Une baleine en feu dans le parc marin !… par Mathieu Marzelière

  • Bad Chemistry a été identifiée pour la première fois dans l'estuaire au début de septembre. © GREMM
    19 / 09 / 2017 Par Mathieu Marzelière

    Même si notre saison de photo-identification des grands rorquals touche à sa fin, les baleines sont toujours omniprésentes à l’intérieur du parc marin. Le début septembre a par ailleurs été marqué par l’arrivée d’une nouvelle baleine à bosse et de son baleineau. Découverte à l’intérieur du parc marin, entre l’ile Verte et l’ile Rouge, cette baleine à bosse a une caudale qui n’était pas familière aux habitués de l’estuaire. Mais qui es-tu, belle inconnue ?

    Pour identifier un rorqual à bosse, il faut observer le patron de coloration sous la nageoire caudale. © GREMM

    Finalement, après avoir analysé sa caudale, nous avons pu la reconnaitre dans le catalogue de la Station de recherche des iles Mingan (MICS) : il s’agit de H753, aussi appelée aussi Bad Chemistry.

    © GREMM

    Est-ce sa première visite dans le parc marin Saguenay–Saint-Laurent ? C’est possible. Mais on pourrait aussi supposer qu’elle soit déjà venue sans que des yeux aguerris ne l’observent. Or, niveau discrétion, ces derniers jours, c’est raté ! On peut dire qu’elle a même marqué les esprits. Bien qu’elle ait tendance à ne nous montrer que faiblement les belles nuances noires et blanches de sa grande caudale, elle n’a pas manqué de nous étonner par ses prouesses.

    Pour les plus chanceux, Bad Chemistry entrait en ébullition et nous a offert des comportements qui font rêver tous ceux qui viennent tenter l’expérience d’une croisière aux baleines. Entre sessions de « lobtailing » (coup de caudale à la surface de l’eau)…

    Bad Chemistry en plein «lobtailing» © GREMM

    Bad Chemistry en plein «lobtailing» © GREMM

    …Flipper slapping (coup de pectorales)…

    Une nageoire pectorale, juste avant qu’elle ne s’abatte sur l’eau. © GREMM

    Lorsque la pectorale s’abat sur la surface, l’eau est propulsée dans les airs. © GREMM

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ou encore des « breachs » à répétitions. Les visiteurs qui ont pu vivre ces moments privilégiés ne l’oublieront pas de sitôt.

    Bad Chemistry en plein saut, qu’on appelle «breach». © GREMM

     

    Mais pourquoi fait-elle ça ?

    Peut-être cherchait-elle à communiquer avec d’autres individus. Ou encore était-elle en pleine séance d’enseignement à son baleineau ? Lançait-elle un message pour nous avertir de sa présence ? Ou encore sautait-elle pour se débarrasser de parasites ? Difficile à dire.

    Mais certaines études ont pu mettre en avant diverses hypothèses. Vous pouvez trouver plusieurs informations sur la question du public : pourquoi sauter hors de l’eau quand on pèse plus de 30 tonnes ?

     


    Mathieu Marzelière s’est joint à l’équipe du GREMM cette année. Dans le cadre du programme de recensement photographique des grands rorquals du parc marin, il recueille photos et données à bord des bateaux d’excursion. Il partage aussi ces informations avec l’équipe de rédaction de Baleines en direct.