Sans équivoque, ce sont les rorquals à bosse qui retiennent l’attention ces derniers jours : majoritairement dans la baie de Gaspé, mais aussi au large de Godbout. Certains individus ont même pu être identifiés grâce à la communauté scientifique et les regards aiguisés de plusieurs personnes passionnées. Dans l’eau ou sur la terre ferme, les phoques communs sont de plus en plus présents. On rapporte également des petits rorquals, rorquals communs et bélugas. Avec la chaleur et le soleil, on peut dire que la saison des baleines est bel et bien lancée!
Photo-identification et petits noms
Au moins cinq rorquals à bosse nageaient aux alentours du parc national Forillon dans les derniers jours. Une résidente de Cap-aux-Os raconte : « On a eu la chance de voir 5 baleines à bosse qui semblaient s’alimenter ensemble de manière très active! J’ai même pu reconnaitre Dog Ear aux jumelles avec sa caudale très caractéristique. »
Le rorqual à bosse Dog Ear (H141) possède effectivement une nageoire caudale unique : son lobe droit est courbé!
L’identité des autres rorquals à bosse a pu être révélée grâce à de belles collaborations et d’informations provenant notamment de la Station de recherche des Îles Mingan (MICS) et du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM). Parmi ceux-ci, on compte notamment H704 (Pompon), H683 (Koussouf) et H692 (Paloma). Un béluga et deux petits rorquals nageaient également non loin.
Des cétacés et un pinnipède
« À Godbout, nous avons eu durant quelques heures la présence d’un rorqual à bosse. Il était un peu loin, mais j’ai pu prendre quelques photos quand même. Il a quitté en remontant le fleuve. » raconte un résident du secteur. Serait-ce le même individu observé quelques jours plus tard au même endroit? Une vidéo permet par ailleurs de révéler qu’il s’agissait cette fois de H929, surnommé Éline! Observé dans le Saint-Laurent pour la première fois en 2020, Éline a été identifié tous les ans qui ont suivi. On ignore encore toutefois son âge et son sexe. Davantage d’observations ou une biopsie pourraient permettre de tirer des conclusions. « Des petits rorquals, des marsouins, bélugas, phoques gris », énumère de son côté un passionné posté à Franquelin.
À Gallix, une observatrice raconte : « Une tête de phoque commun cet avant-midi à l’embouchure de la rivière Sainte-Marguerite. » Une photo de la tête du phoque permet de confirmer qu’il est bel et bien un phoque commun. Leur tête est ronde et s’apparente à celle d’un chien, contrairement à celle des phoques gris qui est beaucoup plus massive et dont la forme rappelle celle d’un cheval.
À cette période de l’année, les phoques communs mettent bas sur le rivage. Il n’est donc pas surprenant d’y observer de jeunes individus! Malgré leur air mignon et le fait qu’ils soient seuls, il ne faut pas s’en approcher. Leur mère n’est généralement pas loin, et ils en ont besoin : elle les allaite pendant leurs premières semaines de vie, leur fournissant un lait riche qui les aide notamment à bâtir leur système immunitaire.
Dorsales noires et dos blancs
Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent grouille de petits mammifères marins, en passant des phoques communs aux petits rorquals, rorquals communs et bélugas.
Un naturaliste et photographe animalier souligne l’identité de l’un des rorquals communs : « Le rorqual commun « Ti-Croche« , une des plus grandes « vedettes » de notre secteur, n’avait pas été vu depuis près d’une semaine. » Plusieurs petits rorquals aux nageoires dorsales caractéristiques ont pu être photographiés à leur tour dans les jours qui ont suivi. Comme chez les autres espèces de rorquals, les petits rorquals peuvent être différenciés les uns des autres par la forme de leur nageoire dorsale et la présence de marques sur leurs flancs.
Devant le Centre d’interprétation des mammifères marins, à Tadoussac, un petit rorqual était en pleine séance d’alimentation non loin du rivage le 11 juin. Au même moment, quelques bélugas circulaient dans l’embouchure de la rivière Saguenay, soutirant des cris de surprise aux visiteurs et visiteuses de passage. Des bélugas étaient également visibles depuis Cap-aux-Oies, alors que des phoques communs se prélassaient sur les rochers ou dans l’eau à plusieurs endroits de Tadoussac aux Escoumins.
Merci aux collaborateurs et collaboratrices!
Merci aux observateurs et observatrices qui partagent avec nous leur amour pour les mammifères marins! Vos rencontres avec les cétacés et les pinnipèdes sont toujours un plaisir à lire et à découvrir.
Ce sont vos yeux, sur l’eau ou depuis la berge, qui permettent à cette rubrique de voir le jour.
- Nathalie Cliche
- Laetitia Desbordes
- Hélène Lahaie
- Jade-Audrey Lavergne
- Diane Ostiguy
- Sandrine Papias
- Renaud Pintiaux
- Pascal Pitre
- Guillaume Savard
- Andréanne Sylvain
- Marielle Vanasse
- J. Varin
Et à tous les autres!
Merci aussi aux équipes qui partagent leurs observations :
Centre d’éducation et de recherche de Sept-Îles (CERSI)
Station de recherche des Îles Mingan (MICS)
Réseau d’observation des mammifères marins (ROMM)
Réseau québécois d’urgences pour les mammifères marins (RQUMM)
Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM)
Mériscope
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