaine de bélugas près de l’ile aux Lièvres. Le lendemain, en faisant le trajet inverse, elle note la présence d’un béluga au large de l’ile aux Fraises.

    Vous partez vous aussi à l’aventure dans l’espoir de voir des baleines? Racontez-moi vos observations!

     


    Marie-Ève Muller s’occupe des communications du GREMM depuis 2017. Comme rédactrice en chef de Baleines en direct, elle dévore les recherches et s’abreuve aux récits des scientifiques, des observateurs et observatrices. Issue du milieu de la littérature et du journalisme, Marie-Ève cherche à mettre en mots et en images la fragile réalité des cétacés.