Par Stéphanie Tremblay

Les femelles bélugas atteignent leur maturité sexuelle entre 8 et 14 ans et peuvent vivre de 60 à 80 ans. À quel moment arrêtent-elles d’avoir des petits? Vivent-elles une ménopause?

Selon Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, « il n’y a pas de signes clairs de ménopause chez les bélugas, mais des signes de sénescence ».

La sénescence signifie « la détérioration progressive des fonctions physiologiques nécessaires à la survie et à la fertilité » (traduction libre de Scott F Gilbert). Cela voudrait dire que les bélugas perdent peu à peu la capacité de se reproduire avec les années, mais la fin de la reproduction peut aussi concorder avec la mort. La ménopause, quant à elle, implique un arrêt de la reproduction longtemps avant la fin de la vie active. C’est, en quelque sorte, une période « post-reproductive ».

Même si on ne parle pas de ménopause chez les bélugas, les chercheurs ont observé plusieurs fois de vieilles femelles bélugas comme Blanchon qui, année après année, n’étaient plus accompagnées de petits. Verra-t-on à nouveau Blanchon avec un veau? Son ancienne compagne, Slash, décédée en 2013 à l’âge de 47 ans, n’avait pas été vue avec un veau depuis 1992. L’analyse de ses ovaires lors de l’examen de la carcasse n’avait d’ailleurs révélée aucune activité reproductive récente.

Ces observations sont conséquentes avec celles de Burns et Seaman (1986) qui ont examiné plus de 600 carcasses de bélugas chassés en Alaska. Selon leur étude, la proportion de femelles bélugas ayant été enceintes récemment (ou reproductivement active) diminue à mesure qu’elles vieillissent.

Si la sénescence est répandue dans le règne animal, la ménopause semble peu fréquente. Jusqu’à récemment, on ne parlait de ménopause que chez les humains. Maintenant, quelques études parlent de ce phénomène chez les animaux dits « non humains ». Une étude sur les épaulards démontre que les femelles arrêtent de se reproduire entre 30 et 40 ans, même si elles peuvent vivre jusqu’à 90 ans. Il semblerait également que les globicéphales tropicaux (Globicephala macrorhynchus) arrêtent de se reproduire plusieurs années avant leur mort. La fonction et la valeur adaptative de l’interruption de l’activité reproductive soulèvent encore bien des questions.

Les baleines en questions - 4/10/2017

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