Une diversité d’espèces et de comportements à découvrir

  • Rorqual commun F235 vu au large de Pointe-à-Boisvert le 9 juillet © René Roy
    13 / 07 / 2017 Par Marie-Sophie Giroux

    « Elles viennent ici pour manger »… Une phrase souvent énoncée d’entrée de jeu par les capitaines et les naturalistes lors de leur interprétation auprès du public en parlant des baleines migratrices qui passeront l’été ici.

    « Qu’est ce qu’elles mangent? », questionnent les visiteurs. De petites proies que les rorquals engouffrent par dizaines de kilos à chaque bouchée. Du krill, des copépodes et des petits poissons qui vivent et se déplacent en bancs. Les marsouins et dauphins sont friands de poissons pélagiques comme le hareng et le capelan. Les techniques d’alimentation sont variées selon l’espèce, la proie et le territoire. Justement, dans l’estuaire, Gaspar est surprise alors qu’elle pratique la technique du rideau de bulles pour rassembler et emprisonner ses proies. Le mâle Siam, pour sa part, fait surface sur le côté, la gueule ouverte et la poche ventrale gonflée.

    À Franquelin, notre collaboratrice suit de près l’apparition des marsouins communs à la surface de l’eau alors que les fous de Bassan piquent vertigineusement tout à côté. Ces oiseaux sont impressionnants ! Ils possèdent une excellente vision binoculaire grâce à leurs yeux placés de chaque côté du bec. Du haut des airs, ils scrutent la surface pour repérer les bancs de poissons avant de fondre sur leurs proies depuis une hauteur de 10 à 40 m. Pour ce faire, ils basculent et ferment peu à peu les ailes pour accélérer leur chute. Une fraction de seconde avant l’impact, les ailes restent tendues vers l’arrière, dans le prolongement du corps, de façon à mieux s’immerger dans l’eau. Sous l’eau, ils ont aussi une bonne vision et peuvent compenser les effets trompeurs de l’environnement sous-marin. La modification de la courbure de l’œil est obtenue grâce à l’action de muscles comprimant le cristallin assez souple.

    Le golfe du Saint-Laurent attire aussi son lot de grands voyageurs cette semaine. L’équipe de la Station de recherche des iles Mingan (MICS) dénombre six rorquals à bosse (dont un sixième baleineau!), une douzaine de rorquals communs, incluant une mère et son nouveau-né, ainsi qu’une dizaine de petits rorquals. En Gaspésie, les membres de l’équipe mentionnent une dizaine de rorquals à bosse. « Elles se trouvent surtout entre le cap Gaspé et le cap des Rosiers », précise un excursionniste du secteur.

    Parfois, les baleines sont très exubérantes ! Le 6 juillet, au large des Bergeronnes, un petit rorqual saute à plusieurs reprises hors de l’eau, captivant les naturalistes et visiteurs du Cap-de-Bon-Désir. Une observation semblable se produit le 10 juillet à Mingan. D’ailleurs, le moment est immortalisé sur le cliché pris par l’un des chercheurs.

    Manger, sauter, parcourir des kilomètres à la recherche de concentrations suffisantes de nourriture… les baleines doivent se reposer ! Certaines flottent en surface, d’autres ralentissent et cessent de plonger, certaines dorment même la tête en bas! Le 10 juillet, devant Les Escoumins, Siam « billotte» à la surface de l’eau. Il émerge une partie de son corps régulièrement pour respirer. Les baleines ont une respiration « consciente », c’est-à-dire qu’elle est sous le contrôle volontaire du système nerveux central (SNC). Contrairement à nous, qui continuons de respirer même une fois profondément endormi, les baleines, elles, restent partiellement éveillées afin de maintenir l’état d’alerte nécessaire pour contrôler leur respiration, sinon il y a danger de noyade!

     

    Cette carte représente un ordre de grandeur plutôt qu’un recensement systématique.

     


    Marie-Sophie Giroux s’est jointe au GREMM en 2005. Elle détient un baccalauréat en biologie marine et un diplôme en Éco-conseil. Chef naturaliste, elle supervise et coordonne l’équipe qui travaille au Centre d’interprétation des mammifères marins et rédige pour Baleines en direct. Aux visiteurs du CIMM ou aux lecteurs, elle aime raconter « des histoires de baleines ».